Date du référendum et utilisation du bleu, blanc, rouge

Le deuxième référendum est fixé au 4 octobre. Le ministère de l’Intérieur a pris, mercredi dernier, le décret convoquant les électeurs. Un décret qui prévoit par ailleurs l’utilisation du drapeau tricolore pendant la campagne référendaire officielle. La semaine dernière, les élus du Congrès ont donné leurs positions sur cette décision de l’État.

Et ce sont les non-indépendantistes qui se sont réjouis de cette double décision alors que leurs adversaires ont immédiatement évoqué un recours devant le Conseil d’État. Pour l’Avenir en confiance, Sonia Backes a indiqué que c’est une « très bonne chose que la date soit enfin fixée. C’est bien que l’État n’ait pas tremblé devant les menaces qui avaient été proférées par un certain nombre d’indépendantistes en séance du Congrès, soit de recours, soit de retourner sur le terrain. L’État a maintenu cette date du 4 octobre, et maintenant, on peut réellement partir en campagne et affirmer notre volonté que la Calédonie reste dans la France ». Quant à l’utilisation du drapeau tricolore, Sonia Backes explique que « c’était primordial que l’équité soit maintenue (…) puisque l’utilisation du drapeau kanak était autorisée ».

Calédonie ensemble mitigé

Du côté de Calédonie ensemble, on s’avoue un peu déçu. Philippe Dunoyer a précisé : « On aurait préféré le 25 octobre, car plus le temps passe, plus on a des chances de mobiliser massivement les Calédoniens pour ce rendez- vous historique. Néanmoins, pour le 4 octobre, on se plie à la décision et puis surtout, on est très satisfait que le gouvernement et le Conseil des ministres aient entériné la capacité pour les partis d’utiliser le drapeau bleu, blanc, rouge dans les documents de campagne. »

Regrettable pour l’Éveil océanien

Au nom de l’Éveil océanien, Milakulo Tukumuli estime que ni le choix du 4 octobre ni l’utilisation du drapeau tricolore ne permettent de considérer que les conditions d’organisation du deuxième référendum sont identiques. « Ce qui est important pour nous, c’est qu’une nouvelle fois les résultats soient incontestés, que les conditions du premier référendum se retrouvent au second. Ce n’est plus le cas. En tout cas, si les règles doivent changer, il faut que ce soit à travers des consensus politiques. Je déplore le fait que l’État ait choisi une voie différente de ce qui avait été décidé par le Congrès de la Nouvelle- Calédonie. » Rappelons que le 12 juin, une majorité des élus du boulevard Vauban, appelés à se prononcer sur ce projet de décret, avait souhaité que le prochain référendum se tienne plutôt le 25 octobre, un souhait évoqué par les indépendantistes qui voulaient disposer de plus de temps, compte tenu de la crise sanitaire et du report du second tour des municipales. Calédonie ensemble était aussi favorable à la date du 25 octobre pour garantir une participation au moins aussi importante qu’en 2018. L’Avenir en confiance, en revanche, avait émis un avis favorable à la date du 4 octobre, proposée par Édouard Philippe.

Mécontentement

Comme on pouvait s’y attendre, les indépendantistes ont protesté contre la décision de l’État puisqu’ils avaient majoritairement validé la date du 25 octobre. Le président du groupe UC-FLNKS, Jacques Lalié, a dénoncé la « manœuvre » de Paris en expliquant : « Nous souhaitions que l’État revienne à la date du 25 octobre. C’était notre position lors du dernier Comité des signataires. De plus, la décision d’autoriser l’utilisation du drapeau français biaise le débat. Cela signifie que ceux qui votent « oui » à la pleine souveraineté renonceraient à être français. » Cherchez l’erreur…

D.P.

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