Coup d’arrêt pour l’assistance médicale à la procréation

Les activités du centre d’assistance médicale à la procréation (AMP) sont à l’arrêt depuis le 18 mai. L’absence de biologiste lui a fait perdre son agrément et place les couples en attente dans une situation délicate. Entre 200 et 300 couples sont concernés et les perspectives de reprise ne sont pas envisagées avant quelques mois.

L’annonce a été reçue comme un coup de massue. Pour certains couples en pleine procédure, apprendre l’annulation pure et simple de leur rendez-vous quelques heures avant a été particulièrement mal vécu. Le recours à la procréation médicalement assistée est loin d’être une promenade de santé. Les démarches sont longues et les protocoles médicaux sont extrêmement lourds, pour les femmes en particulier, et une rupture n’est pas sans conséquences sur la santé et signifie de tout recommencer à zéro. Depuis le 18 mai, le centre d’assistance médicale à la procréation a perdu son agrément et a donc dû cesser ses activités, y compris celles déjà en cours. Cet arrêt est la conséquence de l’absence du biologiste, suite à des problèmes de santé, indispensable au bon déroulement des opérations.

Les perspectives de reprise n’ont pas franchement rassuré les couples ayant recours à l’AMP. Le remplacement du biologiste pourrait intervenir en début d’année 2022, soit plusieurs mois sans aucune AMP sur le territoire et l’arrêt des protocoles en cours. Pour certains couples, la rupture de ce service pourrait bien se traduire par l’impossibilité d’avoir un enfant. L’âge limite est fixé à 43 ans pour les femmes, sans compter que certaines sont atteintes de maladies qui imposent d’agir rapidement. Une des options serait de pouvoir évasaner les couples dont le protocole est en cours afin mener le processus à terme. Une demande a été faite dans ce sens à la Cafat.

En parallèle se pose la question des motifs impérieux, la sortie du territoire pour une AMP n’ayant pas été identifiée pour le moment. Une situation d’autant plus difficile à vivre que la crise sanitaire avait déjà imposé, en 2020 et cette année, la suspension des activités du centre et donc des protocoles alors que les injections d’hormones avaient déjà commencé. Une fermeture avait également été décidée pour un mois en raison de problèmes techniques.

Les couples comprennent mal que l’AMP ne soit pas davantage considérée. Pour certains d’entre eux, il s’agit de la quatrième interruption de leur PMA. La solution de réaliser les fécondations in vitro en Métropole, dans l’attente du recrutement d’un biologiste, pourrait concerner près de 120 couples, mais représenterait un budget probablement important pour la Cafat. Sans compter que la crise sanitaire en France a obligé les établissements hospitaliers à se réorganiser et à prioriser leurs interventions.

Une pétition a été lancée par le collectif BAMP et a déjà rassemblé près de 2 000 signatures (elle est accessible sur le site change.org avec la recherche des mots clefs PMA NC). Elle rappelle que le Congrès avait adopté, en janvier 2000, une loi du pays instaurant des autorisations d’absence pour permettre aux salariés de se rendre aux nombreux rendez-vous médicaux indispensables à la PMA. La pétition vise à obtenir un soutien des institutions, déjà conscientes de la problématique, afin de trouver des solutions d’urgence.

Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site internet du collectif BAMP, créé en 2016 (https://bamp.fr/). Vous pouvez aussi le joindre par courriel à l’adresse suivante : collectifbampnoumea@gmail.com.

M.D.

©Illustration Shutterstock 

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