Coronavirus : questions/réponses

Alors que la Nouvelle-Calédonie découvre le virus, le Covid-19 se répand depuis plus de trois mois à travers le monde et apporte son lot de questions. Voici ce qu’il faut savoir sur le sujet.

D’où vient ce virus ?

De Chine. On le sait désormais tous. Mais pour être plus précis, les spécialistes sont toujours à la recherche du « patient zéro », le premier infecté. Il aurait contracté la maladie sur le marché de Wuhan en novembre 2019, selon le South China Post. Quant à son origine, elle est encore sujette à plusieurs hypothèses. Des études scientifiques ont fait état de nombreuses similitudes entre le coronavirus et des virus prélevés sur des chauves-souris. Mais celui-là pourrait avoir été transmis à l’homme par un animal intermédiaire. Il pourrait s’agir du pangolin, consommé en Chine.

Quelle transmission ?

Comme pour beaucoup d’autres virus, le coronavirus se transmet essentiellement par voie respiratoire. La contamination se fait par les gouttelettes de salive expulsées par un malade. Lorsqu’il tousse par exemple. De fait, les scientifiques sont d’accord sur la nécessité d’une distance de contact entre les personnes. Elle est établie à au moins un mètre. D’où la grande importance des gestes barrières. Il n’y a eu pour le moment aucun cas avéré de contamination par l’eau, ni par la nourriture. De même, qu’il n’y aurait pas de risque de contamination par les animaux.

Quels sont les gestes barrières à adopter ?

Difficile de passer à côté des consignes du gouvernement ou de l’État en ce moment. Ces fameux gestes barrières sont primordiaux, car ils constituent l’un des meilleurs remparts contre la transmission de l’épidémie. Ils sont simples : rester chez soi, se laver souvent les mains, tousser et éternuer dans son coude, utiliser des mouchoirs à usage unique, éviter de toucher son visage et garder ses distances avec les autres personnes.

Quels remèdes ?

AFP

Pour l’instant, aucun. Les malades guérissent avec le temps. Cependant, de nombreuses études sont menées. Un essai clinique européen pour quatre traitements a été lancé cette semaine pour tenter de trouver une solution. Annonce faite par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), qui coordonne les recherches. Les scientifiques prévoient d’inclure 3 200 patients européens venant de France, de Belgique, des Pays-Bas, du Luxembourg, du Royaume-Uni, d’Allemagne et d’Espagne et peut être d’autres pays. La Chine de son côté teste un vaccin.

En Métropole, le ministre de la Santé, Nicolas Véran, vient d’annoncer qu’un arrêté sera pris pour rendre la chloroquine, un médicament utilisé contre le paludisme, accessible, mais uniquement aux formes les plus graves. Chez nous, la province Sud vient d’annoncer qu’elle a commandé un stock de ce médicament antipaludéen.

Les masques : quelle protection ?

Seul un point fait consensus : le port du masque est primordial pour une personne malade. Il lui permet de ne pas contaminer son entourage. Mais pour les personnes qui ne présentent pas de symptômes ? Dans ce cas, les avis sont encore partagés. Certains médecins estiment que son port est important, car les personnes ne savent pas forcément qu’elles sont infectées. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) reste prudente. Et cela pour plusieurs raisons. La première, c’est que l’utilisation de ces masques est rarement optimale. Il faut le mettre de façon adaptée, ne pas le toucher, le porter seulement pendant la durée indiquée, le retirer correctement et se laver les mains après et ne pas le réutiliser.

Ensuite, pour Jérôme Salomon, le directeur général de la Santé, en Métropole, le port du masque provoque « un faux sentiment de sécurité » qui amène à être moins vigilant sur les règles de distanciation sociale. On observe, néanmoins, que ces questions se posent surtout dans certains pays occidentaux – où l’on manque cruellement de masques – plutôt qu’en Asie. Il faut savoir que plusieurs types de masque existent. Le masque chirurgical est le plus simple et le plus répandu. Il est en papier et possède une durée d’utilisation très courte (3 à 4 heures). Il permet de protéger l’entourage des malades. L’autre type, c’est le fameux FFP, celui en forme pointue. Il est plus perfectionné et étanche. Il est surtout destiné au personnel soignant, souvent en contact avec les personnes malades.

Le virus touche-t-il uniquement les personnes âgées ?

Non et c’est l’OMS qui le rappelle : « Les personnes de tous les âges peuvent être infectées par le virus ». Concernant la mortalité, le risque est en revanche accru avec l’âge. Selon le site de statistiques Worldometers, le taux de mortalité est à 0 % pour les moins de 10 ans, 0,2 % pour les 10- 40 ans, 0,4 % pour les 40-49 ans, 3,6 % pour les 60-69 ans, 8 % pour les 70-79 ans et 14,8 % pour les plus de 80 ans. Dans la globalité, le taux de décès serait autour de 1 % dans le monde, soit dix fois plus que la grippe saisonnière. Il s’élève à près de 4 % en Métropole. Ces chiffres donnent une tendance, mais sont à prendre avec des pincettes puisque beaucoup de personnes touchées ne sont pas détectées, car asymptomatiques ou par manque de tests. Autre élément à prendre en compte, la comorbidité. Le fait d’avoir une maladie chronique (insuffisance respiratoire, pathologie cardiaque, antécédent d’AVC, cancer…) est un facteur de risque. À noter que les femmes enceintes ne semblent pas plus impactées par la maladie et qu’il n’y a pas de transmission avérée pour l’enfant lors de l’accouchement, ni durant l’allaitement.

Quels sont les symptômes ?

La particularité du nouveau coronavirus, c’est qu’il peut être discret. Selon une étude de l’université de Columbia et de l’Imperial College de Londres, près de neuf cas sur dix seraient passés inaperçus dans le Hubei, en Chine, où est née l’épidémie de Covid-19. Inaperçus, car les personnes ne présentaient aucun symptôme.

Pour les personnes qui en présentent, la situation varie fortement d’un cas à un autre. Le plus commun, c’est la fièvre, présente chez presque tous les malades. Même si elle dépasse rarement 39°C. La toux sèche est absente une fois sur trois. Un malade sur trois est fatigué, près d’un sur cinq est essoufflé. Quant au mal de gorge, aux douleurs musculaires diffuses (comme lors de la grippe) et aux maux de tête, seul un malade sur sept les ressent. Pour ce qui est de la guérison, rien n’est encore sûr, mais la plupart des scientifiques parle d’une fin de contagiosité au maximum 14 jours après l’apparition des symptômes. D’où les décisions de quatorzaine.

Quelle est la durée de vie du virus à l’air libre ?

Peu de temps. Comme pour l’épidémie de Sras en 2003, la durée de vie à l’air libre serait d’environ trois heures. Mais sa résistance est plus importante en fonction des supports sur lesquels le virus se pose. Un sujet étudié par le Laboratoire national américain de virologie des National Institutes of Health, à Hamilton, dans le Montana. Ainsi, la durée de vie du coronavirus est de quatre heures sur du cuivre (matière des pièces de 100 F), 24 heures sur du carton. Mais attention, présence ne veut pas dire contagion. Même si la réponse n’est pas catégorique, il est peu probable d’être contaminé par un objet. D’abord, parce que la charge virale est faible dans ces cas, mais ensuite parce que le virus ne pénètre pas l’organisme par la peau, mais par les muqueuses (bouche et nez).

Craint-il la chaleur ?

Avant même que la pandémie ne soit déclarée, le président des États-Unis, Donald Trump, affirmait, en février dernier, que le virus ne passerait pas le mois d’avril et l’arrivée des beaux jours dans l’hémisphère Nord. Une idée reçue balayée par l’OMS qui l’assure sur son site internet que « le nouveau coronavirus peut être transmis dans les zones au climat chaud et humide ».


Attention aux fake news !

Outil formidable de communication, les réseaux sociaux peuvent également se transformer en fléau en temps de crise. C’est le cas, forcément, en ce moment avec l’épidémie, Facebook et autre Twitter abritent et couvent les plus belles fake news ou infox. Il est donc important, plus que d’habitude, de garder du recul sur les affirmations que nous croisons et allons croiser sur le net.

Non, Thierry Santa n’a pas attendu que sa fille rentre en Nouvelle-Calédonie pour prendre des décisions, non, la France n’a pas créé le coronavirus… Une information se différencie d’une rumeur lorsqu’elle ses sources sont correctement indiquées. Autrement dit, si elle vient d’un média sérieux. En Nouvelle-Calédonie comme ailleurs, privilégiez les médias traditionnels et les institutions (gouvernement, haut- commissariat, État…).

En cas de doute, un passage salutaire par Libération, Le Monde, l’AFP ou encore Hoaxbuster est vivement conseillé, car tous possèdent un service de « fact checking » qui tente de démêler le vrai du faux. Et il y a du boulot. Pour les anglophones, le site internet de l’OMS propose également une rubrique pour lutter contre les rumeurs et les idées reçues.

A.B.

©afp / shutterstock

 

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