Collecte des déchets dangereux

À l’occasion de la Semaine européenne de réduction des déchets (Serd), la ville de Nouméa organise sur deux samedis consécutifs une collecte des déchets dangereux et des médicaments pour lesquels il n’existe aucune filière de traitement pour les particuliers.

Peintures, vernis, engrais, bombes insecticides, alcool à brûler, produits d’entretien des piscines ou des bateaux… En Nouvelle-Calédonie, à défaut de réglementation, la plupart des produits dangereux domestiques se retrouvent généralement mélangés aux ordures ménagères ou jetés dans la nature, alors qu’ils devraient faire l’objet d’une attention particulière en raison de leur risque pour la santé publique et l’environnement.

Consciente de cette problématique, la ville de Nouméa, propose pour la troisième année consécutive, une opération de collecte. Celle-ci se déroule à la pépinière municipale du 7e kilomètre dans le cadre de la Semaine de réduction des déchets avec un prochain rendez-vous ce samedi, 23 novembre, de 9 heures à 15 heures. L’année dernière 3,5 tonnes de déchets avaient été collectées.

Offrir des solutions

Il existe bien une filière locale structurée de récupération des produits dangereux, mais elle est principalement destinée aux professionnels. Les déchets sont traités et exportés par trois entreprises. Socadis, qui participe à l’opération de la mairie après avoir décroché un appel d’offres, traite près de deux millions de tonnes par an. Elle prend tous types de déchets venus des industries, des mines, des garages, des imprimeries… À l’exception des déchets radioactifs, explosifs et du gaz.

Les déchets sont exportés en Nouvelle-Zélande et parfois ensuite redirigés vers l’Australie, la Corée du Sud ou l’Europe pour être neutralisés. Trecodec organise par ailleurs la collecte et le traitement des huiles, des batteries, des pneus, piles et électroménager… Mais s’il existe bien une responsabilité élargie des producteurs de déchets, les particuliers n’ont aucune obligation. Ils n’ont simplement pas le droit de placer leurs déchets dangereux dans les bacs de collecte des ordures ménagères. Et ne sont « pas prêts à payer pour les services très spécialisés » de ce type d’entreprise, explique Marc Masanovic, cogérant de Socadis. Résultat, « les déchets se retrouvent cachés dans des bennes à Gadji ou rejetés dans la nature ».

On ignore les quantités de déchets dangereux que nous produisons, mais elles seraient insuffisantes pour rentabiliser une véritable filière. En revanche, la mairie de Nouméa pense que l’organisation de telles collectes, ponctuelles, plus fréquentes, en partenariat avec ces entreprises spécialisées, pourrait permettre d’apporter une solution soutenable. Une réflexion est par ailleurs en cours à la province Sud : l’institution pourrait organiser ces collectes sur plusieurs communes. Mais pour le reste du territoire ?

Médicaments

Pour la première fois, le dispositif a été élargi aux médicaments non utilisés. Une initiative saluée par l’Union des consommateurs. Là encore, si les professionnels sont organisés, les particuliers n’ont pas ou peu de solutions. L’UFC-Que choisir est régulièrement interrogée par des consommateurs qui souhaitent se débarrasser des médicaments non utilisés ou périmés. Elle dit avoir alerté depuis 2012 le gouvernement, puis les provinces sur ce sujet. Un éco- organisme, Écopharm, avait permis au public, pendant un temps, de rapporter les médicaments dans les officines, mais « avec la réduction des marges sur le prix des médicaments », le dispositif avait été suspendu. Aujourd’hui, la récupération et l’élimination sont donc « laissées à l’initiative des pharmacies » et « très limitées ».

« Parce que l’impact sur l’environnement des médicaments jetés avec les ordures ménagères ou évacués dans les eaux usées a été largement démontré », l’UFC-Que choisir demande la mise en place d’une filière pérenne de collecte et de traitement.

C.M.

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