DNC : Qu’est-ce que le projet Clipssa ?
Ce projet est parti d’un constat : aujourd’hui, les simulations d’évolution du climat sont produites à l’échelle planétaire, avec donc des distances très vastes. Le Giec (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat), par exemple, produit des simulations dans des cases de 100 à 200 km2, ce qui ne permet pas une finesse des détails. Ce modèle convient pour analyser l’évolution globale de la température de la planète, mais pas celle de la Nouvelle-Calédonie, par exemple.
L’objectif de Clipssa, c’est d’analyser l’évolution de la température des terres et de toute la colonne atmosphérique de la Nouvelle-Calédonie, mais aussi des autres outre-mer françaises du Pacifique que sont la Polynésie française et Wallis-et-Futuna. Les données serviront aux politiques publiques, afin de comprendre les vulnérabilités de la Nouvelle-Calédonie et pouvoir agir en nourrissant des plans d’adaptation. Nous avons officiellement commencé notre travail en 2022 et nous devrions terminer en 2026, avec le soutien de l’IRD (Institut de recherche pour le développement), de l’AFD (Agence française de développement) et de Météo-France.
Quels sont les premiers résultats de ce travail ?
En Nouvelle-Calédonie, la température va davantage augmenter sur la côte Est que sur la côte Ouest.
En moyenne d’environ trois degrés en 2080, avec plutôt 3,5 degrés sur la côte Est et 2,5 degrés en plus sur la côte Ouest. L’autre résultat, c’est l’évolution des vagues de chaleur. Sur les cinquante dernières années, elles augmentent en intensité et en nombre, et elles vont continuer à augmenter de manière exponentielle sur les années qui viennent. Ça va être impressionnant.
Quelles en seront les conséquences ?
Le changement climatique, avec l’augmentation de la température et la modification des pluies, va favoriser, entre autres, l’émergence d’épidémies de leptospirose. C’est l’une des conséquences que l’on projette également sur les autres îles du Pacifique. En outre, si nous n’avions pas introduit la bactérie Wolbachia dans Nouméa et le Grand Nouméa, nous aurions pu aussi avoir un risque d’épidémie de dengue tous les ans. Ce qui ne va pas être le cas, puisque nous avons trouvé une solution d’adaptation.
Mais sur les autres îles du Pacifique, cela va probablement être le cas.
N.H

