Charles Cali, toute une vie pour le sport

Après 24 ans de mandature au CTOS et une longue carrière dédiée au sport local et à son rayonnement, Charles Cali tire sa révérence. À 66 ans, il était membre du comité directeur depuis 1996, d’abord en tant que secrétaire général, puis en tant que président.

C’est un long chapitre qui se tourne, ce samedi, pour Charles Cali et pour le sport calédonien en général. Pour la première fois depuis plus de vingt ans, le patron des Cagous ne se présente pas devant les membres de l’assemblée générale du CTOS pour solliciter leurs voix. Une annonce faite lors de son élection, il y a quatre ans.

C’est donc la fin d’une époque marquée par des réussites sportives comme les victoires calédoniennes aux Jeux de 1999, 2003, 2007, 2011 et 2019, mais aussi par des projets ambitieux, comme celui du Centre international du sport et de l’expertise et de son partenariat avec l’Insep. Une période lumineuse, même si elle ne fut pas dépourvue d’ombres, avec notamment une lourde défaite lors des Jeux de 2015 en Papouasie, la baisse inexorable des finances publiques ou des divisions au sein de l’équipe des élus, ces dernières années.

Le parcours de Charles Cali aura également été marqué par la maladie, entre la fin de son deuxième mandat de président et le troisième. Mais il termine, malgré tout, son parcours au Comité olympique la tête haute, avec ces Jeux du Pacifique de 2019, aux Samoa, et surtout, une ultime tape sur l’épaule du CNOSF, qui reconnaît les qualités du CTOS NC dans sa dernière évaluation (lire plus loin).

Parler de la vie de Charles Cali, c’est surtout évoquer un amour inconditionnel pour la Nouvelle-Calédonie et ses sportifs. « J’avais 17 ans quand je suis arrivé ici, rappelle le natif de Tunis, passé par de nombreux pays africains et en Corse. Mon père travaillait dans l’aviation civile et nous l’avons suivi. Mais une fois son contrat terminé, je lui ai dit que je ne voulais plus partir, ma sœur a fait le même choix. Mes parents sont donc restés aussi (sourire). »

Basket, foot et voile

En Nouvelle-Calédonie, le lycéen trouve son équilibre : la nature et le sport. Si bien que tous ses choix de vie se feront avec une seule idée en tête : rester sur le Caillou. « Je ne l’ai jamais avoué à mes parents, mais lors de mes études en Métropole, j’avais validé ma première année. Mais je ne voulais pas rester là-bas, donc j’ai déchiré le courrier qui m’annonçait ma réussite et j’ai dit à mes parents que je n’étais pas pris en deuxième année. Pour pouvoir continuer mes études à Nouméa (rires). »

Il décide alors de faire carrière dans l’enseignement et devient inspecteur pédagogique, forme à l’éducation physique et sportive nombre d’enseignants de la Grande Terre et des îles. « C’est un métier qui m’a fait découvrir beaucoup de la Calédonie, même si parfois ce n’était pas facile, notamment pendant les événements. » Un métier qu’il exercera jusqu’à sa retraite. Retraite, sur le papier, car c’est aussi le moment de son engagement au plus haut niveau du sport calédonien. « C’est Éric Gay (alors président du CTOS, NDLR) qui m’a convaincu de le rejoindre. » En 1996, il est élu secrétaire général, puis président en 2008.

Il faut dire qu’en cinquante ans de présence sur le territoire, l’homme connaît le sujet. Basketteur au sein de l’équipe cadette du Gazelec d’Ajaccio, il met un pied dans le sport local dès son arrivée, dans les années 60, en tant que meneur de jeu de l’ESN. Puis passe au judo. Mais c’est dans le football, puis la voile qu’il s’épanouit le plus. « J’ai entraîné l’équipe de football de l’ESN pendant près de quatre ans en les faisant passer de la troisième à la première division. »

Il décide, à la fin des années 80, de se consacrer à la voile et plus particulièrement à la planche. Président de l’ACPV, il participe à la création de la base nautique de la Côte-Blanche. Il accompagnera également de nombreuses vedettes de la discipline, comme Michel Quintin, champion du monde en 1987, Sam Launay ou encore Benjamin Tillier. « J’ai eu la possibilité de rejoindre l’encadrement de l’équipe de France, mais encore une fois, je ne voulais pas quitter ma famille et la Calédonie. »

Retraite méritée

Désormais, c’est donc l’heure de la retraite qui arrive enfin pour Charles Cali. Elle aurait pu être plus précoce. « En 2008, quand Daniel Cornaille m’a proposé de me présenter en tant que président du CTOS, j’ai accepté, mais avec mes règles, se souvient-il. Pour moi, il était important de présenter un programme et une équipe pour le porter. J’ai dit à l’assemblée générale que, quoi qu’elle décide, je serai heureux : soit comme retraité, soit comme président du CTOS. Elle ne devait pas s’en faire pour moi ! »

La retraite attendra donc douze ans et trois mandats de président. Cependant, la vie associative n’est pas tout à fait terminée pour Charles Cali. « Je suis dans un club de modélisme aéronautique, on est une trentaine, pas plus. Et pour une fois, je suis seulement membre ! » Et puis il pourra aussi se consacrer sur l’essentiel. « Ma famille et mes amis. Tous ont été patients, car le CTOS et mes autres activités associatives m’ont souvent amené à dire non, à être absent. » Et puis, il lui reste aussi sa Calédonie, son lagon, ses montagnes.


Le CTOS félicité au niveau national

C’est un courrier arrivé la semaine dernière en provenance de Paris. Une grande campagne d’évaluation des comités olympiques locaux par le CNOSF s’est déroulée l’an dernier et c’est un sans faute pour le CTOS NC. Sur 131 structures, seules 20 ont réussi à atteindre ce niveau. Les actions de quatre grands thèmes ont été scrutées : éducation et citoyenneté, professionnalisation, santé et bien-être et politique publique et haut niveau.


À la recherche d’un sixième président

Roger Kaddour, Claude Fournier, Éric Gay, Daniel Cornaille, Charles Cali. Dès samedi, c’est un nouveau nom qui occupera la fonction de président du Comité territorial olympique et sportif de Nouvelle-Calédonie. Les prétendants sont déjà connus avec d’un côté, le successeur naturel de Charles Cali, Christophe Dabin. Secrétaire général du CTOS, il a également été le chef de mission de la sélection calédonienne lors des deux dernières éditions des Jeux du Pacifique.

En face, Paul Poaniewa, président de la Ligue d’athlétisme et vedette du sport local avec notamment une participation aux Jeux olympiques 1976 en saut en hauteur. Chacun mène une liste qui sera soumise à un premier scrutin samedi. Les votants, ce sont les ligues et les comités. Chacun possède au minimum une voix avec des voix additionnelles décernées en fonction du nombre de licenciés, avec un bonus pour les disciplines olympiques. La liste qui l’emportera composera le bureau.

Un second scrutin, plurinominal, aura lieu ensuite pour pourvoir les cinq autres postes du conseil d’administration. Les perdants peuvent toutefois y prendre part, à titre individuel cette fois. En tout, 14 personnes seront donc élues pour quatre ans.

L’assemblée générale élective se déroule, samedi, dans la salle d’honneur de la mairie de Nouméa.

A.B.

©A.B. 

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