C’était osé

La séquence parisienne est décidément riche en enseignements. On ne s’attendait pas à ce que l’État fixe, dès maintenant, une date pour le troisième référendum. On pensait que le sujet serait débattu lors d’un Comité des signataires, comme de tradition. On ne s’attendait pas non plus à ce que l’État n’aille pas dans le sens des indépendantistes et ose la proximité avec la présidentielle en choisissant d’organiser un référendum le plus tôt possible. Certains élus ont salué le « retour de l’État » comme un acteur des discussions et non plus comme un spectateur. Il est vrai que ce positionnement dénote par rapport à ce que l’on a connu ces dernières années.

Et il agace et perturbe dans le camp indépendantiste. L’UNI, en particulier, n’aime pas ces façons de faire et laisse planer désormais le spectre d’un boycott de cette troisième consultation. Sébastien Lecornu, le ministre des Outre-mer, a pris un malin plaisir à les mettre face à leurs contradictions. Les indépendantistes n’ont-ils pas demandé le référendum dès que cela a été possible ? L’UNI n’a-t-elle pas changé d’avis, en cours de route, passant de 2021 à finalement 2022 ? Ne dit-on pas que les absents ont toujours tort ?

Les objectifs, visiblement, n’ont pas été atteints. En face, la machine étatique s’est mise en marche. L’avenir nous dira si cette attitude était la bonne. La présidentielle pèsera, c’est certain, dans le processus. Et finalement, les trois partenaires de l’Accord de Nouméa, ainsi que le Président-candidat, jouent gros.

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