C’est cher payé

Air Calédonie a été touchée par deux mouvements de grève successifs pendant les vacances qui coïncidaient aussi avec la période des mariages. Même si le droit de grève est bien sûr reconnu, on ne peut que regretter les impacts colossaux qu’elles ont générés. Des passagers ont littéralement dormi devant les aérodromes et les bureaux du Betico. Des travailleurs ont dû utiliser leurs congés. Des rendez-vous importants ont été manqués : entretiens médicaux, vols internationaux, naissances, mariages, funérailles. Les touristes, totalement perdus, ont dû étendre leurs séjours à grands frais… La liste est longue. Et le retour à la normale va prendre du temps.

La direction de la compagnie voit rouge également. Elle accuse même l’UT CFE-CGC d’avoir profité des suites du mouvement social de l’USTKE « pour tenter de mettre à genoux la compagnie dans une période de forte affluence et de retour du trafic touristique ». « Est-ce que l’objectif est de montrer quelle organisation syndicale a le plus fort pouvoir de nuisance en vue des futures élections du personnel ? » interrogeait Samuel Hnepeune, le président-directeur général dans un communiqué, rappelant que le personnel était déjà impacté par le plan de sauvegarde lié à la crise sanitaire et que cela venait « interrompre les discussions sur la précarité de certains salariés particulièrement touchés par la cherté de la vie ».

L’esprit de responsabilité est en tout cas invoqué, eu égard à la situation financière de la compagnie, au soutien des collectivités et à la mission de service public qui incombe à la compagnie.

Il est à noter que tous les pays ou territoires qui reconnaissent le droit de grève se trouvent confrontés au même problème : concilier ce droit avec la nécessité d’assurer la continuité des services essentiels. Pour ce faire, quelques outils existent : les préavis suffisamment longs, la nécessité d’informer les usagers, l’obligation de négocier avant la grève… Et parfois un service minimum peut être instauré par la loi ou négocié avec les partenaires sociaux. Ce que demande à nouveau la direction de la compagnie.

Les publics les plus impactés ne diraient pas non… Tous ces blocages, qu’ils soient vers les îles, au Mont-Dore ou au Nord de Nouméa donnent vraiment une image déplorable de la Nouvelle-Calédonie aux visiteurs, pénalisent les populations et donc l’économie qui n’a
pas besoin de cela, pour espérer dégager des ressources et des emplois…

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