Très populaire auprès des jeunes actifs en Europe, l’escalade de bloc dispose désormais d’une salle indoor dans le quartier de Port-Plaisance, à Nouméa. Les Calédoniens Romain Guilhem et Hugo Cumbo, la petite trentaine, se sont lancés dans ce projet en 2024.
Cal’Bloc a ouvert ses portes le mois dernier en face de la piscine du Cercle des nageurs calédoniens, à Port-Plaisance, dans les locaux qui accueillaient autrefois une salle de squash.
Le bloc, à la différence de l’escalade de voie, se pratique seul sans corde sur des murs de faible hauteur – jusqu’à 4,5 mètres – avec une réception sur de larges tapis de sol. Sur les parois aux inclinaisons variées, des parcours codés par couleurs selon le niveau de difficulté. « C’est une discipline plus accessible que l’escalade de voie traditionnelle et de difficulté, explique Hugo Cumbo. Il n’y a pas besoin de s’assurer ou de suivre une formation pour assurer : on enfile les chaussons et on grimpe ».
Tous les profils trouvent leur place à Cal’Bloc, du débutant au sportif confirmé. « Quelqu’un avec une condition physique basique est censé réussir une dizaine de voies tandis qu’un sportif expérimenté sera stimulé par des parcours renouvelés chaque semaine. » On trouve même une salle dédiée aux enfants de cinq à douze ans.
La climatisation offre un confort appréciable, favorisant aussi l’adhérence. Et la pratique en intérieur permet une ouverture « tous les jours de l’année ».
Au-delà des murs, Cal’Bloc se veut un véritable lieu de vie : la salle comprend aussi une zone de musculation et un espace de restauration avec une vue sur la mer et le coucher de soleil, pensé comme un « club house » convivial.


UN PARI DANS UN CONTEXTE TENDU
Alors que la conjoncture reste difficile depuis la crise de 2024, Romain Guilhem et Hugo Combo sont à contre-courant. « À aucun moment on s’est dit qu’on allait partir, au contraire, nous voulions faire quelque chose ici », expliquent-ils. Anciens sportifs de haut niveau – en escrime pour Romain Guilhem, en judo pour Hugo Cumbo, qui a grandi au Vanuatu – amis depuis la classe prépa- ratoire, ingénieurs formés en Métropole puis passés par la Secal, ils ont découvert l’escalade de bloc dans l’Hexagone où ces salles se multiplient. Ils décrivent des « lieux de rencontre, où tu peux te retrouver avec des amis, écouter de la musique, jouer aux cartes, boire un jus », « sans équivalent sur le territoire ».
La destruction du mur public de Magenta lors des émeutes de mai 2024 a laissé un vide dans la communauté des grimpeurs. Sa probable reconstruction est vue d’un bon œil, les pratiques étant « complémentaires, pas concurrentes ». Le choix de l’emplacement a été déterminant. « C’est le facteur clé du succès des salles. Il nous fallait trouver un endroit à forte concentration de population et où on pouvait être assuré », explique Romain Guilhem.
L’ancien Galapagos s’impose rapidement comme une évidence. Munis d’un projet « clé en main », ils s’engagent sur un bail de neuf ans auprès du nouveau propriétaire. Soutenus par Initiative NC* et forts de leur expérience à la Secal, les associés structurent leur projet. « Finalement, la partie escalade a été la plus simple, confie Romain Guilhem. Pour optimiser au mieux notre espace de 600 m2, on est parti de notre logique, de ce qu’on aimait voir ailleurs et on s’est rapproché de gens du milieu : Titouan Moal, Benoît Mantez, Mickaël Tonnelier, notamment. Ensuite, on a regardé ce qui était possible techniquement. »
Cal’Bloc a permis la création de trois emplois, bientôt quatre, dont celui d’une ouvreuse de voies, confiée à une ancienne grimpeuse de haut niveau.
« VARIER LES DISCIPLINES »
Fidèle des lieux, Jonathan vient grimper presque quotidiennement. « Je me suis mis à l’escalade après le Covid pour sortir de ma zone de confort. Je pratique aussi à l’université. J’apprécie de pouvoir varier les disciplines. L’escalade de difficulté fait travailler la résistance, et le bloc, ce sont des efforts courts mais intenses. Je suis plus que satisfait de cette salle, d’autant que j’habite le quartier. »
Antoine, président du club Vertikalédonie de Koumac, organise une sortie club avec les enfants. « À Koumac, on a des falaises et un petit mur de bloc. Cette salle est un peu plus grande que la nôtre avec davantage de longueur. L’avantage est qu’ils changent les blocs très souvent, ce qui n’est pas notre cas. On va essayer de venir trois ou quatre fois par an. »
Ouverte aux particuliers, aux scolaires et aux clubs, la salle ambitionne de devenir un « catalyseur » de pratiques sportives, avec l’escalade en extérieur et d’autres sports, comme le surf, le running, le trail, « des milieux qui peuvent se croiser ». Des compétitions régulières, des retransmissions sportives et des activités complémentaires, comme le yoga, sont déjà envisagées.
Chloé Maingourd
Cal’Bloc est ouvert en semaine de 10 heures à 22 heures en continu, le samedi de 8 heures à 20 heures et le dimanche de 8 heures à 18 heures.
*Réseau associatif de financement et d’accompagnement à la création d’entreprise.





