Autres temps, autres meneurs

Ils avaient promis de revenir « plus fort », ils l’ont fait. Les figures de proue de l’Association citoyenne de Nouvelle-Calédonie ont gagné un pari en rameutant un bon millier de personnes à Port-Moselle, klaxons hurlants, sono à fond, pendant la réunion du gouvernement.

L’ampleur de la mobilisation est encore loin d’être comparable à celle des manifestations géantes de l’intersyndicale Vie chère, qui avaient secoué le pays au début des années 2010. Mais elle a tout de même quelque chose d’impressionnant, dans la mesure où elle s’étend sans le soutien des grandes centrales syndicales ‒ à l’exception de Force ouvrière, déjà présente le 4 mai, revenu en nombre le 18 mai.

Les autres syndicats ne sont évidemment pas devenus insensibles à la question du pouvoir d’achat, qui reste au centre de leur action, année après année. Mais ils ont l’habitude de lancer le mouvement, pas de le suivre. Ils sont dans leur élément lorsqu’ils maîtrisent le rythme des coups de force et des réunions. Ils sont hésitants quand il s’agit de s’associer à des meneurs qui ne viennent pas du même monde, et qui n’ont pas forcément les mêmes idées politiques.

Une fois encore, Guy-Olivier Cuénot, élu du Rassemblement National, et Jérémy Simon, figure de la contestation contre l’obligation vaccinale, étaient de la mobilisation. Certains syndicats ne s’imaginent pas non plus manifester contre un gouvernement qui les reçoit, très régulièrement, dans le cadre des consultations avant la réforme fiscale. La suite des événements pourrait les faire changer d’avis, si les décisions politiques ne sont pas à la hauteur de leurs espérances.
Quels qu’en soient les meneurs, une chose semble sûre : l’exaspération provoquée par la vie chère, la tension palpable à Port-Moselle, promettent d’autres manifestations.

 

G.C.

 

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