Australie-Nouvelle-Calédonie : Une amitié durable

Le 6 août, au musée de la Seconde Guerre mondiale, les autorités ont célébré les 80 ans de présence australienne en Nouvelle-Calédonie. L’occasion de se remémorer le chemin parcouru et d’approfondir encore nos rapports, notamment en matière de défense.

La crise sanitaire aurait pu plomber l’ambiance. L’Australie, et en particulier Melbourne, est minée par l’épidémie de Covid-19, les échanges « physiques » entre les deux pays sont empêchés : pas de voyages d’affaires, pas de vacances à la Gold Coast, ni de croisières dans nos îles pour les Australiens ou d’exercice Croix-du-Sud pour les militaires. À vrai dire, notre actualité commune concerne surtout nos Évasan… Mais la morosité n’aura pas eu raison de ce 80e anniversaire. « C’est justement dans des circonstances comme celles-ci qu’il est important de souligner le positif. […] La relation actuelle entre l’Australie et tout ce qui compose la Nouvelle-Calédonie […] fait partie des choses qui méritent d’être fêtées », a posé la consule générale, Alison Carrington, devant les autorités calédoniennes.

Des relations étroites…

La rencontre du 6 août réunissant l’ensemble des partenaires politiques, économiques, culturels du territoire constituait le point d’orgue d’une année dédiée à la célébration des 80 ans de présence diplomatique sur le territoire avec divers évènements, notamment culturels.

Le choix de l’emplacement pour tenir cette « belle fête de famille », pour reprendre les mots de la consule, n’était pas anodin. Elle s’est logiquement déroulée au musée de la Seconde Guerre mondiale, période d’autant plus tragique durant laquelle le premier diplomate australien s’installa à Nouméa, instaurant ainsi la quatrième représentation australienne à l’étranger, après Londres, Washington et Ottawa. Bertram Charles Ballard, fut nommé le 6 août 1940, entre l’appel du général de Gaulle (à qui la France consacre d’ailleurs une année commémorative) et le ralliement de la Nouvelle-Calédonie à la France libre. On ne connaît pas son implication dans les détails, mais peu après son arrivée, en septembre, l’Australie, qui était restée très prudente pour ne pas provoquer le Japon, transporta le gouverneur Sautot, nommé par de Gaulle, à bord du HMAS Adelaide et cette arrivée en puissance lui permit de prendre ses fonctions. Cet épisode, évidemment, fait partie d’une longue liste de faits marquants reposant sur des valeurs partagées : les combats de la Première Guerre mondiale, l’entraînement du Bataillon du Pacifique en Australie, l’aide logistique aux Alliés durant la bataille de la mer de Corail…

Et l’histoire se poursuit aujourd’hui en matière de défense, d’actions humanitaires, de recherche scientifique, technique, de développement durable, de santé… Les deux archipels ont tissé des liens solides dans de nombreux domaines et la Nouvelle- Calédonie tire la relation France-Australie. D’ailleurs, ce rapport a tendance à se renforcer en raison du contexte géopolitique et la montée en puissance de la Chine dans la région. En 2016, le Premier ministre, Scott Morrison, a lancé le « Pacific Step Up », une politique visant à étendre l’engagement australien dans la région et Emmanuel Macron porte une stratégie indopacifique. Les dernières rencontres bilatérales ont permis de progresser dans la refondation des relations franco-australiennes dans le cadre de l’initiative « Afiniti », comme l’a rappelé le haut-commissaire, Laurent Prévost, ou encore d’un mécanisme de financement commun pour le développement durable (Kiwa).

… et pérennes

L’avenir ne devrait pas être différent. C’est en tout cas le message porté par la consule générale, qui a fait deux annonces lors de cette soirée. En matière de défense d’abord, et c’est une première, l’Australian Defence Force va affecter un officier de liaison à Nouméa qui fera l’attache avec les forces armées de Nouvelle- Calédonie. Alison Carrington a rappelé que « nos forces contribuent de bien des manières à la stabilité de la région », notamment en cas de catastrophes naturelles, sous l’égide de l’accord Franz. Pour Laurent Prévost, la création de ce poste illustre la confiance que s’accordent les deux armées.

En matière d’éducation, l’Australie était par ailleurs heureuse d’annoncer que la section internationale australienne, mise en place, avec succès, dans plusieurs collèges calédoniens pour l’apprentissage de l’anglais et des éléments du programme australien, va être pérennisée et surtout étendue au reste du territoire français, au réseau AEFE (Agence pour l’enseignement français à l’étranger) et des établissements bilingues notamment d’Australie. Cette éducation « forge une ouverture sur le monde, mais également des références communes » avec les jeunes Australiens. De quoi renforcer « cette part australienne, ancrée au plus profond de chacun d’entre nous, dans notre quotidien, notre langage et notre tempérament » à laquelle a fait référence le président du gouvernement. Thierry Santa a, lui aussi, insisté sur sa volonté de faire vivre l’intégration régionale par l’instauration des différents délégués régionaux, l’engagement dans une politique de diplomatie économique avec l’Australie (visites d’élus, rapprochement des normes de construction).

Face au défi de la Covid-19, qu’il est décidément impossible d’éluder, le chef de l’exécutif a salué « l’excellente collaboration sur la gestion des rapatriements et des évacuations sanitaires. » Et puis, alors que l’Australie et la Nouvelle-Zélande négocient actuellement les dispositions de la mise en place de la fameuse « bulle trans-Tasman », quand la situation le permettra, le président a indiqué qu’il avait sollicité les plus hautes instances pour en faire partie.

Enfin, sachant nos voisins très attentifs au deuxième référendum d’autodétermination, Thierry Santa a tenu à rassurer ses interlocuteurs en disant qu’il n’avait aucun doute « sur le fait que la Nouvelle-Calédonie continuera de nouer des relations solides et durables avec l’Australie ». Le haut-commissaire de la République, lui aussi « convaincu de la force des relations entre la France et l’Australie », s’est également engagé à continuer à travailler dans ce sens.


Courts métrages autochtones

Le consulat d’Australie célèbre, comme à l’accoutumée, la Naidoc Week* mettant à l’honneur les peuples originels d’Australie avec des projections de films. Il propose, en cette année particulière, cinq courts- métrages de réalisateurs autochtones, issus de la sélection du Festival du cinéma aborigène australien, à Paris. Ces films sont proposés en version originale sous- titrée. Ils nous plongent dans le rêve, les réalités passées, présentes et futures de ces peuples millénaires.

La première séance est prévue ce jeudi 13 août au centre culturel Tjibaou en salle Sisia. Une escale en province Nord, au centre culturel de Koné, est ensuite organisée le 9 septembre, suivie d’une projection à la 30e foire des Îles qui se tient à Maré, du 11 au 13 septembre. Toutes les séances sont gratuites et ouvertes à tous, dans la limite des places disponibles.

C.M.

©Consulat général d’Australie 

 

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