Australiana, les voix du bush

Éléonore Lainé Forrest et Robin Canac s’appuient sur une équipe de onze personnes pour mettre en scène cette création originale. (©F.D)

Après une première représentation au Conservatoire en 2024, le spectacle Australiana arrive au Théâtre de l’île, les 20 et 21 septembre, dans une version allongée. Cette pièce, qui rassemble théâtre, musique et littérature, offre une autre vision de l’île-continent.

« C’est une énorme capsule de bonheur. On chante, on danse… Le spectacle est hyper joyeux », s’enthousiasme Éléonore Lainé Forrest, metteuse en scène d’Australiana. Robin Canac, directeur artistique et musical, continue la description : « Mais il traite de sujets qui ne sont pas joyeux : le racisme, l’écologie, la difficulté d’avancer dans la vie, l’identité, la peur de l’autre… »

Cette pièce, qui sera jouée les 20 et 21 septembre au Théâtre de l’île, est née du duo d’Éléonore Lainé Forrest et de Robin Canac. Elle est « enseignante-chercheuse à la fac, mais à la base, j’ai une formation de comédienne ». Lui est « musicien, mais aussi scénariste ». De ces complémentarités est né un premier spectacle, en 2023, Play It Again. « Une pièce musicale » sur le jazz et Hollywood.

LA MAGIE DE LA MUSIQUE

Cette première réussite leur a donné envie de continuer au sein de la compagnie Play It Again. Une nouvelle création originale est née : Australiana. « Le concept de notre collaboration, c’est le théâtre qui intègre la musique sur scène et qui utilise la magie de la musique. Tout ce que tu ne peux pas exprimer avec les mots, d’un seul coup, la musique parle à tout le monde, elle t’emporte », explique Robin Canac.

Les musiciens sont d’ailleurs sur scène et pleinement acteurs. « C’est comme si un groupe vit dans ton salon. Quand tu dis quelque chose d’intéressant, ils vont se mettre à jouer pour le mettre en valeur. » Le spectacle a tout d’abord été joué au Conservatoire des arts de la Nouvelle- Calédonie, dans le cadre de la saison Île de lumière, en octobre 2024. L’envie d’en faire plus, de faire mieux et de le montrer à un plus grand nombre a gagné les deux artistes, qui proposent une version allongée de leur création au Théâtre de l’île. « Il y a au moins trois chansons et des scènes en plus », prévient le directeur artistique.

UNE AUTRE VISION

Australiana se déroule à Providence, une petite ville perdue du bush australien, et raconte sur 48 heures l’histoire de trois femmes ‒ une jeune fille, sa mère et sa tante ‒ qui se retrouvent chacune à un tournant de leur existence. Ce décor permet « d’offrir un visage de l’Australie qu’on connaît peut-être moins », souligne Éléonore Lainé Forrest, dont la famille maternelle « vient vraiment du bush australien ».

La culture australienne infuse tout au long de la pièce et la complémentarité du duo permet d’en illustrer le caractère multi- culturel. L’enseignante-chercheuse intègre ainsi des textes fondamentaux australiens, d’auteurs comme Kim Scott ou Charlotte Wood, à travers des « fées », qui accompagnent les personnages à la manière du chœur dans le théâtre grec. « Il y a des moments de réalisme magique », souligne Robin Canac, complété par la professeure de lettres : « C’était très important pour moi de faire du magique réalisme, qui imprègne la littérature contemporaine, et plus spécifiquement, la littérature australienne et la plume des auteures issues des peuples premiers ».

Le musicien apporte, quant à lui, tout un répertoire de l’île-continent : Gotye, Nick Cave, Warumpi Band ou encore Archie Roach. Le titre, en lui-même, est un clin d’œil à l’americana, un genre musical mêlant le roots américain et les traditions musicales des États-Unis.

Autant de références que le musicien et l’enseignante-chercheuse vont incarner eux-mêmes puisqu’ils jouent dans la pièce. Éléonore interprète un rôle aux côtés d’acteurs expérimentés, Sam Kagy et Vincent Kerriguy, et de jeunes interprètes, Maïlys Dumoulin, Mathilde Grelier, Atea Than Trong et Victoire Verrando, toutes passées par le Conservatoire, où enseigne Robin. Ce dernier joue dans le groupe, accompagné de Paul Dubois, Johan Cazalas et Jean-Denys Villette.

Une véritable émulation s’est créée autour de cette pièce, des artistes jusqu’aux équipes techniques, avec une envie commune d’un « regard positif » et d’une « capsule de bonheur » à partager sur scène et dans la salle.

F.D.

Au Théâtre de l’île

Samedi 20 et dimanche 21 septembre,

18heures / Durée : 1 h 30

Billetterie en ligne sur tickets.nc

Tarif jeune (jusqu’à 22 ans) : 1 900 F

Tarif adulte : 2 900 F