Appel à l’unité et stratégie pour les loyalistes

Les non-indépendantistes ont appelé à l’unité, jeudi dernier, en vue du référendum du 6 septembre 2020. Comme un défi lancé au FLNKS, ils ont créé le front loyaliste pour préparer la deuxième consultation référendaire qui rassemble six partis non indépendantistes autour du drapeau bleu, blanc, rouge.

Les Républicains calédoniens, le MPC, Générations NC, le Rassemblement-LR, Tous Calédoniens, le Rassemblement national, tous les partis non indépendantistes se sont rassemblés pour parler d’une même voix pour le deuxième référendum d’autodétermination. Tous, sauf Calédonie ensemble. Comme on pouvait s’en douter, le parti en déroute préfère toujours faire cavalier seul.

Mais peu importe la présence ou non de CE, avec la création de ce front à très large spectre, l’unité non indépendantiste est respectée. Et si certains ont soulevé une inquiétude quant à l’intégration du RN, son seul objectif en Calédonie est de rester sous la bannière bleu, blanc, rouge et c’est bien la priorité de toutes les composantes du front loyaliste.

« C’était une demande de notre électorat de nous regrouper. Notre but est à tout prix de gagner le deuxième référendum le plus largement possible, de faire encore mieux qu’au premier, pour commencer à entamer des discussions sur l’avenir institutionnel », explique Thierry Santa du Rassemblement-LR. À cela Gil Brial du MPC ajoute : « Les Calédoniens nous ont reproché d’être divisés au premier référendum, nous les avons entendus ». Et pour Stéphane Chipault, du RN, « l’union était importante et sacrée pour le référendum. »

Un constat d’échec

Si les loyalistes ont décidé de s’allier, c’est avant tout pour mieux préparer le deuxième référendum, ce qui n’avait pas été fait pour le premier, comme le précise Sonia Backes, des Républicains calédoniens : « Nous sommes partis du constat que le résultat du premier référendum ne nous a pas convaincus. On aurait aimé avoir un résultat meilleur et je pense que l’absence d’unité du camp loyaliste a pesé » Et d’ajouter : « On a donc décidé de se réunir pour faire cette campagne ensemble, pour dire que tous les partis politiques, même s’ils ont des différences, même s’ils sont peut-être concurrents pour les municipales, même s’ils ont des désaccords sur des questions d’ordre économique, social, etc., eh bien, ils sont capables de se réunir pour dire non à l’indépendance et pour dire qu’ils veulent rester dans la France. »

La présidente des Républicains calédoniens précise qu’il y a eu plus de 17 000 abstentionnistes lors du premier référendum, « plutôt des loyalistes. Alors il faut aller les chercher pour le deuxième, un à un, leur téléphoner et c’est énormément de travail, alors plus on sera uni, plus on sera fort pour porter cette campagne référendaire. On a besoin de tout le monde pour se réveiller le 7 septembre avec, cette fois, la satisfaction du résultat. »

Et sur la question de l’absence de Calédonie ensemble, Sonia Backes a déclaré : « Je souhaite qu’ils nous rejoignent, parce qu’ils disent qu’ils ont des désaccords sur les postes au gouvernement ou à la province, mais encore une fois, ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est de se réunir pour que le non à l’indépendance l’emporte le plus largement possible. »

Un projet de société

Au-delà de la campagne référendaire, le front loyaliste veut aussi « travailler ensemble sur l’avenir, comme le souligne Nicolas Metzdorf de Générations NC. Travailler sur un projet que l’on pourrait porter auprès des Calédoniens, un projet d’une Nouvelle-Calédonie française du 21e siècle. Et donc, si nous gagnons le deuxième référendum le plus largement possible, nous discuterons sur la base de ce projet d’une Calédonie française et pas sur la base du projet indépendantiste ».

Les indépendantistes vont être approchés par le front pour discuter avec eux et les convaincre, comme le précise Pascal Vittori, de Tous Calédoniens : « Nous voulons leur dire tout d’abord que leur demande de transfert de compétences a été a entendue puisque aujourd’hui les Calédoniens ont récupéré beaucoup de compétences. Mais nous voulons surtout leur dire que nous représentons moins de 300 000 habitants dans un monde qui doit faire face à la guerre, à la crise économique, aux trafics en tous genres, au terrorisme, etc. Il est donc nécessaire de faire partie d’une grande nation comme la France, d’une grande démocratie. Les indépendantistes ont une chance unique, avec ce deuxième référendum, de pouvoir marcher avec et dans la France. La France qui est une chance pour la Nouvelle- Calédonie. »

Quant à l’Éveil océanien, le parti a été approché par le front loyaliste, mais ses représentants, ont indiqué qu’ils laissaient le choix à leurs électeurs de se positionner comme ils l’entendent.


Réaction des indépendantistes

Sur la création de ce front, Jean Creugnet, animateur UPM du bureau politique du FLNKS, s’est exprimé dans Les Nouvelles calédoniennes. Pour lui, « ce n’est pas la première fois que les loyalistes essaient de se rassembler pour nous contrer. Nous savons réagir. Les fronts loyalistes n’ont jamais duré très longtemps ».

D.P.

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