Antoine Ollivier, rigueur et freestyle

Moins de trois ans après sa rencontre avec le kitesurf, le licencié de l’association Nouméa Glisse (ANG) a pris la deuxième place d’une étape de la Coupe du monde junior, le mois dernier en Métropole. Sans lâcher sa scolarité au lycée Blaise-Pascal, il mise sur un travail acharné pour se frayer un chemin vers le circuit professionnel.

La réussite comporte souvent une part de hasard. Celui d’un accident qui vous fracture la cheville, vous empêchant de poursuivre la natation en compétition. Privé de sport pendant six mois : pour un « hyperactif » comme Antoine Ollivier, la punition était terrible. « Il avait pris un coup au moral », se souvient Laurent, son père. De retour à l’entraînement, début 2020, « il trouvait qu’il avait pris trop de retard, et sa blessure le gênait ».

En marchant le long de la plage, en regardant les kitesurfeurs, le fils voit une façon de se changer les idées. Voilà pour le hasard. Pour le reste de la réussite, il faut chercher du côté du travail. « Antoine est un enfant déterminé, passionné. Il s’est lancé à fond dans le kite, tous les soirs après l’école. Il pourrait en faire six heures sans manger ni boire. »

La Nouméa Kite School lui prête du matériel, et il s’entraîne seul, en tentant de reproduire les gestes des pros. Le kitesurf est réputé pour être une discipline où la progression est rapide, mais celle d’Antoine est fulgurante. Il maîtrise à présent le double handle pass ‒ les figures où la barre passe deux fois dans le dos, sorte de porte d’entrée du niveau international.

« TOUJOURS LE PREMIER SUR L’EAU »

Grand utilisateur des réseaux sociaux, il est parvenu dès l’an dernier à se faire remarquer par les organisateurs de la Coupe du monde, qui l’ont invité une première fois, puis une seconde cette année. Le prodige a participé en septembre à deux étapes. Bilan : cinquième en Espagne, deuxième en France dans la catégorie U19 (il n’a encore que 16 ans).

« Toutes ces heures d’entraînement ont porté leurs fruits. Je suis très fier des résultats, et ça me rassure beaucoup », savoure-t-il, heureux de débarquer sur le circuit international. « C’était un objectif personnel, je voulais l’atteindre tôt ou tard. Ça me donne envie de continuer dans le monde du kite, de découvrir de super beaux pays… »

Antoine sera de retour en Nouvelle-Calédonie fin novembre. Son entraîneur, Nicolas Delmas, viendra diriger un stage./ A.O.

Monsieur est servi : après un stage au Maroc, il rejoindra en novembre le spot brésilien de Taiba, où il est invité à une étape de la Coupe du monde senior. « Je travaille plein de nouvelles figures, je vais essayer de les réussir au Brésil. J’y vais pour me faire repérer (par des sponsors, NDLR), après je rentre et je m’entraîne au maximum. »

Nicolas Delmas, entraîneur national au sein de la Fédération française de voile, croit en son nouveau protégé. « Il est hyper rigoureux, c’est toujours le premier sur l’eau, le plus motivé… Et il est hyper physique, il a un très bon rapport poids-puissance. » Avec ses 57 kilos pour 1,65 m, son assiduité aux séances de yoga et de crossfit, il affiche des mensurations et des qualités de gymnaste, très appréciées dans sa discipline. Bref, « c’est l’un des plus gros potentiels au niveau national », la France faisant partie des meilleures nations dans le petit monde du kite.

LES PIEDS SUR TERRE

Les compétiteurs du circuit mondial sont professionnels, mais Antoine n’a « pas envie de lâcher les études » et veut devenir professeur de sport après sa carrière. Il poursuit sa scolarité au lycée Blaise-Pascal en classe de seconde, avec des cours et exercices en ligne pendant les trois mois de compétition.

« C’est très compliqué », constate son père, rassuré par l’accord trouvé pour 2023 : Antoine Ollivier bénéficiera des outils spécialisés du Centre national d’enseignement à distance (CNED) et passera la moitié de l’année au lycée… et sur les plans d’eau exceptionnels du Méridien, de l’Aquarêve, de l’îlot Maître, qui offrent « des conditions d’entraînement idéales tout au long de l’année », insiste Laurent, qui essaie de se rassurer. « Il grandit un peu trop vite… C’est le dernier de la famille, on aimerait le garder avec nous encore un an ou deux. »

Gilles Caprais

Photo : En Espagne, début septembre, Antoine Ollivier a terminé à la cinquième place. Il s’alignera aux championnats de France, fin octobre à La Baule, puis terminera sa saison au Brésil. / GKA

Phoebe  Rocher, encore un espoir

Arthur Guillebert, champion du monde de freestyle en 2021, n’a que 24 ans. Mais la relève semble déjà là. Phoebe Rocher, 15 ans, également licenciée à l’association Nouméa Glisse, a concouru sur le circuit mondial jeunes cette année. Elle a décroché la troisième place lors de l’étape de Tarifa, en Espagne. Elle concourra aux championnats de France à la fin du mois.

 

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