Ahurissant

La diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo extrêmement violente, mettant en scène l’agression d’un marin d’origine asiatique descendu d’un minéralier, par un militant écologiste de Houaïlou a secoué la Calédonie cette semaine. L’agresseur, connu pour ses interventions plus ou moins musclées sur le web, a publié lui-même ces images qui auraient été enregistrées il y a deux ans. La justice s’est maintenant saisie de l’affaire. On l’y voit, fou furieux, terrorisant le pauvre étranger à l’aide d’une tronçonneuse ou l’étouffant de bêches-de-mer parce qu’il était en train d’en ramasser dans la zone de Houaïlou et qu’il « volait » ses terres. C’est ainsi que notre forcené a souhaité s’attaquer au problème de la pêche illégale qu’il dénonce fréquemment. Ce fut de la pire des manières.

Aucun combat écologique ne peut, en effet, justifier une telle sauvagerie. Aucune carence éventuelle des autorités non plus. Le « Chinois » aurait pu mourir de peur ! Et quid de cette communication de la terreur, nous rappelant les pires heures de Daesh ? Est-ce cela désormais la Nouvelle-Calédonie ? Un endroit où on menace de couper des têtes pour quelques holothuries prises sur le domaine public, un endroit où l’on agresse les touristes ? De tels actes de violence extrême paraissent de plus en plus fréquents et mettent en péril l’image de notre territoire, son avenir touristique voire son avenir tout court.

Malheureusement, certains Calédoniens semblent avoir perdu toute raison ou bon sens. Il est en effet insensé de voir de tels comportements justifiés et excusés, ici au nom de la protection des ressources, ailleurs, au nom des us et coutumes. (Et quelle bêtise de penser qu’un travailleur étranger, dont les conditions ne sont pas toujours faciles, peut-être responsable d’un problème plus global !) Ces violences et leur justification apparente sont à prendre très au sérieux. Les loyalistes l’ont compris. Ils ont immédiatement dénoncé cet acte de barbarie et demandé des comptes à la justice et l’État. Mais les indépendantistes sont restés étrangement silencieux. Seul le maire de Houaïlou, Pascal Sawa, a protesté vigoureusement contre cet acte jugé « inqualifiable », perpétré « au mépris du respect de la dignité humaine la plus élémentaire », ce qui lui a valu d’être qualifié de « traître ».

C’est à se demander s’ils ne sont pas en train de renier leur engagement pour la paix et une communauté de destin dans ce pays. Car c’est bien l’enjeu qui se pose avec ces attaques perpétuelles contre ceux qui ne sont pas indépendantistes. Prenons un peu de hauteur et interrogeons-nous sur l’avenir que nous souhaitons ? Un pays où règne la menace permanente ou un territoire régi par le respect et le droit ?

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