À vos marques, prêts, polémiquez !

L’opposition est vent debout contre les conditions négociées par le gouvernement pour le prêt de l’État. Cet emprunt de 28,6 milliards de francs, contracté auprès de l’AFD sur 25 ans à un taux de 1,48 %, représente un remboursement de 1,5 milliard de francs par an. Lors d’une conférence de presse, Calédonie ensemble s’est notamment emporté contre le niveau du taux que l’ancien parti au pouvoir juge trop élevé. Une position partagée par l’Union calédonienne.

Le président du gouvernement, Thierry Santa, n’a pas vraiment apprécié cette polémique. Il a opposé que ce taux avait été plutôt bien négocié dans le contexte de la crise sanitaire et rappelé la chance que nous avions. « Si l’État n’avait pas été là, s’il ne nous avait pas prêté cette somme-là, nous n’aurions pas pu sauver les emplois concernés en Nouvelle-Calédonie. À aucun moment nous n’aurions pu mettre en place notre dispositif de chômage partiel. La réalité, c’est celle-là ! À aucun moment nous n’aurions pu sauver les familles calédoniennes qui se seraient retrouvées dans des situations extrêmement compliquées », s’est-il insurgé.

Il est effectivement bien difficile de critiquer le gouvernement d’avoir fait ce qu’il avait à faire pour éviter la mise au chômage de milliers de Calédoniens et la banqueroute de notre économie. Et il est bien difficile de se plaindre à un gouvernement qui hérite d’une situation passée et d’un manque d’actions, très largement partagé par la classe politique calédonienne qui a laissé sombrer le bateau année après année.

Mais il est aussi évident que le respect des engagements négociés et pris par le président pour encourager l’État à prêter à la Nouvelle-Calédonie sera lourd à porter pour les Calédoniens.
Alors que le traitement fera sans doute l’effet d’un électrochoc, on peut aussi s’interroger sur la méthode. Le discours de politique générale portait effectivement l’embryon de toutes les réformes à venir, mais les engagements passés auprès de l’État laissent tout de même l’impression que le Congrès et ses élus n’auront que le rôle subalterne de porte- crayons. La concertation en amont aurait peut-être eu la vertu d’éviter des tensions qui seront autant de cailloux dans les chaussures de l’exécutif à un moment où l’UC réfléchit sérieusement à quitter le gouvernement…

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