À Dumbéa, un internat pour réussir à l’école

Après ceux de La Foa et Bourail, la province Sud aménage un troisième internat pour la réussite à Dumbéa-sur-Mer. Quarante élèves, vingt filles et vingt garçons, du CM2 à la 3e, pourront l’intégrer à la rentrée prochaine. Un accompagnement au plus près afin de les aider à s’accomplir à l’école.

 

« Utiliser l’école comme vrai ascenseur social. » C’est l’objet du futur internat pour la réussite qui va ouvrir ses portes en février à Dumbéa-sur-Mer. Gil Brial a mené une visite des locaux, financés par la province Sud, mardi matin. Le deuxième vice-président de l’institution explique la démarche. « Il y a des dispositifs qui fonctionnent bien, comme le Juvénat et Cadres avenir, mais ils s’adressent aux lycéens ou aux étudiants, il nous manquait un outil en amont. »

Un faible coût

Le public visé ? Les jeunes du CM2 à la 3e qui ont un potentiel et dont les parents n’ont pas les moyens ou la possibilité de les aider. L’internat, qui dispose de quarante places, pourra accueillir vingt filles et vingt garçons à raison de huit enfants par niveau. Quatre critères de sélection prévalent : être issu de milieu défavorisé, en situation de réussite scolaire, volontaire et motivé et être accompagné et soutenu par la famille. « On souhaite favoriser un accès égal à l’école. »

Si seules les quatre communes du Grand Nouméa sont concernées pour l’année prochaine, le recrutement sera élargi à l’ensemble de la province Sud en 2023. Et dans cette logique de rendre la structure abordable, les tarifs ont été limités à 3 000 francs le trimestre pour les boursiers et 49 000 francs (la cantine du collège étant comprise) pour les autres. « Le coût ne doit pas être un frein », insiste Gil Brial.

Stéphanie Uichi, directrice de l’internat de La Foa, et Gil Brial, deuxième vice-président de la province Sud, dans une des chambres du dortoir.

Y rester jusqu’en 3e

Outre le projet global de l’établissement, qui promeut l’épanouissement et le bien-être, l’ouverture sur l’extérieur et l’environnement, le renforcement de la culture numérique et l’accompagnement à la réussite, il s’agit de proposer un suivi individualisé au plus proche des besoins de l’enfant, qui comprend notamment du soutien scolaire et des études du soir en présence d’un professeur. D’où l’ambition qu’une fois intégrés, les élèves restent à l’internat pour poursuivre leur scolarité, qu’ils effectueront au collège d’Apogoti avec lequel un partenariat a été noué, jusqu’à la 3e, explique Stéphanie Uichi, directrice de l’internat de La Foa, dont s’inspire celui de Dumbéa-sur-Mer. « Ainsi, la prise en charge aura davantage d’impact et sera plus efficace sur les résultats scolaires. » Seront également proposées des activités culturelles et sportives.

Une deuxième famille

Pour les parents et les enfants qui rencontreraient des difficultés à être séparés, les visites sont bien entendu possibles à un rythme raisonnable, « il ne faut juste pas que cela perturbe l’établissement, glisse Stéphanie Uichi. Mais, par expérience, je me rends souvent compte que les jeunes n’ont pas forcément besoin de voir leurs parents la semaine en plus du week-end, il n’y a pas nécessairement ce sentiment de manque parce qu’ils sont entourés d’autres enfants, ils vivent ensemble et cela crée comme une deuxième famille ».

Il reste encore deux jours pour s’inscrire, jusqu’à vendredi. Une vingtaine de candidatures avaient été reçues mardi. Le dossier est en ligne sur le site de la province Sud, www.province-sud.nc. Ce nouvel outil fait office de test, souligne Gil Brial. « L’idée est de voir comment ça fonctionne et peut-être le développer ailleurs ensuite. »

 


Stéphane Raynaud, principal du collège d’Apogoti

« C’est un plus pour le collège »

« Le rôle du collège est d’être en lien avec l’internat, de permettre aux élèves de prendre confiance en eux et d’exprimer leur potentiel. Ce dispositif accompagne au mieux chaque jeune en fonction de ses besoins pour sa réussite scolaire mais prévoit également une ouverture culturelle et sportive. Je pense qu’en termes d’organisation, cela sera sans doute plus facile qu’ils soient dans la même classe ou dans deux classes différentes maximum par niveau. On réfléchit aussi à mettre en place un système de tutorat pour faire des points d’étape réguliers, voir comment ils vivent leur vie en internat, leur état d’esprit, etc. Cela représente un plus pour le collège et favorise son attractivité en diversifiant notamment la carte de formations. Enfin, la nouveauté occasionne souvent la remise en question, elle va interroger les enseignants sur leurs pratiques et peut-être même influer sur les autres élèves. »

 


Des travaux en deux temps

La première tranche de travaux, en cours, concerne l’aménagement des bâtiments administratifs, de la cuisine et du dortoir des filles, qui doit ouvrir à la rentrée 2022, soit le 14 février. La deuxième tranche, qui commencera mi-janvier, consistera à réaliser le reste, notamment le dortoir des garçons, pour une mise en service prévue après les vacances d’avril, soit le 18. Le montant du chantier est évalué à 32,5 millions de francs. Il faut également compter huit millions de francs pour les équipements de la cuisine, 15 millions pour le mobilier et quatre millions pour un minibus.

Situé au-dessus des bâtiments, le plateau sportif sera partagé avec le foyer de l’enfance.

 

L’équipement

L’internat comprendra deux dortoirs (un pour les garçons et un pour les filles), une cuisine-réfectoire, quatre salles d’étude, deux salles de jeux et de télévision, deux salles informatiques, une laverie- lingerie et un plateau sportif mutualisé avec le foyer de l’enfance, en construction à côté.

Le personnel à recruter

Le personnel est en cours de recrutement. Pour fonctionner, la structure a besoin d’un directeur, d’une cuisinière lingerie et de cinq éducateurs. Certains services seront assurés par des intervenants extérieures : l’entretien des locaux, la présence d’une infirmière le soir et une heure le matin ainsi que celle d’une psychologue une fois par semaine (ce qui pourra être davantage si le besoin s’en fait sentir), le soutien scolaire et les études du soir avec la présence de professeurs et les activités du mercredi après-midi.

Ancien foyer de l’enfance

L’internat de la réussite prend la place du foyer de l’enfance de Dumbéa-sur-Mer, pour lequel les locaux étaient jugés inadaptés, inauguré il y a seulement quatre ans, en 2017. Le foyer déménage juste à côté, sur un foncier acquis par la province. « Un projet de 250 millions de francs pour sa reconstruction », indique Gil Brial.

 

Anne-Claire Pophillat (© A.-C.P.)

 

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