À Ducos, du concret pour les jeunes

La Maison de la jeunesse, de la culture et du sport vient d’ouvrir en plein cœur de la cité de Tindu, à Nouméa. Dès la rentrée, lundi, la structure, qui s’adresse aux jeunes du primaire et du collège, va proposer du soutien scolaire et des activités les mercredis et pendant les vacances scolaires. Avec pour principal objectif, la lutte contre la délinquance.

D’un côté, il y a l’association Le Banian. Installée à Montravel, elle proposait de l’aide aux devoirs avant de tomber en sommeil ces dernières années. De l’autre, Mohamed Fekiri, éducateur spécialisé passé, entre autres, par la ville de Nouméa et le foyer de protection de l’enfance. « Mon ancienne collègue faisait partie de l’association Le Banian et c’est en parlant avec elle que l’idée a émergé. La politique jeunesse à Nouméa est axée sur les 16 – 25 ans. Or, il faut revenir à l’essentiel, c’est- à-dire la prévention de la délinquance, et les prendre en charge avant que les comportements ne s’installent. C’est ce que l’on veut faire avec les jeunes du primaire et du collège et il manquait un espace pour cela », indique celui qui dirige la toute nouvelle Maison de la jeunesse, de la culture et du sport, inaugurée jeudi dernier dans d’anciens locaux de la Sic à côté de la crèche municipale du Caillou blanc.

Pour la mettre en place, Mohamed Fekiri s’est inspiré de son expérience au sein de l’antenne jeunesse de Bondy, en Seine-Saint-Denis, en banlieue parisienne. Il est secondé par Séverine Mapéri et Royanne Ialith, deux jeunes habitantes du quartier.

Un dispositif gratuit qui « répond à un besoin »

Dès la rentrée, la structure va assurer un soutien scolaire de 15 h 30 à 18 heures grâce à l’aide de deux bénévoles, une ancienne institutrice et un étudiant. L’endroit, ouvert à l’ensemble des jeunes de la presqu’île de Ducos, est divisé en salles de cours. Une pièce sera dédiée à la détente, jeux de société et projection de films. Pendant les vacances, la Maison de la jeunesse se transformera en centre de vacances et de loisirs du lundi au vendredi de 7 h 30 à 18 heures. Pour cela, Mohamed Fekiri a demandé à la mairie la mise à disposition de l’école Gustave-Lods. Octobre doit servir de test afin de se préparer pour l’été.

« L’idée est de fidéliser les jeunes sur le temps après l’école et de construire avec eux leurs projets de vacances autour de trois axes : le sport, la culture et les activités manuelles, développe Mohamed Fekiri. On axe aussi notre action sur la citoyenneté. » Tout cela gratuitement – excepté les sorties à l’extérieur proposées pendant les vacances –, les transports devant être offerts par Tanéo.

Mohamed Fekiri et l’association Le Banian travaillent sur le dossier depuis un an. « On en a beaucoup parlé avec le comité local de Tindu, qu’on a rencontré plusieurs fois. Les parents sont impatients que l’on ouvre, je pense qu’on répond vraiment à un besoin. » Un échange avec l’antenne jeunesse de Bondy est même envisagé à la réouverture des frontières. Et si le concept fonctionne, l’idée pourrait peut-être essaimer dans d’autres quartiers.


Un projet avec le collège de Kaméré

À partir de la rentrée 2022, la Maison de la jeunesse devrait assurer, le matin, un suivi éducatif et l’accompagnement scolaire de jeunes exclus du collège, en absentéisme chronique ou en errance. Une rencontre avec le principal de l’établissement est prévue prochainement afin d’évoquer ce projet.


Un budget à boucler

La structure a été créée avec l’aide de la province des Îles et de l’État, à travers le Fonds de développement de la vie associative, et la démarche s’inscrit dans les objectifs du plan Jeunesse.nc adopté en 2019 par le Congrès. « On a démarré avec trois millions de francs et on est en train de calculer ce dont on a besoin pour continuer de fonctionner », déclare Mohamed Fekiri. Le gouvernement, présent à l’inauguration, s’est montré intéressé.


Un local de la Sic

L’espace se trouve dans l’ancienne agence Sic qui est fermée depuis quelques années. « Le local nous a été mis à disposition en échange de mener trois actions dans l’année : une sortie en famille, un tournoi sportif et la formation de jeunes. On devra apporter une contribution financière à partir de l’année prochaine », précise le directeur.


L’info en +

La Maison de la jeunesse, rue Auguste Déméné, est ouverte pour les inscriptions jeudi et vendredi de 13 h 30 à 17 h 30,
et à partir de lundi 23 août de 15 h 30 à 18 heures.


L’amorce d’un renouveau dans le quartier ?

« On perçoit ça avec beaucoup de joie et de bonheur », lance Edmond Kalosik, président du Comité du bien- être des habitants de Tindu, créé en 2012. Les résidents de ce quartier pauvre et isolé se sont longtemps sentis abandonnés, subissant la délinquance. Fermeture du commissariat de police en 2010, du magasin en 2018 et de l’école primaire Louise-Vergès à la fin de l’année dernière, sans compter celle de la cyberbase et de la base nautique.

« La Maison de la jeunesse répond parfaitement aux attentes et au travail que nous menons depuis toutes ces années, poursuit-il. On a tellement espéré que des choses se fassent et là, enfin, ça se concrétise. Cela remet de la vie et va relancer une dynamique. Tout le monde dit que c’est toujours très compliqué ici, ça devrait redonner confiance et encourager les familles. » Parallèlement, le comité poursuit un travail de diagnostic avec la mairie.

L’association demande notamment la réalisation d’un débarcadère et d’aires de repos sur le chemin pédestre qui traverse la cité, de Numbo jusqu’au site de l’ancienne fourrière. C’est là que des jardins partagés doivent être aménagés par l’association Les Vergers dans la ville, qui vient d’obtenir une aide de la province Sud dans le cadre du budget participatif. « Cela va permettre un accompagnement social des jeunes. Il faut qu’on avance pour construire quelque chose de bien. On souhaite aussi remonter un club de sport et récupérer les anciens locaux de la cyberbase. »

A.-C.P

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