210 kilomètres en moins de 42 heures : le grand défi de Nathan Pawlicki

Le traileur s’attaque à l’exploit réalisé par son amie Angélique Plaire en 2019, soit le GR Sud aller-retour en moins de 42 heures et 26 minutes. Confiant, accompagné par plusieurs proches, il s’élancera vendredi 23 septembre à 19 heures de Dumbéa Rivière pour un aller-retour passant par Prony.

Nathan Pawlicki dispose d’un immense avantage sur Angélique Plaire. Pour battre son record, il bénéficiera de l’inestimable expérience de… Angélique Plaire « herself ». Les deux traileurs s’entraînent ensemble depuis plusieurs mois. « Elle m’aide énormément à préparer la course. Grâce à son vécu, à sa connaissance du terrain, j’ai pu réfléchir à des façons de gagner du temps. » Épuisée, « Angèle » avait dormi 1 h 30. Nathan compte mieux gérer sa fatigue et faire deux siestes de 20 minutes. Habitué des podiums, le coureur de l’AS Magenta n’affiche aucun doute sur ses capacités. Sur l’Ultra Trail de Nouvelle- Calédonie en 2021, il avait obtenu une frustrante 11 place sur le 133 kilomètres ‒ « 135 plus exactement, je m’étais perdu… ».  Son nouveau défi ne représente que 75 bornes de plus, pour un total de 8 400 mètres de dénivelé positif. Une balade. « Quelle que soit la distance pour laquelle tu pars, dix kilomètres avant l’arrivée, tu n’en peux plus. Il y a toujours un moment où le corps décroche, et tu finis au mental. Mais si tu te connais, si tu es bien préparé, il n’y a pas de grosse surprise. »

Nathan a procédé à une reconnaissance minutieuse des parties les plus difficiles du parcours, comme le col des Agathis. « Il m’avait paru interminable la première fois que je l’avais fait, mais c’est bon, je me suis rassuré, il n’est pas si long. » Pour le reste, c’est simple. « Il faut bien manger. J’oublie parfois, donc j’ai mis des rappels sur ma montre. Ne pas dépasser 140 battements par minute, aussi. » Et bien s’entourer.

HUIT AMIS À SES CÔTÉS

Parce qu’un accident est vite arrivé, Nathan ne sera jamais seul sur le parcours. Natalia Prado, autre tête d’affiche des trails de Calédonie, a immédiatement été emballée. Elle l’accompagnera de Netcha à Prony, pour rendre la pareille à celui qui l’avait aidée sur le marathon, fin août. « On a couru ensemble, et trois jours plus tard, il faisait un 80 kilomètres. Il faut avoir la motivation… Il est rigoureux, il se connaît bien, il saura éviter les problèmes. » L’équipe d’assistants de luxe (huit personnes au total) sera notamment composée d’Alexy Dianoux, Bruno Cantieri et Jonathan Nicol, qui couvrira à lui seul les 80 premiers kilomètres.

Nathan pourra aussi compter, une fois de plus, sur le soutien de sa compagne. Madely le suivra en voiture, puis courra les derniers kilomètres. « Je veux qu’il prenne du plaisir. La préparation prend beaucoup de temps sur notre vie de couple, mais ça vaut le coup. Je sais qu’il va réussir, ce sera la cerise sur le gâteau. » C’est pour elle, pour eux, que Nathan ira au bout des 210 kilomètres. « Quand autant de personnes sont là pour toi, tu ne peux pas abandonner. » Il est obsédé par le record, évidemment. Mais il forme déjà un espoir plus grand encore. « J’aimerais que d’autres coureurs s’élancent sur ce parcours qui est vraiment top. Je voudrais que ça devienne un classique. C’est ma vision du sport, il faut que ce soit un partage. »

Gilles Caprais

Photo : Nathan Pawlicki estime qu’il mettra quelques semaines à se remettre totalement des 210 km. Mais il reprendra le travail – chez Décathlon, son employeur et sponsor – deux jours après son retour. © Bernard Amar

« S’il le fait, je ferai encore mieux ! »

« Je suis contente que ce soit Nathan qui s’attaque à mon temps ! C’est quelqu’un qui ne va pas faire ça pour la gloire, mais pour tester ses limites. » Angélique Plaire soutiendra son pote sur une petite partie du parcours, en marchant.

« Quand on arrive à Prony et qu’on revient sur ses pas, on prend un petit coup au moral. C’est important d’être entouré. » Si elle n’avait pas été enceinte de sept mois, elle l’aurait volontiers accompagné sur « 100 kilomètres ».

Nathan descendra sous les 42 heures, elle n’a aucun doute à ce sujet. « J’avais couru fin mars, il faisait très chaud et le parcours n’est pas ombragé. J’avais eu pas mal de pépins de santé sur le retour. S’il gère bien son effort, je pense qu’il n’aura pas de mal à battre mon temps. Et s’il le fait, je ferai encore mieux ! »

Oui, Angélique prépare déjà sa deuxième tentative sur l’aller-retour du GR Sud. « Je compte le refaire l’année prochaine. Vers le mois de septembre et en sens inverse, en partant de Prony. J’essaierai de faire moins de 38 heures. »

 

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