Week-end de commémorations

Il y a trente ans, Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné étaient assassinés par le militant radical, Djubelly Wea, à Ouvéa. Le week-end du 4 et 5 mai a été l’occasion de commémorer la disparition de ces leaders de l’Union calédonienne, mais aussi des 19 militants tués lors de l’assaut de la grotte de Gossanah.

Le 4 mai 1989, Jean-Marie Tjibaou et Yeiwéné Yeiwéné, le président et le vice-président de l’Union calédonienne, étaient assassinés à Ouvéa alors qu’ils se rendaient à la commémoration de la mort des 19 militants indépendantistes durant la prise d’assaut de la grotte de Gossanah par la gendarmerie un an plus tôt. Les deux hommes sont tombés sous les balles de Djubelly Wea, un des leaders indépendantistes du nord d’Ouvéa, lui-même été abattu par Daniel Fisdiépas, le garde du corps de Jean-Marie Tjibaou. Un assassinat probablement autant lié au sentiment d’abandon des responsables de l’UC lors de la prise d’otages de 1988 que du rejet des accords de Matignon-Oudinot signés quelques mois plus tôt par Jean-Marie Tijbaou et que Djubelly Wea avait considérés comme une trahison de la lutte pour l’indépendance.

Une « concession » qui a coûté cher au leader indépendantiste aujourd’hui devenu une icône. Quelques années plus tôt, le 5 décembre 1985, le clan Tjibaou perdait deux de ses frères dans le massacre des « dix de Tiendanite » par des militants anti indépendantistes. Le week-end des 4 et 5 mai a été l’occasion de commémorer la disparition de ces hommes qui ont contribué à faire de la Nouvelle-Calédonie ce qu’elle est aujourd’hui. Des hommages se sont tenus simultanément à Ouvéa, Maré et Hienghène et ont été l’occasion de rappeler les actions des deux hommes en faveur de la paix. Le temps et le gros travail de réconciliation entre les familles d’Ouvéa, de Maré et de Hienghène, engagé il y a plusieurs années, portent leurs fruits aujourd’hui.

Si l’émotion est encore bien palpable, le temps semble désormais à l’appropriation de ces drames comme des éléments fondateurs de la revendication indépendantiste, au même titre que les grandes révoltes de 1878 et 1917 menée par les grands chefs Ataï et Noël ou encore d’Uvanu. Il s’agit maintenant d’assurer la transmission de cette histoire. C’est tout l’objet de l’inauguration de la stèle de Wan’yaat, lieu où ont été assassinés les « dix de Tiendanite ». Un abri a été construit autour des deux véhicules aujourd’hui entourés par de jeunes pousses de métal, symbolisant la paix sur les cendres du passé. À proximité, une sculpture a été dévoilée afin de sensibiliser les visiteurs sur l’importance de maintenir la paix. Une exposition permettra également de rappeler l’histoire afin de nourrir le devoir de mémoire, en particulier des jeunes. Comme l’ont souligné les personnalités présentes, tout l’enjeu est de ne pas oublier afin de construire la Nouvelle- Calédonie d’aujourd’hui.

M.D.

©M.D. DNC

 

 

 

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