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Une tournée anniversaire pour le Chapitô

Le Chapitô fête ses dix ans et sillonne pour l’occasion les routes calédoniennes. Seize communes auront la chance d’accueillir la troupe et les compagnies invitées ces six prochains mois.

Trente-deux mille personnes attendues, 80 représentations, près de 1 830 kilomètres à parcourir, durant 140 jours… L’heure est à la fête au Chapitô. Après un hors-d’œuvre au Mont-Dore la semaine dernière, l’équipe de Rémy Vachet, directeur artistique, a entamé, après des mois de préparation, sa grande tournée avec une première escale de quatre jours à La Foa. Pour ses dix ans, la seule structure culturelle itinérante du Caillou a mis les petits plats dans les grands pour toucher – et ravir – un maximum de Calédoniens tout au long de son épopée.

De quoi se marrer et découvrir

La tournée est particulière par le nombre de communes concernées (16 contre 6 à 10 implantations par an d’habitude) et elle l’est aussi dans sa forme : c’est un véritable festival qui prendra place dans les villages avec une fête foraine, des spectacles de théâtre, de cirque ou de danse un espace détente, une buvette et plein de surprises !

Côté fête foraine, vous trouverez la très déjantée famille Wallas, ses jeux faits maison, de force et d’agilité, dont de nouveaux bijoux bien barrés, comme le tour cycliste de Calédonie (très ingénieux). L’ambiance y est bien rock n’ roll et ravira, c’est sûr, petits et grands.

Côté spectacles, onze compagnies feront le déplacement (quasiment une compagnie invitée par destination) : la compagnie Troc en jambes avec son Tour du Pacifique en 80 pas qui offre un œil nouveau sur les danses traditionnelles du Pacifique ; la compagnie de Richard Digoué, la compagnie Crunc, de Benoît Bugeon, et son spectacle Ben de Rue, un personnage atypique venu de sa vielle France natale avec son diabolo et son accordéon. À découvrir par ailleurs, la dernière création du Chapitô : Caillasse, un spectacle de théâtre gestuel sur l’histoire d’« un gars enfermé dans un monde, dans un cachot et dans sa tête ». Il y aura également des soirées cinéma sous la grande toile orange.

Ils donnent tout

Le challenge est de taille pour la troupe du Chapitô. Sur la route, ils sont douze à tout faire. « Il faut être polyvalent », concède Rémi Vachet. Les artistes sont animateurs, bricoleurs, décorateurs, monteurs du site, ingénieurs du son, conducteurs, logisticiens, accueillants, liaisons avec les communes… Mais c’est ce qui fait tout le charme de cette structure, unique sur le Caillou : son esprit de famille et son investissement sans faille, à chaque journée de « voyage ». D’ailleurs, pour cette tournée, les compagnies vont intégrer totalement la troupe et, elles aussi, mettre la main à la pâte.

Initié en 2007 par Anne-Sophie Conan, le Chapitô, une association loi 1901, a vu le jour suite à un constat des artistes sur le difficile accès des populations de brousse et des îles aux lieux culturels. De nombreux partenariats ont vu le jour avec les artistes et compagnies qui peuvent profiter des avantages de la : le Chapitô offre l’opportunité de tourner dans des conditions techniques similaires, de ne pas « réduire » les prestations. Les centres culturels fixes font également appel à lui.

Les spectacles, on le rappelle, sont gratuits, et l’association fonctionne grâce aux subventions, en particulier des communes, mais également à des fonds privés. Aujourd’hui, la situation de cette salle itinérante est comme les autres, complexe. « L’association est aussi tributaire du contexte économique, social et politique » et subit de la même manière depuis trois ans une baisse de subventions et la frilosité des communes qui doivent souvent effectuer des choix dans leurs sélections annuelles.

Aller au Chapitô, c’est donc aussi soutenir cette équipe pleine de vie et de projets. Sous la petite tente à l’entrée, vous pourrez donner un coup de main aux membres, les rencontrer, les écouter et même faire un don. Une campagne de financement participatif a également été lancée sur www.wawa.nc

Le plus beau des cadeaux d’anniversaire serait que cette belle idée de « désenclaver la culture », de « diffuser partout du spectacle vivant » puisse se concrétiser encore de longues années.

C.M.

©C.M. / Le Chapitô – Ludovic Courtois

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