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Une salle de spectacle à Teremba

L’association Marguerite, chargée de la restauration du fort Teremba, vient de finir les travaux de la boulangerie. Un bâtiment qui va pouvoir accueillir des spectacles, des expositions, des résidences et des ateliers.

Des années de labeur animées par la passion de restaurer le fort Teremba : l’association Marguerite vient de donner une seconde vie à ce qui était, fin 1800, la boulangerie de l’ancien pénitencier. « La restauration du bâtiment avait débuté en 1999. Il a fallu batailler pour obtenir des financements, mais nous n’avons rien lâché, nous y sommes arrivés. C’est une sacrée victoire ! », explique Manu Cornier, le directeur du fort et président de l’association Marguerite (voir encadré).

La boulangerie

L’histoire de la boulangerie s’inscrit dans celle du fort Teremba (voir encadré). Ce bâtiment, qui a vu le jour en 1871, s’inscrit dans un site qui s’étend sur 11 hectares. Il était le cœur de la vie pénitentiaire et jouait un rôle de premier plan. Tout comme les autres bâtiments, la boulangerie est tombée dans l’oubli au début du XXe siècle, après les derniers convois de condamnés, jusqu’à ce que l’association Marguerite débute, il y a trente ans, ce qui sera une large action de restauration et de valorisation du site et de son histoire partagée entre les habitants de la région. La restauration de la boulangerie s’est faite petit à petit, grâce au dévouement des membres de l’association, de compagnons du devoir aux classes de l’École de formation pour adultes. Cette restauration s’inscrit dans un programme pluriannuel dont les dernières réalisations ont été le bâtiment dit « école », en 2015, et les gradins, en 2016.

Un nouveau lieu de rencontre

Plus de 40 millions de francs ont été investis pour restaurer la boulangerie qui va servir à accueillir du public. « Nous pouvons, dans ce nouveau lieu réhabilité, recevoir des visiteurs en toute sécurité. D’une capacité maximale de 50 personnes, ce bâtiment permettra d’accueillir des spectacles légers, des expositions temporaires, des résidences et des ateliers », précise Manu Cornier. Ce bâtiment est une nouvelle étape dans le rayonnement de cette structure patrimoniale qui est plus que jamais ancrée dans le paysage culturel avec ses évènements annuels tels que le fameux son et lumière qui fait revivre, grâce à ses 180 figurants bénévoles, cet ancien pénitencier. Il y a aussi la Fête de la musique et le Blackwoodstock Festival. La prochaine étape pour l’association Marguerite sera, selon son président, de « gérer le site actuel, mener à bien son entretien et organiser des événements culturels. Nous n’avons pour le moment pas de projet de restauration d’autres bâtiments du site. »


L’histoire du fort

Teremba a vu le jour en 1871, au sommet d’un plateau qui domine la mer. Pour son fondateur, le gouverneur Gaultier de La Richerie, cet établissement est voué à devenir le centre pénitentiaire et administratif du vaste territoire d’Uaraï qui s’étend sur La Foa-Farino-Moindou. Le besoin grandissant de terres pour y installer les bagnards les plus méritants est à l’origine, en juin 1878, du déclenchement de l’insurrection kanak menée par le chef Ataï. Elle verra, entre autres conséquences, l’édification du fort militaire que nous pouvons voir aujourd’hui. À partir de 1890, l’établissement entre dans une phase de déclin, jusqu’à sa vente aux enchères en 1919.


Fort Teremba aujourd’hui

Le fort est situé sur la commune de Moindou à 1 h 30 de Nouméa. Il abrite à l’intérieur de l’enceinte du blockhaus et de la prison son exposition permanente consacrée au bagne, à l’insurrection de 1878 et à la sauvegarde du site. Cette présentation est dynamique (bornes interactives, animations audio-vidéo, maquettes, mannequins, …). À l’extérieur du fort, vous découvrez un circuit balisé allant jusqu’à d’autres bâtiments restaurés (poste, boulangerie) qui vous permettent de mieux appréhender l’organisation de cet ancien pénitencier.


L’association Marguerite

Elle doit son nom à la passerelle Marguerite qui enjambe la rivière de La Foa. Ce magnifique ouvrage métallique construit au début du XXe siècle menaçait, après son abandon, de disparaître totalement lorsqu’en 1981, une poignée de Lafoyens décidèrent de tout mettre en œuvre pour lui redonner son éclat d’antan. L’association était née, avec comme objectif la sauvegarde et la réhabilitation du patrimoine historique de Nouvelle-Calédonie. Après de longues et incessantes démarches, l’association a obtenu en 1984, le classement de la passerelle au titre des monuments historiques. Il lui faudra attendre encore douze ans avant que la commune de La Foa obtienne les crédits nécessaires à son entière restauration. L’association a décidé ensuite de sauver de l’oubli le fort Teremba. Elle obtient, en 1989, son rachat par la commune de Moindou et son classement comme monument historique, par la province Sud.

C.Schoenholtzer

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