Une saison cyclonique normale

Les services de la Météo et de la sécurité civile du gouvernement ont organisé une conférence de presse afin de présenter la saison cyclonique 2018-2019. Marquée par un phénomène El Niño, la saison s’annonce identique à celle que l’on connaît d’ordinaire.

Le réchauffement climatique est une réalité désormais bien concrète. Les glaces des pôles fondent, de nombreuses espèces disparaissent petit à petit de la surface de la terre et d’année en année, les phénomènes météorologiques extraordinaires sont de plus en plus nombreux et puissants. Qu’on les appelle cyclone dans le Pacifique et l’océan Indien, typhon en Asie ou ouragan dans l’Atlantique nord, ces systèmes dépressionnaires extrêmes sont aussi destructeurs que meurtriers.

La direction et les prévisionnistes de Météo France l’ont rappelé, vendredi 30 novembre, à l’occasion d’une conférence de presse visant à présenter la saison cyclonique 2018-2019. Donnant quelques records de vitesse de vent enregistrés ces dernières années. L’ouragan Irma qui avait frappé Saint Martin et les Antilles, en septembre 2017, affichait des vents moyens de 260 km/h et des rafales à près de 360 km/h. Des vents nettement plus fort que ceux qui ont touché la Nouvelle-Calédonie. La vitesse des vents d’Erica, qui a été le dernier gros cyclone à toucher le territoire en 2003, était de 234 km/h.

Mieux communiquer autour de ces phénomènes très dangereux

Afin de mieux communiquer auprès du grand public, le service de la météorologie a souhaité faire un point sur les risques en matière cyclonique pour cet été et rappeler ce qu’était un cyclone. Premier enseignement et ce n’est pas particulièrement une bonne nouvelle, la Nouvelle-Calédonie se situe dans une zone particulièrement active. Et cette année sera marquée, selon les modèles des prévisionnistes, par un phénomène El Niño d’intensité faible à modérée, soit des températures anormalement plus élevées de 0,7 °C en moyenne.

Autre mauvaise nouvelle, ce phénomène aura des conséquences sur la sécheresse. Le service météorologique estime que l’on pourrait avoir un déficit d’eau de l’ordre de 20 %. Un manque qui aura un impact sur l’agriculture calédonienne, mais aussi et surtout sur les feux qui détruisent chaque année le pays. Seul point positif dans ce tableau peu encourageant, le phénomène El Niño n’a pas de conséquence sur la formation des cyclones dans la région. Selon les observations, avec ou sans phénomène particulier, on dénombre entre trois à quatre dépressions tropicales modérées à cyclone par an dans la zone d’avertissement de la Nouvelle-Calédonie. La seule conséquence d’El Niño est de déplacer légèrement la zone de formation des systèmes dépressionnaires. La zone de formation a tendance à se déplacer vers le Nord-Est.

Il faudra donc s‘attendre une nouvelle fois à ce que des systèmes se forment au cours de cette saison. Ces informations proviennent d’une analyse effectuée par le service de la météorologie sur les quarante dernières années. Comme le souligne l’étude, « 49 % des phénomènes cycloniques évoluent jusqu’au stade de cyclone tropical sur la zone d’avertissement de la Nouvelle-Calédonie, contre 40 % sur la zone Pacifique sud-ouest. Comme on l’a noté précédemment, la zone la plus active du bassin se trouve à proximité de la Nouvelle-Calédonie. Alors que l’aire de la zone d’avertissement de la Nouvelle-Calédonie ne vaut que 8 % de l’aire de la zone Pacifique sud- ouest, on compte dans cette zone 36 % des phénomènes et 44 % des cyclones tropicaux ». Autant dire que le territoire est en première ligne face à la menace cyclonique même si l’on a parfois l’impression que le Vanuatu est sensiblement plus exposé. En réalité les deux pays le sont tout autant.

D’où l’intérêt de travailler la communication afin d’accompagner au mieux la population à se préparer au passage de ces phénomènes météorologiques. Avec le transfert de la compétence de la sécurité civile en 2014, le gouvernement a repris la main sur les systèmes d’alerte qui avait été modifié lors de la saison 2008-2009. La Calédonie avait alors adopté le système national métropolitain d’alerte basé sur le code couleur classique. Avec le transfert de compétence, la direction de la sécurité civile et de la gestion des risques a décidé d’en changer et de rebasculer vers l’ancien système de préalerte, alerte de niveau 1 puis de niveau 2.

Une carte et un plan Orsec en plus

En 2017, suite aux passages des cyclones Cook et Donna, le gouvernement avait apporté quelques modifications au dispositif. L’accélération de ces deux systèmes avaient réduit la durée avant le passage en alerte 2. Il en avait résulté quelques cafouillages pour les personnes au travail. Le gouvernement a donc apporté quelques modifications à ses communiqués en donnant une estimation du passage en alerte de niveau 2 permettant aux entreprises et à leurs salariés de mieux s’organiser pour cesser l’activité. Avec une marge d’erreur de six heures, la gestion des prochains événements devrait être plus simple.

De la même façon, le gouvernement inaugurera un nouvel outil à l’occasion du prochain cyclone. La direction de la sécurité civile proposera une carte interactive des niveaux d’alerte. Pour faire simple, il s’agit d’une carte type Google map qui donne à voir les niveaux d’alerte en temps réel sur l’ensemble du territoire et notamment à l’échelle des communes. On pourra cliquer sur la commune souhaitée ce qui permettra d’obtenir davantage de précisions et notamment d’avoir accès aux communiqués diffusés par la DSCGR.

Cette carte vise également à aider les Calédoniens à mieux se préparer et s’organiser. Pour rappel, la cessation d’activité est imposée deux heures avant le passage théorique en alerte 2. Comme le rappelle toutefois le directeur de la sécurité civile, Eric Backes, depuis l’arrêté du 25 janvier 2018 instituant un plan Orsec en cas de passage de cyclone, chaque entreprise est désormais tenue d’établir un plan de mise en sécurité des installations et de son personnel, prévoyant notamment « les modalités de libération des salariés en prenant en compte l’éloignement de leur domicile », comme le précise l’arrêté.

M.D.

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