« Une population qui se respecte, c’est une population qui gère sa propreté »

La province Sud a présenté, vendredi, ses priorités en matière de prévention et de gestion des déchets. L’occasion de mettre en avant une nouvelle vision politique.

La nouvelle mandature a du pain sur la planche. Pour autant, il y a des secteurs où un travail a déjà été amorcé, avec quelques textes votés à l’unanimité alors que Philippe Michel était encore à la tête de l’institution. C’est notamment le cas du schéma provincial de prévention et de gestion des déchets qui fixait, fin 2018, les grandes lignes de la filière. Depuis, la stratégie a été affinée par les élus, et c’est ce qui a été présenté vendredi.

Adapter le schéma

Devant les représentants des autorités administratives, civiles et économiques, des communes du Grand Nouméa, les partenaires et intervenants de la filière déchets, Philippe Blaise, premier vice-président de la province Sud, a tenu à dire que les principes du Schéma provincial de prévention et de gestion des déchets « restent d’actualité », mais qu’il fallait « l’adapter avec pragmatisme ». Pour lui, « nous avons de la chance de vivre dans un pays magnifique, c’est notre plus bel atout, et cet atout, nous devons tout faire pour le préserver. D’abord parce que c’est là que nous vivons, et puis parce que c’est un outil économique fondamental en termes de tourisme vert. La gestion des déchets est donc primordiale ». Philippe Blaise estime qu’ au-delà de « la question mondiale, au-delà des contraintes réglementaires, ce schéma est un acte de foi, un acte politique. Une population qui se respecte, c’est une population qui gère sa propreté. »

Faire évoluer les comportements

Ce schéma provincial est donc une feuille de route que l’exécutif s’est fixée : « Nous avons une révolution culturelle à mener ensemble pour faire évoluer les comportements et les mentalités en matière de prévention et de gestion des déchets, et cela passe par de grands principes. » Pour Philippe Blaise, si « beaucoup de choses sont déjà en place, on se rend compte qu’il y a encore des angles morts, un grand flou sur l’économie globale. Nous allons donc y travailler ensemble. » L’élu a expliqué que la province a commencé à travailler avec le gouvernement et les élus communaux pour essayer de voir comment « améliorer la prévention et la gestion des déchets pour optimiser la filière économique. Car au-delà de l’aspect réglementaire parfois contraignant pour la population et pour les entreprises, l’opportunité pour nous est de développer un nouveau secteur économique créateur de projets novateurs, et qui permette une insertion professionnelle. »

Présentation du Schéma

Karine Lambert, directrice de la Direction de l’environnement à la province Sud, a présenté les nouvelles orientations du Schéma provincial de prévention et de gestion des déchets. Il faut savoir que 11 550 000 tonnes de déchets sont produites annuellement, dont 9 500 000 tonnes provenant de l’industrie et 87 500 tonnes de déchets ménagers.

Si des avancés sont déjà constatées (modernisation et extension des collectes, fermeture de dépotoirs et réhabilitation, valorisation des déchets dangereux, baisse des ordures ménagères, création d’entreprises spécialisées, etc.), des enjeux restent encore à relever. Karine Lambert a indiqué qu’il fallait par exemple « favoriser la prévention, mieux valoriser les déchets organiques et les déchets verts, renforcer la cohérence du maillage des infrastructures de collecte et de gestion des déchets, optimiser la gouvernance, et consolider les données ».

Les ambitions

Les ambitions politiques, claires, vont se traduire par des objectifs multiples : prévenir les déchets en amont de la production pour éviter par exemple la notion de nocivité, favoriser la mutation vers une économie circulaire, et poursuivre l’extension des filières pour améliorer la capacité des collectes de traitement. Il s’agira aussi de valoriser le traitement local des déchets. Tout cela en responsabilisant les acteurs et en optimisant le financement de la gestion des déchets. Pour cela, des comités techniques et un comité de suivi ont été mis en place, et des accompagnements de la part de la province, et de tout ordre, seront assurés.

Des animations de proximité seront aussi mises en place, comme des ateliers sur la transition économique et écologique. Le premier est programmé à l’auditorium de la province Sud le jeudi 29 août, sur le thème de la consigne artisanale et industrielle. Suivront, jusqu’en octobre, deux autres ateliers. Leurs restitutions sont annoncées pour novembre. Pour Françoise Suvé, élue provinciale en charge de l’environnement, « il faut absolument que tous les acteurs de la filière déchets, la population, les institutions et les communes prennent la question de la prévention et de la gestion des déchets à cœur. C’est tous ensemble que nous allons faire évoluer le système. Je serai là et je compte sur vous ».

D.B.

©P.Sud 

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