Une nouvelle stratégie au FSH

Le Fonds social de l’habitat est le plus ancien bailleur social calédonien. Son nouveau directeur, Jean-Loup Leclercq, entend redéfinir la stratégie de développement du bailleur. L’idée est de remettre l’humain au centre du dispositif.

Le FSH est le plus vieux bailleur social calédonien. Il a été créé en 1964, à l’initiative des organisations syndicales, avec la mission d’accompagner les salariés calédoniens dans l’accession à des logements à loyers modérés ou l’accès à la propriété. Depuis quelque temps, le bailleur social s’est également lancé dans la réhabilitation de l’habitat insalubre. Des missions qui concernent près de 72 % des Calédoniens. Après neuf mois à la tête du FSH, Jean-Loup Leclercq, qui a pris le temps de rencontrer l’ensemble des salariés, propose d’adopter une nouvelle stratégie.

Une stratégie qui repose sur la création de trois pôles autour des équipes, des ayants droit et des partenaires du bailleur social. « C’est une stratégie résolument tournée vers l’humain,insiste le nouveau directeur du FSH qui a reçu le soutien de son conseil d’administration. Nous estimons qu’il temps pour le FSH de prendre un virage stratégique. La stratégie s’inscrit dans la continuité mais présente des points d’inflexion majeurs. Nous souhaitons redonner au FSH la place qui doit être la sienne dans les trois ans ».

Plus proche des ayants droit

L’organigramme sera ainsi complètement repris, ce qui est loin d’être simple pour cette entreprise qui compte un peu moins de cent salariés. Les salariés seront répartis au sein de trois pôles, « personnel », « ayants droit » et « partenaires ». L’idée est de renforcer les interactions afin de remettre la qualité de vie résidentielle au cœur de l’action du FSH. Très concrètement, cela se traduit, par exemple, par la mise en place d’actions fortes contre les incivilités. Depuis le mois de juin 2018, les fauteurs de troubles sont systématiquement convoqués pour les faire rentrer dans le rang. Un important travail est aussi engagé sur les défauts de paiement des loyers.

Être plus proche des ayants droit nécessite également de mieux les connaître. Pour ce faire, le FSH s’appuiera sur une importante base de données et la généralisation de l’emploi des outils informatiques. Des informations qui permettront de mieux répondre aux besoins des locataires ou des candidats à l’accession à la propriété. « Pour nous, le parcours résidentiel est extrêmement important, souligne le directeur. On peut prendre l’exemple d’un couple qui vit chez ses parents et décide de prendre un logement. Notre rôle est de l’accompagner en fonction de l’évolution de ses besoins au cours du temps, en fonction de l’arrivée d’enfants ou du souhait d’accéder à la propriété. Ce parcours n’est pas nouveau, mais nous souhaitons être plus à l’écoute des ayants droit. Cela passe aussi par l’adaptation des logements eux-mêmes aux besoins, mais aussi davantage d’accompagnement des locataires sur la gestion de leur budget ou un soutien actif aux personnes entrant pour la première fois dans un logement collectif. »

Une année record pour le FSH

Une bonne articulation entre les pôles vise également à assurer une bonne attractivité des résidences. Outre le travail sur les incivilités, le FSH travaille sur la qualité des matériaux de construction, mais aussi les services offerts aux résidents. « Nous travaillons en étroite collaboration avec les associations de locataires, explique Jean-Loup Leclercq. C’est important de pouvoir offrir des services de proximité comme du bricolage, des gardes d’enfants, du covoiturage ou encore l’accès à des jardins familiaux. » Autre piste de réflexion, la réduction des charges. Cela passe notamment par l’installation de photovoltaïque sur les toits des immeubles. Le FSH a ainsi lancé la première expérimentation de photovoltaïque sur des logements collectifs. Depuis bientôt un an, les locataires qui jouent le jeu ont vu fondre leur facture d’électricité. L’idée sera ensuite d’étendre le dispositif à une majorité de résidences.

Un volet qui fait le lien avec le pôle « partenaires ». L’objectif est de réaffirmer le rôle social du bailleur social. En 2019, il devrait engager pas moins de neuf milliards de francs pour près de 1 453 ouvertures de chantiers. Un chiffre qui ferait de 2019 une année record pour le FSH. Le bailleur souhaite ainsi faire la promotion des chantiers verts, d’améliorer la gestion des déchets ou encore de réutiliser les eaux de pluie. C’est dans cette optique que le FSH a réformé les critères de ses appels d’offres, de façon à pouvoir retenir des entreprises plus seulement sur le principe du moins disant.


Le FSH se lance dans la RHI

Le parc du FSH n’est plus de toute première jeunesse. Le bailleur social souhaite désormais engager un vaste programme de réhabilitation de l’habitat insalubre (RHI). C’est notamment le cas à Rivière-Salée. Une idée qui est en partie liée à la raréfaction du foncier sur le Grand Nouméa. Le FSH a également organisé une visite annuelle dans chaque logement afin de s’assurer de l’état des logements de manière à en assurer un suivi au plus près et éviter leur dégradation.

Un nouveau produit pour l’accession

Le FSH proposera bientôt un produit permettant l’accession à la propriété qui lui sera propre. Il s’agit d’un dispositif de location/accession. Il sera assuré grâce à un financement sur fonds propres et non plus au travers des banques. Il consiste à permettre à des ayants droit d’accéder à la propriété d’un logement duquel ils étaient auparavant locataires.

M.D.

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