Une initiative politique forte

S’unir pour sauver la SLN, tel est l’objectif du comité de coordination de sauvetage mis en place par la province Sud, la ville de Nouméa et les membres du gouvernement en charge de la mine et de l’énergie. Un comité qui vient, comme promis, constituer le premier pilier de la politique minière voulue par L’Avenir en confiance.

Lors de la campagne des provinciales, le projet de L’Avenir en confiance avait tracé la route de la politique minière qui pouvait être mise en place : une politique minière « refondée et durable. »
C’était donc évident qu’une fois les membres du nouveau gouvernement installés, les représentants des institutions de la liste loyaliste et Sonia Lagarde, maire de Nouméa, n’aient pas attendu pour s’associer et créer un comité de coordination de sauvetage de la SLN.
Un signal politique fort a donc été lancé par les autorités à Paris et aux actionnaires de la société quelques jours avant le conseil d’administration d’Eramet.

Tous ensemble

L’objectif est de regrouper les principaux acteurs concernés pour établir des actions communes comme l’État, mais aussi Enercal, principal intéressé pour tenter de trouver avec les autorités une solution au coût de l’énergie qui est le troisième pilier du plan de sauvetage de la société.

Pour Sonia Backes, il était important de « montrer, d’une part, que toutes les institutions concernées par le dossier SLN se réunissent et disent qu’une faillite de la SLN, c’est la faillite de la Nouvelle-Calédonie et que tout sera mis en œuvre pour l’éviter. Et d’autre part, que l’on se coordonne pour essayer d’être le plus réactif et le plus efficace possible en particulier sur le sujet de l’énergie. » Car si le risque de fermeture de la SLN est une possibilité bien réelle, « pour nous, ce n’est pas une option », a lancé Christopher Gyges. Le maire de Nouméa, Sonia Lagarde, ajoutant : « J’ai toujours été sensible à la situation de la SLN, car c’est la SLN qui a fait Nouméa, c’est la vielle dame dans la ville. Sa fermeture serait une catastrophe économique pour la ville et le pays ».

Sauver l’outil actuel

D’un plan de vue plus politique, la création de ce comité de coordination de sauvetage de la SLN est un message fort pour Paris à l’aube de la tenue du prochain Comité des signataires où le dossier sera un élément phare de l’ordre du jour avec la tenue du prochain référendum et la problématique santé. Mais c’est aussi un message fort de l’alliance loyaliste vis-à-vis de Paul Néaoutyine et de l’UNI qui, intérêts obligent, préfèrent privilégier la mine du Nord. Le président de la province Nord avait déposé un recours en juin contre l’arrêté du gouvernement autorisant la SLN à exporter 4 millions de tonnes humides de minerai par an au Japon et à la Chine.

Ce comité est également la première action forte conséquente de la politique minière voulue par L’Avenir en confiance et présentée lors des provinciales. Le mouvement l’avait clairement mis en avant dans la présentation de sa politique minière. Christopher Gyges l’avait indiqué lors des provinciales en soulignant qu’il « faut sauver la SLN et tourner le dos à la doctrine nickel portée par les indépendantistes et leurs alliés qui crée des emplois en Corée et ne rapporte pas les bénéfices attendus en Nouvelle-Calédonie. Nous porterons une politique minière pragmatique et durable dans l’intérêt général des Calédoniens ».

Refondée et durable

L’Avenir en confiance avait donc promis sans sa campagne d’engager un plan d’action pour sauver la SLN et les milliers d’emplois en autorisant pour une longue durée des exportations de minerai, de baisser le coût de l’énergie et en améliorant la compétitivité de l’entreprise. Avec la création de ce comité de coordination, L’Avenir en confiance tient donc sa promesse et pose les premiers jalons de sa politique minière. Une politique qui a pour « objectif futur de construire un modèle qui pro te aux Calédoniens et qui ne met pas en danger les finances publiques », indiquait L’Avenir en confiance. Pour rappel, le mouvement loyaliste veut aussi privilégier les usines de production locale et ne plus délocaliser l’activité métallurgique, réformer la gouvernance du secteur nickel afin d’éviter les conflits d’intérêts, transformer les ressources périssables en ressources durables en créant un fonds de générations futures alimenté par une redevance d’extraction ou encore réviser les dispositions relatives aux exportations pour assurer au territoire les plus hauts revenus possibles. Autant d’engagements qui seront au planning des institutions et vont s’échelonner dans le temps si tous les acteurs du secteur minier jouent le jeu…


LES PARLEMENTAIRES CALÉDONIENS SUR LA QUESTION SLN

Les parlementaires calédoniens, les députés Philippe Dunoyer et Philippe Gomès, et le sénateur Gérard Poadja, ont été reçus mardi à l’hôtel Matignon par Édouard Philippe. Au cours de cet entretien, ils ont fait le point sur la situation et rappelé au Premier ministre que dans le cadre de la poursuite des activités de la société, « les partenaires calédoniens ont pris leur part en autorisant à la SLN, pour la première fois dans l’histoire, quatre fois plus d’exportations de minerai brut qu’elle n’en bénéficiait jusqu’alors et en initiant un projet de centrale électrique au gaz à l’horizon 2023, financée pour partie par une taxe sur le gasoil, que la société Eramet avait été incapable de concrétiser au cours de la décennie écoulée ». Ils ont indiqué que « les salariés et les sous-traitant ont également consenti les efforts nécessaires d’une part au travers d’une réduction drastique des effectifs, d’autre part par une diminution significative des dépenses de sous-traitance et en n, par la mise en place d’une nouvelle organisation du travail sur mine et en usine. »

Selon les parlementaires, douze à dix- huit mois seront nécessaires pour que ces mesures produisent leur plein e et en matière de compétitivité (- 20% sur le cash cost). Dans l’hypothèse où il serait nécessaire d’apporter des financements à la SLN dans l’intervalle, « Eramet devra assumer sa responsabilité d’actionnaire ».

C.S

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