Une entreprise victime du racket d’un syndicat ?

Depuis le mois de mars la société Tupocal à Ducos est bloquée par le Soenc commerce. La direction parle d’affaire personnelle, de prise d’otage pendant que le syndicat reste muet et que les forces de l’ordre semble être aux abonnés absents. Les dessous d’une situation incroyable.

 

Cela fait plus de sept mois que la société Tupocal, unique entreprise spécialisée dans la réparation d’échappement du territoire subit les actions du Soenc commerce. On ne peut pas parler de blocage proprement dit car les salariés peuvent pénétrer et sortir de leur entreprise, les militants de la centrale s’efforçant d’interdire le passage à la clientèle. Le chef d’atelier de Tupocal, Richard Chevalier, qui se fait le porte-parole des mécanos de l’entreprise, est excédé : « Le Soenc empêche les clients de passer. On veut travailler car on a peur pour nos salaires, pour la pérennité de notre société. On est victime d’une affaire personnelle d’autant qu’ici personne n’est syndiqué ! » Pour les militants du Soenc commerce présents devant le portail de Tupocal, « notre objectif est de faire savoir aux gens ce qui se passe dans cette entreprise, comment agit le patron avec ses salariés ». Une « base militante » qui ne « semble pas au courant des véritables dessous de cette affaire et qui répond uniquement à des ordres d’au-dessus » selon le gérant de Tony Hornabrook, qui parle même de « racket ».

Des stocks importants

Pour mieux comprendre les motivations de chacun, il faut se pencher sur l’origine du mouvement : le licenciement d’un salarié il y a quelques mois. Cet homme, dans l’entreprise depuis plus de trente ans et affichant déjà plusieurs rappels à l’ordre, avait été mis à la porte pour faute grave. Un salarié qui « avait reconnu les faits et qui était parti avec une partie de son solde de tout compte, soit un million de francs », selon la direction de l’entreprise. Quelques semaines plus tard, le Soenc commerce installait pourtant un piquet de grève avançant que cette décision était « injuste » alors que le licenciement avait « été fait dans les règles et sous contrôle de l’inspection du travail », selon la direction.

Alors pourquoi bloquer l’entreprise ? Pour Tony Hornabrook, la situation est limpide : « Le salarié licencié n’est ni plus ni moins le neveu de Trevor Underwood, le secrétaire général du Soenc commerce. Ce dernier profite de son statut et de son syndicat pour régler une affaire familiale. Le Soenc nous a tout de même dit, « c’est trois millions de francs CFP ou on bloque l’entreprise ! » Quand on sait qu’ils font tout pour récolter de l’argent (voir encadré). » Contacté sur ce point important, le syndicat n’a toujours pas répondu à notre demande, avançant au passage que Trevor Underwood avait changé de numéro de téléphone…

Que font la justice et l’état ?

Depuis mars, la partie s’est également jouée devant les tribunaux. Le tribunal de première instance a donné son avis allant dans le sens de Tupocal et ordonnant la libération de l’entreprise et son accès. Le Soenc a fait appel de cette décision, mais plusieurs ordonnances d’expulsion ont été notifiées moyennant une amende de 50 000 francs par jour d’occupation illégale. La police est intervenue plusieurs fois, dans le calme, mais les militants du Soenc ont inlassablement remis leur piquet de grève aux abords de l’accès de Tupocal, empêchant les clients de passer. Le gérant de l’entreprise a également été victime de menaces et de violences de la part de l’ancien salarié licencié alors qu’il sortait de son entreprise, sur ce point l’affaire sera jugée prochainement. Pour Tony Hornabrook : « Je ne sais pas si je pourrais longtemps payer mes salariés. Ce que je souhaite, c’est que la population et les entreprises soient au courant de cette situation déplorable et incroyable. Tupocal est pris en otage par un syndicat alors que nous n’avons aucun syndiqué dans l’entreprise. Nous ne sommes que sept employés. Il leur faut de l’argent, c’est du racket ! » Un gérant qui ne baissera pas les bras et ne cesse d’appeler les forces de l’ordre et le haut-commissariat pour que son entreprise soit libérée, comme l’a maintes fois notifié la justice. « J’ai encore appelé lundi à la suite d’une nouvelle ordonnance d’expulsion et la police m’a indiqué qu’elle n’avait pas d’ordre venant d’en haut en ce sens. La communication a été enregistrée par le 17. On passe des policiers au tribunal pour l’utilisation de gaz lacrymogène, mais on n’est pas capable d’enlever quelques bloqueurs à Tupocal ! Où va la Calédonie ? »

Le préjudice de l’entreprise Tupocal s’élèverait à ce jour à près de 11 millions de francs et l’activité est grandement comprise si l’accès n’est pas rapidement dégagé.

C.S

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Les ardoises de l’Usoenc

La branche BTP de l’Usoenc a été placée ce mois-ci en redressement judiciaire. Elle doit présenter un plan pour apurer une créance de 3,8 millions qu’elle doit encore à la société SEGC construction-location à la suite d’un blocage de l’entreprise en 2003. En décembre dernier, le Soenc commerce avait également été placé en redressement judiciaire. Le syndicat devait régler 10,5 millions à la suite du blocage, en 2007, de Presto Pizza

 

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