Une année marquée par la reprise des conflits

La Direction du travail et de l’emploi a publié son rapport des relations sociales pour l’année 2018. Un bilan qui montre une reprise de la conflictualité dans les entreprises privées ces deux dernières années.

Si l’époque des bâches bleues semble définitivement derrière les entreprises calédoniennes, la conflictualité dans les entreprises n’a pas disparu pour autant, loin s’en faut. Les grands blocages et les actions coups de poing avaient laissé place à davantage de dialogue et de concertation ces dernières années. Selon la Direction du travail et de l’emploi, une période d’accalmie a été enregistrée entre 2014 et 2016. En 2017, la situation s’est toutefois à nouveau dégradée et les chiffres que viennent de publier la DTE montrent que cette tendance se confirme.

Paradoxalement, la DTE souligne que le nombre de cahiers de revendications a diminué en 2018, précisant qu’il pourrait s’agir d’une baisse du dépôt des cahiers auprès de l’institution. Les chiffres du bilan font ressortir une conflictualité plus marquée dans la branche commerce pour laquelle on recense la moitié des cahiers de revendications déposés par les syndicats. On note au passage que les mouvements sont essentiellement portés par l’Usoenc, pour plus de 30 % des cahiers. Le syndicat est suivi par l’USTKE avec 17 % des cahiers de revendications, juste un peu au-dessus de la CSTC-FO et la CSTNC qui en porte chacun environ 16 %.

Plus de grèves, avec plus de travailleurs et plus longues

Parmi les revendications, on retrouve une nouvelle fois en tête celle des salaires, mais qui recule relativement devant l’essor d’autres exigences portant sur les relations collectives de travail et la classification des emplois. Ces revendications se retrouvent également au niveau des motifs des grèves qui ont émaillé l’année 2018. Les salaires et les primes arrivent largement en tête devant la durée du travail, les conditions de travail, l’emploi et la classification des emplois.

De manière générale, le nombre de mouvements de grève ayant entraîné au moins une journée d’arrêt de travail a progressé de 67 % (35 mouvements en 2018 contre 21 en 2017). Autre caractéristique, ils ont concerné un nombre plus important de grévistes que les années précédentes et pour un nombre de jours également plus importants, soit 198 jours au lieu de 163 en 2017. Au total, en 2018, 4 443,5 jours de travail ont été perdus par les grévistes, soit une augmentation de 19 % par rapport à 2017.

La conjoncture économique et les difficultés de reprise du dialogue social expliquent en partie cette situation, mais pas seulement. La DTE estime notamment que la conflictualité est également due à un certain malaise sur la question de l’emploi local. C’est sans compter sur le fait que le bilan couvre uniquement les conflits au sein des entreprises privées et alors même que la fonction publique n’est pas épargnée par les mouvements sociaux.

L’intégralité du document est à télécharger sur le site de la Direction du travail et de l’emploi à www. dtenc.gouv.nc

M.D.

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