Un nouveau projet pour la Nouvelle-Calédonie

Après des mois de travail, des réunions, des rencontres d’experts et spécialistes, du porte-à-porte, des échanges avec la population, L’avenir en confiance a présenté son projet de société pour les prochaines années. Pas moins de 179 mesures sont avancées dans un cahier de 56 pages.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que les loyalistes ont frappé fort en présentant, jeudi à la presse, un tel cahier. C’est le fruit de « l’écoute, du partage et des échanges pour construire un projet responsable, connecté à la réalité et qui correspond à une volonté forte de porter un progrès social au service de l’intérêt de tous », explique Sonia Backes, tête de liste de L’avenir en confiance en province Sud.

Il s’agit d’un « projet sérieux financé par trois moyens principaux : un plan d’économie réinvesti dans le pouvoir d’achat et la compétitivité, une relance de l’activité pour créer des emplois et dont tout surplus fiscal sera redistribué aux Calédoniens », précise Christopher Gyges, chef de campagne.

L’avenir institutionnel

Ce projet de gouvernance propose 179 mesures réparties en cinq thèmes : une société de confiance, une société moderne et innovante, une société qui protège, une société juste et solidaire et une société qui se construit.

Mais avant de présenter toutes les propositions, Sonia Backes a tenu à rappeler quelle était la position de la liste concernant l’avenir institutionnel de la Calédonie. « Nous considérons que nous devons absolument construire une Calédonie qui offre une liberté d’entreprendre, de circuler, de s’exprimer, de construire, d’innover, et ce, dans la France. Nous déclencherons donc le plus rapidement possible le second référendum pour réduire le délai d’incertitude économique et social qui pèse sur la Calédonie. Nous ouvrirons également notre citoyenneté à ceux qui ont fait de la Calédonie leur terre. Comment parler d’égalité lorsque des milliers de nos compatriotes qui vivent à nos côtés, parfois depuis plus de 25 ans, sont exclus du droit de vote ? » Et d’ajouter : « La prochaine mandature devra être celle d’un nouveau statut, c’est un nouveau livre qui s’ouvrira après celui de l’Accord de Nouméa. Le temps est venu de placer tous les Calédoniens, quelles que soient leurs origines et leurs croyances, qu’ils soient Calédoniens de cœur ou de naissance, sur un pied d’égalité. »

Sonia Backes a poursuivi sa prise de parole en affirmant qu’il fallait inscrire « durablement » la Nouvelle-Calédonie dans la France en n’acceptant « aucune forme d’indépendance, totale ou avec partenariat. Nous nous engagerons à le faire inscrire dans la Constitution ». La cheffe de le de la liste loyaliste en province Sud a enfin indiqué qu’il fallait aussi « stopper les transferts de compétences de complaisance comme l’article 27, revoir la question du rééquilibrage des provinces et la clé de répartition, maintenir la séparation des pouvoirs pour empêcher la justice ou la police d’être « calédonisée » et mettre fin à la dérive dictatoriale du pouvoir en place par un mode de gouvernance concerté et à l’écoute des citoyens. »

Les mesures regroupées en cinq thèmes

Une société en confiance

Tout d’abord, L’avenir en confiance propose de mettre en place un nouveau contrat social calédonien « gagnant-gagnant ». Un projet déjà avancé il y a 15 jours qui se base sur la baisse des charges sociales en contrepartie d’une hausse des salaires et la création d’emplois afin d’accroître le pouvoir d’achat, donc la consommation. Cela passe aussi par une exonération de cotisations sociales des heures supplémentaires, l’augmentation du SMG et le reversement d’une TGC revue pour financer la hausse des salaires. Autre mesure de ce contrat social : encourager les créateurs d’emplois en affectant 50 % des efforts de maîtrise des dépenses publiques à l’amélioration de la compétitivité par une baisse des charges sociales.

L’avenir en confiance veut aussi baisser le prix des produits en réduisant les droits de douane avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande, engager un plan de lutte contre la pauvreté, rétablir la confiance avec les partenaires sociaux en organisant des états généraux du dialogue, faire de l’alternance et l’apprentissage un axe prioritaire d’insertion et enfin, mener un effort inédit de formation des salariés et demandeurs d’emploi.

Toujours sur ce thème de la confiance, le projet propose de retrouver les libertés et de simplifier la vie des Calédoniens avec des mesures qui leur permettront de voyager à moindre coût, revoir les interdictions d’importation (mesures Stop) et réformer les protections de marché en suivant les préconisations de l’Autorité de la concurrence, baisser les tarifs des télécommunications et surtout simplifier la TGC en réduisant ses taux. Une nouvelle définition sera effectuée avec les partenaires sociaux.

L’avenir en confiance veut libérer l’esprit d’entreprendre et compte engager un vaste plan de relance de l’économie dès le début de sa mandature afin de redynamiser l’emploi privé, notamment le secteur du BTP. L’objectif est de créer a minima 1 000 emplois privés en deux ans. La liste veut aussi garantir une visibilité aux entrepreneurs ainsi qu’une stabilité réglementaire et fiscale avec une loi de programmation. Autres mesures : baisser le coût du travail et simplifier le Code du travail pour embaucher plus, mettre en œuvre un plan de développement et de soutien pour les petits commerces et les artisans, replacer l’entreprise au cœur du développement ou développer de nouveaux moyens de financement pour les PME.

Une démocratie rénovée, transparente et exemplaire qui met les Calédoniens au centre du dispositif sont les deux dernières volontés du premier thème de la liste loyaliste. Cela passe par moraliser la vie publique en interdisant les emplois familiaux dans les cabinets politiques, interdire tout mandat public, sanctionner l’absentéisme des élus ou encore permettre au gouvernement et aux provinces de consulter les Calédoniens sur des sujets qui concernent leurs compétences. C’est également d’ouvrir la citoyenneté à tous ceux qui sont sur le territoire depuis un certain nombre d’années et n’ont pas le droit de vote, permettre à tous les jeunes de pouvoir financer et accéder à la formation de leur choix ou encore transformer l’heure d’enseignement de la culture kanak en une heure de découverte des cultures de toutes les communautés.

Une société moderne innovante et durable

Ce thème se décline en quatre sous-parties et traite des atouts de la Calédonie qui sont à protéger et valoriser, d’une nouvelle économie verte, bleue et connectée, de la politique touristique et la politique minière.

L’avenir en confiance propose de multiples mesures qui visent en premier lieu à développer une stratégie globale autour d’une politique environnementale concertée, qui vise aussi à valoriser notre biodiversité, baisser notre consommation et nos dépenses énergétiques et gérer les déchets que nous produisons. L’avenir veut mettre un plan « eau » spécifique et inscrire la Calédonie dans une dynamique régionale. Une quinzaine de mesures concrètes répondant à ces volontés sont répertoriées.

Concernant l’économie verte, bleue et connectée, la liste propose de créer des zones franches pour l’installation de nouvelles entreprises dans ce domaine, de faire du très haut débit une priorité, de faire de la Calédonie un exemple de développement des énergies renouvelables, de développer l’économie de mer à travers un nouveau programme, de lancer un plan « investissement avenir » ou de favoriser la compétitivité et l’installation d’une école des métiers numériques.

Sur la politique touristique, il faut, selon L’avenir en confiance, créer une image spécifique de la Nouvelle-Calédonie et réformer le modèle économique touristique en passant par l’investissement privé, un accompagnement social et fiscal et une amélioration des revenus. Il faut aussi réformer la stratégie du transport aérien et maritime pour favoriser le développement, coordonner la gouvernance du secteur, sensibiliser les populations aux avantages du tourisme, accompagner, structurer la politique de gestion des croisiéristes et favoriser le tourisme en Brousse à travers un programme de diversification de l’économie.

Concernant la politique minière, L’avenir en confiance propose, comme déjà annoncé, actualité oblige, d’engager un plan d’action pour sauver la SLN et les emplois qui en dépendent en autorisant pour une longue durée des exportations de minerai, baisser le coût de l’énergie et améliorer la compétitivité de l’entreprise.

Autre proposition : construire un modèle qui profite aux Calédoniens sans mettre en danger les finances publiques comme limiter les prises de participation majoritaires par les collectivités dans les usines. L’avenir en confiance propose aussi de privilégier les usines de production locale et ne plus délocaliser l’activité métallurgique, de réviser les dispositions relatives aux exportations et améliorer les dispositions permettant aux communes minières de profiter des retombées de cette activité.

Une société qui protège

Ce thème, important aux yeux des Calédoniens, comprend trois sous-parties : la protection, le système de santé et des retraites, le handicap. Concernant la protection des Calédoniens, un plan de lutte contre l’insécurité, dévoilé la semaine dernière par Philippe Blaise, propose d’améliorer la réactivité d’intervention des forces de l’ordre en renforçant les aides de la province Sud aux communes, de changer radicalement la politique en matière de lutte contre l’insécurité, en engageant un plan anti-cambriolage, de soutenir le dispositif «Voisins vigilants» et d’engager un vaste plan de lutte contre la délinquance en s’inspirant du modèle islandais. Il est aussi question de réglementer la vente d’alcool en créant, par exemple, des espaces dédiés, d’ouvrir un centre éducatif surveillé ou encore de suspendre les allocations familiales des parents de mineurs délinquants.

Concernant le système de santé, la priorité est d’engager, dès le début de la mandature, de vraies discussions avec les partenaires sociaux et les professionnels sur sa pérennisation et la protection sociale. L’avenir en confiance propose aussi de créer une carte numérique de santé où figureront toutes les informations du patient a n de réaliser d’importantes économies, d’instaurer la gratuité des frais dentaires et d’optique d’ici 2021 en sollicitant notamment un accompagnement plus important des mutuelles, lutter de manière plus active contre tous les abus en lançant des audits des dépenses de santé, en révolutionnant la prévention, mais encore en préservant le système de remboursement des soins effectués en Métropole et engager un plan de lutte contre la consommation abusive de sucre et de sel.

Pour les seniors, L’avenir en confiance veut augmenter les retraites en les revalorisant tous les cinq ans, lancer un plan « dépendance » et favoriser la politique du bien vieillir, poursuivre l’opération carte seniors, améliorer l’accompagnent des familles et permettre la déduction du revenu imposable des dépenses contraintes liées à l’hébergement en maisons de retraite.

Pour le secteur du handicap, L’avenir propose d’améliorer les diagnostics au cours de la scolarité et de mieux accompagner les enfants en situation de handicap. Il s’agira de poursuivre l’action en matière d’insertion professionnelle des personnes en situation de handicap, de réformer la gouvernance de ce secteur en créant un guichet unique qui regroupe l’ensemble des instances dans une agence du handicap.

La liste veut également dans son action auprès des « plus fragiles » soutenir les associations du secteur social en créant une maison des associations et en exonérant de charges sociales les personnels des structures d’intérêt général et donner aussi la visibilité aux associations en votant des subventions sur plusieurs années.

Une société juste et solidaire

Ce chapitre s’oriente en quatre principes : agir pour une école de la réussite et du mérite, donner des opportunités à notre jeunesse, valoriser la famille, faire du sport et de la culture des moteurs d’insertion et de cohésion sociale.

Concernant l’école, les propositions sont multiples comme recentrer l’enseignement sur l’acquisition des fondamentaux (lire, écrire, compter), mettre n au collège unique en permettant l’orientation des jeunes à l’issue de la 5e vers une voie pré-professionnelle, développer les internats d’excellence, lutter contre l’absentéisme et la déscolarisation…

À cela s’ajoutent des propositions sur l’école citoyenne avec des parcours bilingues dès le primaire. Il s’agit aussi de lutter contre la violence à l’école et les incivilités, favoriser le partenariat école-entreprise et associations et améliorer l’accueil des élèves en situation de handicap ou particuliers. Le tout, dans de meilleures conditions de travail avec l’adoption d’un rythme scolaire adapté aux besoins psychologiques des enfants, le financement de climatiseurs pour les écoles équipées de panneaux photovoltaïques et enfin, en valorisant le métier d’enseignant en leur donnant plus de liberté et d’autonomie.

Pour la jeunesse, L’avenir en confiance souhaite qu’elle s’ouvre plus au monde et veut financer un billet d’avion par an pour des élèves qui font des études en Métropole ou à l’étranger. Autres propositions : créer un pass sport/culture pour les jeunes de la province Sud, des classes pilotes environnementales, favoriser l’emploi des jeunes en allégeant les charges sociales en contrepartie d’une embauche, favoriser le retour en Calédonie des étudiants, permettre aux jeunes des classes moyennes de bénéficier de bourses pour l’enseignement, baisser le coût du permis de conduire, faciliter l’accès au logement, créer un fonds pour la jeunesse, instaurer la gratuité dans les transports pour les moins de 25 ans et créer un guichet unique jeunesse pour faciliter leurs démarches.

Pour la famille, les propositions concernent le soutien et les mêmes droits pour tous avec la mise en place d’une aide pour les frais de garde, une réduction d’impôts sur le revenu pour les dépenses liées aux centres d’activités pendant les vacances, revenir sur le plafonnement du quotient familial, renforcer la solidarité intergénérationnelle en réduisant les frais de succession, développer les modes de garde adapté et indemniser un congé pour l’adoption. Une des priorités sera de faire de la lutte contre la violence et le harcèlement faits aux femmes une grande cause territoriale, avec un renforcement des sanctions et une protection plus importante des victimes. Un renforcement et un soutien accru des dispositifs d’accueil pour les victimes sont également voulus.

La liste précise que l’on ne fera pas la Calédonie de demain sans réserver une place importance à la culture et au sport et compte soutenir les associations du secteur en améliorant le dispositif du mécénat, en votant des subventions sur plusieurs années et baissant les charges sociales. La liste veut augmenter les heures de sport à l’école, améliorer la gouvernance du secteur sportif, mieux associer les acteurs et établir un cadre réglementaire facilitateur. Mieux valoriser le travail des bénévoles. Enfin, rembourser la pratique sportive en cas de prescription médicale. La culture sera une des priorités de la mandature. L’avenir soutiendra financièrement des projets au sein des établissements scolaires, favorisera le secteur de l’artisanat d’art et accompagnera le développement de médiathèques.

Une société qui se construit

C’est le dernier volet du projet de société des loyalistes. Un projet, il faut bien l’avouer, qui va au-delà des provinciales et s’installe dans la durée. Cet axe comprend trois priorités : faciliter l’accès au logement et au transport, mener une vraie politique pour la Brousse et le Grand Sud et construire une société solidaire et responsable. Plus d’une trentaine de mesures sont ainsi énumérées allant de la création d’un parcours d’accession à la propriété, la baisse des droits d’enregistrement et des droits de succession, à une politique de construction de logements sociaux adaptés aux modes de vie océaniens ou encore un plan de résorption des squats. L’avenir en confiance propose aussi de fluidifier la circulation en améliorant le réseau routier, d’instaurer une politique zéro tolérance pour les délinquants de la route et favoriser le développement de transports propres et innovants.

Concernant la Brousse et le Grand Sud, il faut mettre un terme à la revendication foncière des terres privées, instaurer une véritable politique agricole en développant, par exemple, la contractualisation directe entre producteurs et revendeurs et en lançant une véritable politique de l’exportation, en simplifiant les dispositifs d’accès ou de transmission des terres et en adaptant le statut du foncier coutumier au développement et à la valorisation agricole avec des garanties. Il faut aussi favoriser les regroupements de petits producteurs, instaurer une politique de gestion de la ressource eau à usage agricole et développer une filière de biocarburant. A cela s’ajoute la rénovation des centres des communes, améliorer l’accès au numérique des populations, accompagner la diversification économique et améliorer l’offre de logements en brousse.

Construire une société responsable est le dernier chapitre évoqué. Il traite de propositions en matière d’alimentation et de lutte contre la maltraitance animale. Pour L’avenir en confiance il faut donner la possibilité aux Calédoniens de trouver toute l’année des fruits et légumes à des prix abordables, réglementer la lutte contre le gaspillage alimentaire, favoriser l’utilisation de produits locaux dans la restauration collective, favoriser les ateliers de jardinage et de cuisine dans les écoles, renforcer la création et l’utilisation de labels bio et responsables ou encore baisser les prix de l’alimentation bio et responsable en développant la production locale.

Enfin, sur la maltraitance animale, sujet brûlant ces derniers temps, L’avenir en confiance veut engager sur quatre ans une campagne de stérilisation d’ampleur qui permettra de lutter contre la surpopulation animale et les nuisances liées aux chiens errants, faire appliquer la loi et renfoncer les sanctions contre la maltraitance animale, développer le soutien aux associations du secteur, baisser la TGC de 22 à 11 % sur les produits d’alimentation animale, redéfinir les missions de la fourrière intercommunale et mettre un terme au trafic du commerce animal.

Le projet avec ses 179 propositions de L’avenir en confiance pour les provinciales 2019 sera distribué lors des porte-à-porte, dans les boîtes postales et mis en ligne sur www.avenirencon ance.nc

C.S


Les 12 mesures prioritaires

  • Créer un contrat social«gagnant-gagnant » pour augmenter les salaires et/ou créer des emplois grâce à une baisse des charges sociales.
  • Engager un plan de relance de l’économie et mettre en place des actions pour sauver les emplois de la SLN.
  • Permettre aux Calédoniens de voyager à moindre coût.
  • Revoir les interdictions d’importation (mesures Stop) et reformer les protections de marché en suivant les préconisations de l’Autorité de la concurrence.
  • Moraliser la vie publique calédonienne et mieux y associer les Calédoniens.
  • Développer une stratégie globale autour d’une politique environnementale calédonienne concertée (PEC2).
  • Faire de la Nouvelle-Calédonie un exemple dans le Pacifique en matière de développement des énergies renouvelables.
  • Créer des espaces dédiés de vente d’alcool (« bottle-shops »).
  • Améliorer la rapidité d’intervention des forces de l’ordre en renforçant notamment les aides de la province Sud aux communes, et engager un plan anti- cambriolage.
  • Permettre aux jeunes Calédoniens de s’ouvrir sur le monde en finançant un billet d’avion par an pour des études en Métropole ou à l’étranger.
  • Protéger les terres en mettant fin à la revendication foncière sur les terres privées.
  • Faire appliquer la loi et renforcer les sanctions en matière de maltraitance animale.

C.S

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