Un modèle économique pour tourner rond

L’économie circulaire se trouve petit à petit une place. Cette démarche vise à éviter au maximum le gaspillage, optimiser l’utilisation des facteurs de production et limiter les impacts environnementaux. La CCI, en partenariat avec l’Ademe et les collectivités, organisait les premières rencontres de l’économie circulaire,  jeudi 29 octobre. L’occasion de présenter des initiatives concrètes des entreprises calédoniennes et les dispositifs d’aide des différentes structures et collectivités. 

Réduire à tout prix. C’est le leitmotiv de la COP21 qui se déroulera d’ici un petit mois à Paris. Si l’on en parle relativement peu, particulièrement en Calédonie, l’économie circulaire s’inscrit parfaitement dans le cadre de la conférence des parties des Nations unies. En quelques mots, l’économie circulaire consiste à éviter au maximum le gaspillage et donc à utiliser au mieux les facteurs de production, à commencer par les matières premières utilisées dans la fabrication des produits.

« Il y a beaucoup de réflexion sur cette question au niveau européen, explique Mathieu Ladiesse, conseiller développement durable à la CCI. C’est un modèle particulièrement pertinent sur une île.»  C’est la participation de représentants de l’Ademe (Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie) et de la CCI aux deuxièmes Assises de l’économie circulaire, au mois de juin, à Paris. La volonté des organisateurs est de vulgariser ce modèle qui peut paraître un peu pompeux et dont certains concepts existent pourtant depuis assez longtemps.

Développer les synergies entre les entreprises

L’avantage de l’économie circulaire est qu’elle n’est pas encore été galvaudée comme peut l’être le développement durable qui, à force d’être utilisé à tort et à travers, a peut-être perdu un peu de son sens. Aussi méconnu soit-il en Calédonie, certaines initiatives d’entreprises calédoniennes s’inscrivent dans le cadre de ce modèle. Une bonne moitié des rencontres étaient d’ailleurs dédiées à ces différentes actions telles que la filière santal dans les îles Loyauté qui exploitent le bois pour l’industrie du parfum et projette de valoriser énergiquement les déchets au travers de la biomasse.

L’économie circulaire ne se résume toutefois pas seulement à limiter la production de déchets ou leur réutilisation. Ce modèle peut également passer par une certaine forme de coopération entre les entreprises. Cela peut, par exemple, prendre la forme d’achats groupés, de mutualiser certaines compétences ou encore le transport. Autre pratique s’inscrivant dans l’économie circulaire : l’intégration horizontale d’entreprises (sans prises de participations financières). L’idée est, par exemple, de rapprocher deux entreprises dont les déchets sont les matières premières de l’autre.

Se remettre en question

En somme, il s’agit d’un changement de paradigme consistant à réfléchir au process et à l’ensemble des externalités en amont afin de le rendre le plus efficace possible, ce qui n’est pas sans rappeler les grands principes de la permaculture. Mais cette façon de faire ne fait pas vraiment partie de la culture des entreprises calédoniennes, longtemps habituées à utiliser les facteurs de production – travail et investissement – de manière intensive. Au-delà de l’argument « écolo », il existe un véritable intérêt économique dans le sens où cette démarche vise à gagner en compétitivité. Une nécessité dans le contexte économique actuel. Si le changement est en marche, il sera toutefois long et nécessitera une remise en question réelle et en profondeur des acteurs économiques et pas seulement privés.

Le rôle des pouvoirs publics est primordial pour plusieurs raisons. Le poids de la commande publique et la définition de critères sont tout particulièrement importants. Pour le moment, ces commandes n’intègrent que peu, voire pas du tout le critère environnemental ou l’efficience économique. C’est le cas de certains matériaux recyclés et utilisés, par exemple, pour la construction des routes. Si le discours des collectivités fait déjà la part belle au développement durable et à la promotion de la compétitivité des entreprises, il conviendra maintenant de passer à la vitesse supérieure.

Texte et photos M.D. 

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Déchets pour les uns, matières premières pour les autres

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S’il y a un dossier sur lequel les collectivités ont avancé, c’est celui des déchets, en particulier la province Sud qui, avec le lancement des filières de tri ,ont permis à des filières entières de s’organiser autour des pneus, des batteries ou encore des déchets des équipements électriques et électroniques. L’année prochaine, la province Sud devrait s’attaquer à une nouvelle famille de déchets : les emballages.

Pour le privé, les grappes d’entreprises ou clusters permettent d’envisager les choses sous un jour nouveau. Ces structures ont beau mettre à la même table des concurrents, elles sont aussi l’occasion de saisir des opportunités. En connaissant mieux les process des autres entreprises, il est possible de développer des synergies et notamment celle de la récupération des déchets pour les valoriser. C’est en particulier le cas pour la grappe d’entreprise Cap Agro dont l’objectif est de rapprocher la production locale de l’industrie agroalimentaire.

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