Un gouvernement et un président ?

Ce jeudi, les nouveaux élus du Congrès vont désigner les onze membres qui constitueront le seizième gouvernement de la Nouvelle-Calédonie. Quatre listes ont été déposées par L’Avenir en confiance, Calédonie ensemble, l’Uni et l’UC-FLNKS et Nationalistes.

Il n’a pas été possible de former une liste unique pour les groupes non indépendantistes (L’Avenir en confiance, Calédonie ensemble) avec pourtant un risque bien réel de voir les indépendantistes diriger le gouvernement pour la première fois depuis la mise en œuvre de l’Accord de Nouméa.

Mais après avoir porté les indépendantistes au Congrès, l’Éveil océanien s’est, pour le gouvernement, rapproché de L’Avenir en confiance au lendemain de la publication d’un « New Deal » libéral. Et Nicolas Metzdorf, non inscrit, a pour sa part fait savoir qu’il porterait sa voix sur cette liste d’entente pour éviter un basculement et respecter ainsi la volonté majoritairement exprimée par les Calédoniens dans les urnes.

Sur cette base, et à moins d’un revirement de situation, la liste pouvait viser cinq sièges dont une place pour Vaimu’a Muliava de l’Éveil océanien, les six sièges restants devant être attribués à l’UC (3), l’Uni (2) et Calédonie ensemble (1). On notera que Calédonie ensemble a proposé Philippe Germain pour ce poste, ce qui n’est pas sans étonner les Calédoniens qui avaient cru à ses adieux, le 12 avril dernier, et pensaient – visiblement à tort – que le camouflet des élections avait suffisamment illustré le mécontentement sur la politique menée par l’ex-président. Mais la politique a parfois ses raisons que la raison ne peut comprendre…

Si tout se passe comme annoncé, il faudra ensuite voir si l’exécutif ainsi constitué parviendra à se doter d’un président. Un nouveau blocage institutionnel serait des plus problématiques. Mais la situation ne serait pas inédite. En 2017, il avait fallu trois mois pour que Philippe Germain soit porté au pouvoir. À l’époque, il n’était pas parvenu à obtenir une majorité, la voix des Républicains calédoniens faisant défaut, jusqu’à ce que les indépendantistes, excédés par les querelles loyalistes, finissent par former une entente.

Philippe Germain avait alors obtenu cinq suffrages de la plateforme non indépendantiste et cinq voix indépendantistes. Seul Christopher Gyges, des Républicains calédoniens, avait voté blanc. Le groupe se plaignait d’avoir été exclu des discussions. Exactement les mêmes reproches formulés aujourd’hui par Calédonie ensemble et les mêmes rapports de force…

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