Un conflit qui va coûter cher

Le conflit des rouleurs aura de lourdes répercussions sur l’économie calédonienne. Avec la paralysie du territoire, les blocages ont engendré des pertes considérables et mis en péril la survie de certaines sociétés. Les organisations patronales appellent à un règlement rapide du conflit, et dans le calme, tout en demandant de l’aide à l’État et aux institutions.

 

Nouméa coupée de sa Calédonie, cela ne s’était encore jamais vu. Une situation exceptionnelle aux conséquences tout aussi exceptionnelles sur l’économie calédonienne. Selon les services de la Chambre de commerce et d’industrie, qui ont effectué une enquête auprès d’un échantillon de ses ressortissants, les entreprises ont enregistré des baisses de leurs chiffres d’affaires comprises entre 20 et 60 % et constaté un taux d’absentéisme de 30 à 80 %. Pour de nombreux commerces et entreprises, c’est la douche froide. Faute de pouvoir ouvrir, la perte de chiffre d’affaires est de 100 %.

Mais les commerçants ne sont pas les seuls à être frappés par cette crise. Ce sont tous les secteurs d’activité de l’économie calédonienne qui font les frais de ce conflit. La plupart des chantiers de construction ont dû s’arrêter faute de personnel et d’approvisionnement en matériaux. De la même manière, les services ont été durement touchés.

Pour la CGPME*, qui organisait une manifestation devant le haut-commissariat lundi midi, les entreprises ne peuvent demeurer seules face à cette situation. C’est d’ailleurs presque de manière simultanée que la confédération, la CCI, le Medef-NC et le syndicat des importateurs et distributeurs ont appelé le gouvernement et la Cafat à apporter leur soutien, en accordant notamment des facilités pour le versement des cotisations sociales.

Le fonds nickel pour les entreprises ?

En saisissant le haut-commissaire, les chefs d’entreprise souhaitaient également attirer son attention sur les problèmes qui pourraient se poser avec les banques. Vincent Bouvier leur a assuré qu’un comité de suivi du crédit rassemblant l’État et les banques serait organisé. Il permettrait d’étudier les dossiers au cas par cas en fonction des difficultés.

Pas à court d’idées, la CGPME a également réclamé la possibilité de recourir au fonds nickel. « Qui va payer ?, demandait Chérifa Linossier, la présidente de la confédération, après l’entrevue avec le haut-commissaire. Nous avons émis l’idée d’avoir recours au fonds nickel. Nous devons nous revoir la semaine prochaine pour voir si c’est réalisable ou pas. Ce qui est sûr, c’est que ce n’est pas aux entrepreneurs de payer ».

Reçu un peu plus tard par le haut-commissaire, le Medef-NC a toutefois des positions très différentes de la CGPME, notamment sur la question de l’utilisation du fonds nickel qui doit servir aux acteurs de la mine qui alimentent ce fonds. Eric Durand, le coprésident du Medef-NC, a par ailleurs expliqué avoir contacté la Fédération bancaire française, membre du mouvement, afin que les banques soient plutôt clémentes sur les problèmes que peuvent rencontrer les entreprises en évitant notamment de déclencher des procédures.

La délégation du Medef-NC a également proposé au haut-commissaire l’organisation d’une commission indépendante visant à faire tout l’éclairage sur cette crise plus politique que sociale. Une commission qui permettrait d’établir de manière dépassionnée et sur la base de chiffres indiscutables, les retombées des deux modèles qui s’affrontent (lire ci-dessous).

Pour certains chefs d’entreprise rassemblés devant le haut-commissariat, il est tout simplement question de survie. « Comment je vais faire pour payer les salaires, les fournisseurs ? », souffle la gérante d’un service de gamelles qui envisage l’avenir de manière plutôt négative. Dans un contexte particulièrement morose pour l’économie calédonienne, les patrons se seraient bien passés de ces blocages. « C’est une réalité économique, il n’y a pas que la mine et les entreprises demandent à être considérées de la même façon », lance Chérifa Linossier.

Les réunions devraient donc s’enchaîner avec les différents partenaires tels que le gouvernement ou encore les services fiscaux afin de voir quelles mesures pourraient être mises en œuvre et tenter, sans ramener du chiffre d’affaires, de rétablir un climat moins délétère pour l’activité économique.

*Confédération générale des petites et moyennes entreprises.

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