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Sur les épaules des géants

En visite sur le territoire quatre jours complets, le Premier ministre, qui ne représente pas un courant politique plébiscité en Calédonie, a séduit, rassuré les élus, convaincu par sa sincérité et ouvert des perspectives. Son style, « je me prête à tous les selfies, même quand je ne suis pas à mon avantage », a séduit les plus jeunes. L’humilité de son verbe posé sur la calligraphie d’un Michel Rocard a rassuré les élus, les plus chatouilleux de l’échiquier local. Les pistes ouvertes lors de son discours au Congrès et laissées open à la sagacité des Calédoniens ont convaincu les plus réticents. D’ordinaire pour réussir cet exercice, les Premiers ministres ne disent… rien. Lui a demandé au Congrès de fixer la date du référendum de 2018 et de proposer la rédaction d’une question forcément binaire (pour ou contre l’indépendance) dans les prochaines semaines. Message reçu cinq sur cinq par le président de l’hémicycle du boulevard Vauban, qui promet de s’atteler à la tâche aussitôt. Puis, surtout, Édouard Philippe a su retrouver en toutes circonstances, fortuites comme à Lifou ou protocolaires ailleurs, les accents du « parler juste » de Michel Rocard. Quand il a assuré, par exemple, les 54 élus du Congrès que le référendum n’était pas l’aboutissement d’un processus, mais le début d’une aventure à imaginer, puis à construire. Et pour l’affirmer, il s’est fort adroitement appuyé sur l’héritage des « anciens » : Rocard, Lafleur, Tjibaou, qui ont scellé 30 ans de paix. « Des géants ! », a-t-il dit. L’ex-maire du Havre nous renvoie à la formule de Darwin : « Nous sommes des nains. Mais des nains assis sur les épaules de géants ! » Comme quoi dans les ports de l’Atlantique ou du Pacifique, l’esprit s’ouvre plus vite !

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