Sonia Lagarde isolée par son propre parti

On ne fait pas les choses à moitié ces derniers temps à Calédonie ensemble. La volonté de contrôle de l’état-major s’étend progressivement à toutes les administrations et collectivités de la place. Jusqu’à la mairie de Nouméa où Sonia Lagarde, jugée sûrement trop indépendante, a été reniée par 21 élus de sa majorité maintenant constitués au sein d’un groupe Calédonie ensemble mené par Philippe Dunoyer. 

 

Il y a des conseils municipaux plus marquants que d’autres. Et c’est certain, celui de mardi soir restera dans les mémoires.

Tout juste 15 mois après l’élection municipale, après des semaines de rumeurs constantes de mésentente entre Sonia Lagarde et les élus les plus proches de Philippe Gomès et de l’appareil politique, 21 élus Calédonie ensemble de la majorité (dont six adjoints) ont annoncé la création d’un groupe mené par Philippe Dunoyer.

La liste de ces dissidents n’a pas été rendue publique mais on évoque les noms de Dominique Simonet (démissionnaire de son poste de 1er adjoint il y a quelques semaines), Kareen Cornaille, Paul Qaez, Nicolas Vignoles, Marie-Noëlle Lopez, Martine Lagneau ou encore Christophe Chevillon.

Calédonie ensemble :
on l’est ou on l’est pas  

Comme pour la démission de Dominique Simonet, les élus Calédonie ensemble ont fait mine de sauver les apparences. Philippe Dunoyer évoquant simplement aux médias « l’affirmation d’une identité » et la volonté de « dégager des marges de progrès pour optimiser le fonctionnement municipal ».

Mais les coups de semonce sont bien là. Il faut « affirmer une identité Calédonie ensemble ». C’est donc bien que Sonia Lagarde incarne autre chose.

L’intéressée, qui a évoqué un « épiphénomène », a néanmoins avoué qu’elle ne « comprenait pas bien » cette différenciation. Sonia Lagarde se revendique comme secrétaire générale adjointe du parti et se définit comme « un bon soldat » même si elle n’est « pas allée au comité directeur du parti », n’a pas assisté au discours de politique générale de Philippe Germain et s’est ouverte à la société civile à la mairie évitant, dit-elle, la politique politicienne.

Inquiétudes 

Mais les réactions publiques sont une chose. Il ne fait pas beaucoup de doute dans la « petite ville » qu’est Nouméa que la situation pourrissait depuis quelque temps et que la création de ce groupe résulte de fortes dissensions au conseil municipal et plus largement au sein de l’appareil politique. Sonia Lagarde dérange parce qu’elle fait front, et peut être aussi parce qu’elle n’a pas encore fait ses preuves pour son éléctorat. Et elle sera sanctionnée.

Car même si le nouveau groupe se revendique toujours de la majorité et souligne que les textes seront votés, on imagine bien qu’une réelle contestation va se mettre en place.

Et c’est justement ce qui inquiète le groupe d’opposition de l’Union pour la Calédonie dans la France qui compte 12 élus. « Au-delà des raisons qui sont à l’origine de cet éclatement, nous sommes véritablement inquiets pour l’avenir », indique Charles Eric, porte parole du groupe, qui évoque une « crise grave (…) Les Nouméens vont-ils voir les dossiers avancer ou assister à une bataille entre les partenaires d’hier ? » L’UCF appelle les élus à la raison…

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