SLN : le projet de la centrale C avance

La centrale au fuel lourd de Doniambo doit être changée. C’est une question de compétitivité pour la Société Le Nickel, mais surtout de santé publique. Le projet de loi du pays relatif à son financement revient tout juste du Conseil d’État sans observation. Il vise à réformer les taxes sur le carburant qui permettront de financer l’Agence calédonienne de l’énergie à hauteur de six milliards de francs.

Néobus, la centrale C… Après avoir été très peu taxé, le diesel est désormais la cible privilégiée de la fiscalité et pas uniquement en Nouvelle-Calédonie. A l’échelle mondiale, ce carburant est dans la ligne de mire du fait de son classement comme cancérigène certain. C’est d’ailleurs un comble qu’une taxe sur le diesel vienne financer un Néobus qui roulera… au diesel. Certains propriétaires de véhicules auront bien du mal à entendre l’argument sanitaire dans un contexte où les classes sociales les moins favorisées se sentent pressurisés et au bord de l’asphyxie. Ces dernières années, la tendance est toutefois plutôt à la réduction du parc de véhicules diesel.

EPLP opposé à du 100 % fossile

Pour limiter le mécontentement, le gouvernement espère pouvoir faire passer la mesure en mai, date à laquelle une baisse du prix du carburant est attendue, de façon à ce que la transition soit le plus indolore possible. Nicolas Metzdorf, le porte-parole du gouvernement, rappelle également qu’un travail a été engagé auprès des pétroliers pour réduire la facture et donc les prix des carburants. L’idée est de ne plus se baser sur les prix coût-assurance-fret facturés par les sociétés pétrolières à leurs maisons mères, mais de passer par un système d’appel d’offres. Une évolution qui a fonctionné à La Réunion, mais qui prendra du temps. Le gouvernement estime qu’elle pourrait être effective avant la fin de l’année.

Les automobilistes ne sont pas les seuls à être en colère. C’est également le cas d’EPLP, qui reproche au gouvernement de présenter un projet 100 % gaz, mais surtout 100 % fossile. La fédération d’associations réclame une centrale mixant les énergies fossiles et renouvelables et plus particulièrement le solaire. Selon EPLP, la technologie est suffisamment au point pour alimenter des industries comme aux Pays-Bas ou au Costa Rica. C’est ce qu’elle fait valoir dans un courrier adressé au président de la République, lui demandant de ne pas accorder la défiscalisation pour un projet reposant uniquement sur un combustible fossile.

Le porte-parole du gouvernement préfère balayer l’argument de la main, soulignant l’urgence à remplacer la centrale B « qui tue les habitants des quartiers nord ». Il insiste par ailleurs sur le fait que des études sont encore en cours afin de déterminer le dimensionnement le mieux adapté aux besoins (entre 200 et 220 MW), laissant la place nécessaire au développement des énergies renouvelables avec pour objectif une distribution publique assurée à 100 % par les énergies renouvelables d’ici 2030.

Et sur ce dossier, les choses pourraient aller un peu plus vite que prévu. Lundi, le gouvernement a approuvé deux nouvelles fermes solaires, une à Moindou, produisant à 14 francs du kilowatt, et l’autre, à Païta, capable de sortir un kilowatt à 9 francs. Ces deux projets étaient les deux derniers autorisés dans le cadre de la programmation pluriannuelle des investissements courant normalement jusqu’en 2020. Une nouvelle PPI devra donc être prochainement réécrite.

3,5 francs par litre en plus

Sur la question du financement de la centrale, c’est donc une réforme de l’augmentation de la taxe sur le diesel (celle sur l’essence ne change pas) qui permettra de financer l’Agence calédonienne de l’énergie qui représentera le plus gros des apports en fonds propres, six milliards sur les 11 prévus. La taxe supplémentaire de 3,5 francs par litre permettra d’apporter les 600 millions de francs par an nécessaires à couvrir la part de l’Agence.

Au registre des vieilles centrales, celle de Népoui n’a pas été oubliée. La mise en service de la centrale C aura des répercussions sur l’ensemble des autres outils de production et notamment la centrale au fuel de Népoui. Des discussions ont été engagées avec les représentants du personnel pour que la transition se fasse en douceur. Des aménagements sont, par exemple, envisagés pour en faire un outil de secours en cas de dysfonctionnement des autres outils.

M.D.

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