Rhéébu Nùù un peu rassuré par Vale NC

Des membres du collectif Rhéébu Nùù, accompagnés de représentants de l’USTKE ainsi que de l’association Action biosphère, ont manifesté, lundi 4 mars, devant l’usine du Sud. Ils souhaitaient montrer leur soutien aux victimes de la rupture du barrage de Vale au Brésil et obtenir des garanties pour le barrage de l’usine du Sud. Un dialogue serein a pu s’ouvrir entre les parties.

La situation au Brésil est une tragédie. Près de 300 morts. Un chiffre tout simplement désarmant, sans parler de la catastrophe écologique. Des ingénieurs ont été placés en détention et c’est maintenant le PDG, Fabio Schvartsman, qui quitte temporairement son poste après que le parquet la police fédérale du Brésil ait recommandé son limogeage ainsi que celui de trois autres dirigeants de la compagnie. Cette catastrophe est assurément loin d’avoir produit tous ses effets. Comme cela a déjà été dit, les responsables de Vale NC sont pour le moment plutôt sereins, les investissements sur le territoire ayant été confirmés après la catastrophe.

Solidarité avec les peuples autochtones du Brésil

Lundi matin, le comité Rhéébu Nùù, qui n’avait pas manifesté depuis neuf ans, est sorti de son silence devant l’usine du Sud. L’idée du comité était de montrer le soutien de la population calédonienne aux victimes brésiliennes. Rhéébu Nùù a reçu le soutien de membres de l’USTKE ainsi que de représentants de l’association de protection de l’environnement Action biosphère. La marche était également l’occasion de solliciter une rencontre avec la direction de Vale NC afin d’obtenir des garanties quant au barrage qui retient les résidus de l’exploitation calédonienne. Un barrage qui reprend le principe des barrages brésiliens, mais dont le suivi respecte totalement les normes françaises.

Le comité a ainsi obtenu plusieurs engagements de l’industriel. Antonin Beurrier, le PDG de Vale NC, a ainsi assuré qu’il prendrait en charge les contre-expertises que le comité les demandait. Un comité d’information, de concertation et de surveillance devrait par ailleurs être prochainement organisé pour que les membres puissent prendre connaissance des installations actuelles et du projet Lucy qui vise précisément à déclasser le barrage en stockant dorénavant les résidus sous forme solide et non plus liquide.

Renforcer les relations et professionnaliser la gestion des projets

Si la rencontre de lundi a été l’occasion d’aborder le pacte de développement durable signé il y a maintenant dix ans, le dossier est dans les esprits. C’est d’ailleurs une des missions que s’est fixées Antonin Beurrier que de restructurer le département du développement durable au sein de l’entreprise. Le PDG souhaite qu’il y ait un nouveau souffle dans ce domaine et que de nouvelles ambitions soient portées. « Il y a des choses très bien qui sont faites dans le cadre du pacte mais je pense que nous avons besoin de professionnaliser tout ça. Cela représente beaucoup d’argent et nous avons un devoir d’exemplarité. Nous devons être transparents et innovants, précise Antonin Beurrier. L’usine ne doit pas être vue comme un corps étranger. Elle doit s’insérer dans la vie des populations et nous devons construire ensemble. »

Autrement dit, les relations entre l’industriel et les populations locales sont en train d’être redéfinies. Une remise à plat qui passe par des renégociations au sein d’un comité de suivi. Chaque année, le pacte représente environ 200 millions de francs d’investissement dans des projets locaux, qu’il s’agisse de financement d’études supérieurs ou de projets environnementaux. Rhéébu Nùù estime aussi avoir à y gagner à remettre à plat les relations avec Vale. « À quoi ça sert d’avoir trop d’argent ? interroge Raphaël Mapou, l’un des leaders du comité.Utilisons au mieux les moyens qui sont là. C’est tout l’enjeu des dernières années. Si nous y parvenons, nous pourrons développer des programmes plus importants. Sur la revégétalisation, par exemple, on pourrait passer de 40 hectares par an à 150 à 200 hectares. Tout cela doit être discuté ».

M.D.

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