Réchauffement climatique, une urgence à préparer

L’Ademe a présenté, le 28 septembre, les conclusions du rapport d’une stagiaire sur l’intégration des adaptations au changement climatique des politiques publiques. Si la prise de conscience fait son chemin, il reste encore pas mal de travail pour que les Calédoniens réalisent que le changement climatique est déjà une réalité.

Le changement climatique, c’est moins 20 % de précipitations sur l’ensemble du territoire à l’horizon 2080. Sur Nouméa, cette baisse pourrait atteindre 40 %. C’est sans compter sur une augmentation des températures de l’ordre de 3 degrés Celsius. Si les précipitations se font plus rares, leur intensité sera plus importante, à l’origine d’inondations potentiellement dangereuses. Tout cela n’est pas de la science-fiction, seulement de la science. Ces prévisions des experts de la météo ont été présentées par Chloé Vintour, en introduction de la restitution de ses travaux, le 28 septembre, à l’Université. La jeune femme est l’auteure d’un rapport sur l’intégration des adaptations au changement climatique dans les opérations d’aménagement durable, dans le cadre d’un stage effectué à l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie.

Une problématique en province Nord

Ces prévisions ne seront pas sans conséquences sur l’économie, la santé et l’environnement. Mais si l’on parle beaucoup du futur, on oublie peut-être un peu vite que le changement climatique est une réalité bien concrète déjà en marche. Le rapport de Chloé Vintour s’attarde notamment sur l’érosion qui touche le littoral en lien avec la montée de eaux. De nombreuses observations montrent que la montée des eaux menace directement plusieurs zones et notamment des tribus de province Nord installées en bord de mer.

Sur les 934 kilomètres de littoral de la province Nord avec qui a collaboré la stagiaire de l’Ademe, 562 kilomètres sont habités et présentent donc un risque. En 2012, la province Nord avait déjà effectué un diagnostic permettant de hiérarchiser les sites les plus exposés. Et les sites ne manquent pas, en particulier à Touho et Poindimié, où Chloé Vintour a effectué un travail de terrain. Plusieurs tribus sont directement menacées par la montée des eaux et certaines ont même commencé à envisager un déménagement pour se mettre en sécurité.

La province Nord est parfaitement consciente du problème et expérimente depuis près de cinq ans des dispositifs pour essayer de lutter contre ce phénomène. Entre 2013 et 2017, la collectivité a investi près de 136 millions de francs sur des actions concrètes. Elle travaille par ailleurs à la définition d’un plan climat et accompagne les communes afin qu’elles dessinent leur plan d’urbanisme directeur. Ces documents visent à encadrer le développement des communes et leur aménagement.

Anticiper

Les PUD permettent d’intégrer cette nouvelle dimension environnementale sur terre privée, mais pas sur terre coutumière où ce type de document administratif n’a pas de valeur juridique. Il existe, en revanche, d’autres outils du type Marpous pour modalités d’application de la règlementation provinciale d’occupation et d’utilisation des sols, ou encore des plans d’aménagement concerté tribal (PACT) qui permettent de fixer les lignes directrices de l’aménagement en tribu et peuvent être intégrés dans les PUD.

Reste que ces initiatives sont assez rares et que, plus généralement, la chercheuse estime qu’il existe une absence de planification à l’échelle du territoire qui peut conduire à des incohérences. L’idée de la planification est d’autant plus importante que le problème ne fait que commencer, il convient donc dès à présent d’anticiper les problèmes à venir et notamment les déplacements de population. La Nouvelle- Calédonie pourrait bien être amenée à devenir une terre d’accueil pour les réfugiés climatiques.

M.D.

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