Race for Water : des solutions pour sauver les océans des déchets

Le catamaran Race for Water est en Nouvelle-Calédonie jusqu’au 26 mars avec son équipage de passionnés. Il s’agit de la 15e escale de son odyssée à travers le monde. Sa mission : montrer l’étendue du problème des déchets, démontrer l’existence de solutions concrètes pour préserver les océans et convaincre les populations à agir.

La Fondation Race for Water est un projet d’origine suisse œuvrant pour la préservation de notre ressource la plus précieuse : l’eau. Son navire – le premier à propulsion mixte solaire/kite/hydrogène – sillonne les mers depuis 2015 pour mener des recherches scientifiques et des missions pédagogiques. Il réalise actuellement un tour du monde de cinq ans, entamé en 2017, qui l’a mené pour l’instant de la Bretagne au Pacifique en passant par les Antilles et l’Amérique du Sud.

En Nouvelle-Calédonie, Race for Water soutenue par EEC, l’Ademe, la province Sud, l’Agence calédonienne de l’énergie s’est associée à l’IRD pour mener des recherches inédites : faire un état des lieux de la pollution microplastique dans le lagon (à Prony) et observer ses effets sur les coraux. « C’est un laboratoire idéal pour ce genre d’exploration et c’était pour l’IRD – qui a pour mission d’accompagner le territoire dans ces voies durables – une occasion à ne pas rater », a commenté Claude Payri, directrice de recherche. S’il va falloir attendre pour avoir des résultats définitifs, les premières observations montrent qu’il y a bien des microplastiques dans notre lagon, cependant 60 fois moins qu’en mer Méditerranée. L’impact de ces déchets sur les coraux a également été confirmé, reste à connaître précisément son ampleur.

Transformer les déchets en énergie

En parallèle à ces recherches, Race for Water organise des rencontres avec le public, les autorités, les entreprises. Partant du principe qu’il est « totalement utopique » d’essayer de débarrasser la mer du plastique et qu’il vaut mieux agir sur terre, « à la source », la fondation entend convaincre sur la nécessité de développer des solutions pour que les déchets ne parviennent pas à la mer et, plus important, pour expliquer « qu’ils peuvent même faire partie de la solution », selon les mots de Franck David, directeur général de Race for Water Odyssée.

La fondation, avec son partenaire Etia, une société française d’ingénierie, est d’ailleurs elle-même passée à l’action en élaborant Biogreen, un procédé capable de transformer les plastiques sauvages en énergie (gaz ou électricité), l’idée étant de donner une valeur marchande à ces déchets pour inciter à la collecte.

La machine permettant la transformation du déchet plastique en ressource énergétique par une technologie de gazéification, la pyrolyse à haute température, a été brevetée. Une unité de 1 500 m2 au sol (stockage et préparation des matières) a la capacité de traiter 1 500 tonnes de déchets par an pour une production brute d’électricité de 3 700 MWh. Le modèle situe le coût de l’électricité entre 25 et 30 centimes d’euros pour le KWh mais dépend du contexte financier local et comprend évidemment, une dimension vertueuse à prendre en considération…

À l’échelle de l’île de Pâques, où un protocole d’accord a déjà été signé, le traitement de l’ensemble des déchets pourrait couvrir 18 % des besoins électriques de l’île, souligne Franck David. Cette technologie pourrait ainsi intéresser de nombreuses îles, très dépendantes aux énergies fossiles, en apportant une ressource additionnelle au mix énergétique. D’autres lieux potentiels sont à l’étude (Bora Bora, Saint-Domingue…) et les services de l’environnement de Nouvelle-Calédonie ont promis de se pencher sur cette innovation.

C.M.

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