Quel tourisme pour demain ?

C’est à cette question que devront répondre les professionnels et les institutions qui se réunissent depuis le début de la semaine dernière à l’occasion des ateliers du tourisme 2015. L’objectif est de réactualiser le plan de développement touristique concerté, dressé en 2005. Après un bilan et un travail de réflexion, le résultat de la concertation sera présenté vers le mois d’avril 2016.

Quel avenir donner à notre tourisme ? C’est la question à laquelle devront répondre les professionnels du secteur et les institutions qui sont réunis pour les ateliers du tourisme 2015. L’idée est relativement simple : mettre à jour la stratégie touristique du territoire et sa « bible », le plan de développement touristique concerté, rédigé en 2005 et fruit des assises du tourisme.

Cela fait donc dix ans qu’aucune réflexion ni aucun bilan n’avaient été effectués sur la question pourtant essentielle du tourisme. Peut-être le signe du peu d’importance accordée à ce secteur jusqu’à présent. Il représente pourtant la plus importante source d’exportation après le nickel avec 22 milliards de francs de dépenses des touristes (aériens compris) qui ne génèrent pas moins de 5 547 emplois. La crise du nickel aura au moins ça de positif que de pousser les politiques à remettre en cause l’économie calédonienne et les moteurs de sa croissance.

Il serait néanmoins faux de dire qu’il ne s’est rien passé. Il y a eu le rapprochement des trois GIE pour coordonner la communication et la promotion de la destination Nouvelle- Calédonie, la mise en place en 2013 des contrats de destination et l’ouverture très symbolique du Sheraton de Gouaro Deva. Un hôtel qui a toutefois encore tout à prouver et l’on peut toujours s’interroger sur les choix opérés, à commencer par le golf. Si les chambres trouvent preneur, c’est en grande partie grâce aux Calédoniens, qui restent les premiers touristes sur le territoire, et à grand renfort de promotions.

Confronter les bilans des trois provinces

Mais ce projet, à l’image du tourisme, doit être appréhendé de manière plus globale, notamment avec les projets de développement tels que celui du casino ou du village vacances. Pour se développer, le tourisme a précisément besoin de davantage de cohérence et une plus grande concertation avec les professionnels et c’est précisément un des objectifs des ateliers. « Ce sera l’occasion de confronter les bilans des provinces Nord, Iles et Sud qui n’ont pas forcément l’occasion de le faire en temps normal », relève Steeve Hamblin, chargé de mission tourisme. Un chargé de mission de luxe puisque pendant deux ans, il a été ministre du tourisme en Polynésie française et a en particulier mené ce travail de définition de la stratégie touristique. L’idée de la province Sud a été de découper ces ateliers en trois parties. La première, technique, s’étalera de mi-novembre à fin décembre. Il y sera question de dresser le bilan de la mise en œuvre du PDTC et de poser les attentes et les perspectives des professionnels. La deuxième phase se déroulera en début d’année et sera le moment de présenter les travaux aux politiques et d’en rédiger une synthèse afin de dégager les grandes pistes de développement. La dernière étape devrait s’achever vers la fin du mois de mai avec la restitution aux professionnels.

Travaux complémentaires

Comme le rappelle Steeve Hamblin, « l’objectif est de définir une nouvelle stratégie et un nouveau plan d’action mais on ne part pas de rien ». L’adoption très prochainement d’une nouvelle stratégie pour la compagnie aérienne et l’éventuelle décision du renouvellement de sa flotte n’est donc pas en décalage avec le planning des ateliers selon ses organisateurs. Les participants étant les mêmes que ceux qui travaillent sur la question. « Il ne faut pas empêcher les travaux en cours, estime Iolani Brial, la responsable du bureau du tourisme. Il y a également d’autres enquêtes en cours mais les recommandations et les propositions ne seront pas en contradiction. »

Les travaux en cours pourront au contraire apporter de nouvelles idées en confrontant en particulier les points de vue des professionnels et des institutions qui ont souvent des visions différentes mais complémentaires. Ces idées nouvelles pourront aussi bien concerner les marchés potentiellement porteurs de croissance, en particulier les pays asiatiques, que des problématiques récurrentes comme la formation et la labellisation, de façon à garantir une certaine qualité des prestations, ou encore la sensibilisation de la population au tourisme.

Dans le fond, la véritable question qui se pose est de savoir ce que la Nouvelle-Calédonie souhaite faire de son industrie du tourisme. La laisser telle quelle ou la développer et, dans ce cas, fixer des objectifs et des moyens pour les atteindre. Ce qui est sûr, c’est que le monde du tourisme attendait avec impatience de pouvoir s’exprimer et a donc répondu présent au rendez-vous.

M.D

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Les derniers chiffres du tourisme

L’année devrait se terminer sur une hausse de près de 10 % en 2015. La Nouvelle-Calédonie atteindrait donc un nouveau record de fréquentation compris entre 115 000 et 120 000 personnes. Les derniers chiffres de l’Isee, Institut statistique des études économiques, marquent un pic de fréquentation avec 11 500 touristes sur le mois de juillet (en hausse de 24 % par rapport à juillet 2014 et 6,3 % par rapport à juillet 2013). Seul le nombre d’Australiens marque toutefois le pas, mais après une très forte augmentation.

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Les croisiéristes, un potentiel important 

La Calédonie est considérée comme la porte d’entrée des croisiéristes dans le Pacifique. Cette année, plus de 400 000 personnes ont fréquenté les eaux bordant le territoire. Si les retombées sont encore relativement faibles (environ deux milliards de francs), le potentiel est énorme, d’autant plus que le nombre de croisiéristes attendus dans les cinq ans à venir est de l’ordre d’un million. Reste à adapter les infrastructures pour rendre possible cet accueil et, surtout, faire en sorte que les croisiéristes qui viennent en Calédonie en repartent satisfaits et aient envie de revenir sur la terre ferme. Il existe de nombreuses pistes de réflexion, notamment des croisières dans îles, qui permettent de mêler fret et passagers, comme cela se fait actuellement en Polynésie.

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