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Purge à la province Sud

D’abord sourds, puis narquois devant les appels à « l’union sacrée », les plateformistes ont débarqué, la semaine dernière, tous les élus du groupe de Sonia Backes des représentations extérieures de la province Sud. Une première en terre de collégialité et de compromis ! Les Républicains calédoniens voient rouge et dénoncent les méthodes de Calédonie ensemble.

« C’est une purge, je n’en reviens pas!». –«Virés ! Tous les membres de notre groupe ont littéralement été virés de 22 établissements publics (tels que l’OPT) ou sociétés (comme Promosud), dans lesquels nos élus étaient présents jusqu’alors, tempête Sonia Backes. Pas un drame en soi, on ne court pas après les postes, mais nous sommes privés d’informations et de tout outil de contrôle », poursuit la chef de groupe. « C’est une purge ! », se scandalise Grégoire Bernut, qui n’en « revient pas » devant les micros qui se tendent vers lui à la sortie de l’assemblée de la province Sud.

« 40 % de l’électorat exclu ». – « À la place des élus de notre groupe, représentants de plus de 40 % de l’électorat loyaliste, ils ont placé les élus de Pierre Frogier et de Gaël Yanno, pourtant largement perdants des dernières élections », souligne un communiqué rédigé dans la foulée et pour une fois titré : « Calédonie ensemble, en route pour la dictature ». Cette fois les mots sont forts et la colère loin d’être feinte. « La nuit du 4 août est connue par les historiens comme celle de l’abolition des privilèges en 1789. La matinée du 4 août 2017 restera peut-être comme celle de la grande purge à la province Sud », ironise avec amertume un juriste, qui a assisté à la séance.

Un risque d’opacité flagrant. – « Au-delà de la question de la représentation démocratique, la conséquence la plus grave de l’éviction de nos élus se situe dans le risque d’opacité, indique le communiqué des Républicains calédoniens. Il en découlera forcément une absence de transparence au sein de ces organismes publics. Cette éviction est d’autant plus incompréhensible que Calédonie ensemble disposait déjà d’une large majorité dans chacun d’entre eux. » Et d’ajouter : « Maintenant, nous pouvons craindre que les dizaines de millions distribués chaque mois à des entreprises calédoniennes ne le soient sur des critères subjectifs décidés par les seuls membres de la plateforme ! »

À contre-courant de l’histoire. – Alors, bien sûr, le président de la province Sud a beau jeu de répondre « qu’il s’agit là d’un non-événement ». Qu’après chaque élection, les exécutifs procèdent à un « réajustement des désignations des élus au sein des établissements publics ». Mais Philippe Michel ne peut ignorer que celle-ci ne se fait pas en fonction d’uniques critères mathématiques et proportionnels. En province Sud, ces critères auraient, par exemple, exclu les indépendantistes de tout droit de regard au cours des presque 30 dernières années ! Non, ces désignations se font en respectant, a minima, l’esprit de collégialité. Qui préside à toutes nos institutions issues de l’Accord… Un esprit de collégialité avec lequel Calédonie ensemble semble avoir beaucoup de mal : on le savait pour le gouvernement, c’est plus une surprise à la province ! Tous les présidents qui se sont succédé à la Maison bleue sont allés dans ce même sens et leur majorité n’en a jamais été fragilisée. Au contraire.

« Responsabilité ». – « À 15 mois du référendum d’autodétermination, les Calédoniens attendent de chacun de nous qu’il prenne ses responsabilités dans le sens de l’intérêt général. Au même titre que nous avons permis l’élection de Thierry Santa à la présidence du Congrès en lieu et place de Roch Wamytan, nous attendions la même responsabilité de ceux qui se veulent au pouvoir », explique aujourd’hui le communiqué des Républicains calédoniens.

La vengeance des plateformistes. –Peut- être aussi que les plateformistes ont cherché à faire payer à quelqu’un leur échec de l’installation de l’Autorité de la concurrence, quelques jours avant cette séance mémorable à la province Sud. Sauf que Les Républicains calédoniens n’ont fait que s’abstenir : les indépendantistes, eux, ont repoussé le texte. Et puis, quand on arrive devant le Congrès en disant aux élus : « Voilà, il y a cinq postes à pourvoir et nous avons seulement cinq candidats : faites votre choix… Mais, faites vite, car tout ça doit être en place au plus vite ! » Faut vraiment pas s’étonner quand les élus calédoniens répondent : « Oui, mon choix est fait : c’est niet ! » Partout dans le monde on appelle ça de la « bonne gouvernance », chez nous on l’appelle « respect et collégialité ». S’en affranchir, c’est s’exposer aux retours de bâton. Qui viennent toujours.


L’exemple de Nicole Andrea-Song

« En ce qui me concerne et comme j’ai refusé de manger leur plat de lentilles (en ne rejoignant pas la plateforme, NDLR), ils ont mis leurs menaces à exécution », explique l’élue Les Républicains calédoniens. « Je suis virée du conseil d’administration de Promosud, virée de l’Ocef : c’est comme ça que l’on fait à Calédonie ensemble et chez leurs sbires : le Rassemblement, Gaël Yanno et Gil Brial, claque Nicole Andrea-Song, maintenant ils pourront faire leurs petites salades entre copains ! »

Les collaborateurs aussi…

La « purge » initiée par Calédonie ensemble envers les élus du groupe de Sonia Backes à la province Sud se poursuit sur les collaborateurs des Républicains calédoniens. Philippe Michel, le président de la collectivité, leur aurait déjà fait savoir qu’il ne renouvellerait pas les contrats des trois collaborateurs, auquel le groupe a droit.

 

M.Sp.

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