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Produits phytosanitaires : ne comptez pas sur les conseils des vendeurs

L’UFC-Que Choisir Nouvelle-Calédonie vient de publier sur son site internet une enquête sur la manière dont sont vendus les produits phytosanitaires dans les commerces calédoniens. Le constat est affligeant.

L’UFC-Que Choisir Nouvelle-Calédonie avaient réalisé cette enquête en octobre et l’avait publiée dans son bulletin, mais devant le « manque de réaction » des commerces et des institutions, l’association a décidé de la relayer finalement sur son site internet. « Certes, depuis notre enquête, une loi du pays est passée concernant la distribution, la vente et l’utilisation des produits phytosanitaires, mais aucun arrêté d’application. Il faut enfin que les choses bougent, et rapidement, pour que l’on puisse enfin jardiner écologique et que les produits du tout chimique autorisés, s’ils sont commercialisés, le soient faits d’une manière efficace », avance Françoise Kerjouan, la vice- présidente de l’association des consommateurs.

Des conseils aléatoires

Partant de ce principe, l’UFC en remet donc une couche pour sensibiliser l’opinion publique. « De toute manière, depuis notre enquête, les choses n’ont pas changé », précise la vice- présidente. Les enquêteurs avaient, dans leurs conclusions, remarqué que les produits vendus aux jardiniers amateurs, dans les magasins spécialisés, les magasins de bricolage, les commerces d’alimentation et les bazars, le sont trop souvent sans conseil à l’appui. « Les vendeurs et les responsables de commerce ne sont majoritairement pas formés sur l’utilisation des produits qu’ils commercialisent. On parle ici de la méconnaissance totale des produits vendus comme les pesticides, fongicides et autres. Certains préconisent même le tout chimique en parlant par l’ignorance des précautions d’emploi. » Pour la représentante de l’association, il est donc « nécessaire que le personnel et les gérants de magasins se forment aux produits phytosanitaires, comme l’encadre la nouvelle loi ». Car aujourd’hui, on trouve toujours du glyphosate dans les commerces et « compte tenu de sa toxicité, sa version agricole, qui est très concentrée, doit être retirée sans délai de la vente aux particuliers », demande l’association.

Que faire ?

Sensitives dans une pelouse, mauvaises herbes dans une descente de garage, cochenilles sur un citronnier, difficile de savoir quel produit est le plus adapté pour votre jardin et surtout s’il est naturel ou chimique. Certes, les indications et les compositions sont indiquées sur les produits, mais encore faut-il savoir les traduire. Alors, on demande conseil aux vendeurs. Mais comme c’est le cas aujourd’hui, s’ils ne sont pas formés et que l’on trouve encore des produits dangereux, que faire ? Pour Françoise Kerjouan : « Il n’y a pas de solution miracle. Dans le doute, on n’achète pas. Le consommateur doit se préoccuper de sa santé, de celle de ses proches, ainsi que de son impact sur l’environnement. On ne brûle pas sa maison pour en chasser les souris ! À lui d’insister auprès des vendeurs pour avoir une solution alternative aux pesticides chimiques, en particulier au glyphosate. À défaut, qu’il change de magasin. »

Une situation qui n’est pas prête d’être réglée. « On estime que l’on ne trouvera plus de produits dangereux comme le glyphosate dans les rayons d’ici trois ans », conclut l’UFC-Que Choisir.


Une initiative européenne pour interdire le glyphosate

Une quarantaine d’ONG ont donné dans plusieurs capitales européennes, le 8 février dernier, le coup d’envoi d’une initiative citoyenne pour obtenir l’interdiction du glyphosate, herbicide le plus vendu le monde, controversé en raison de ses possibles effets sur la santé. Le texte appelle à « l’interdiction du glyphosate, conformément aux dispositions européennes sur les pesticides, qui interdisent l’usage de substances cancérigènes chez l’homme ». Il demande « des changements dans les procédures européennes d’évaluation scientifique des pesticides », avec des études « commandées par les pouvoirs publics et non pas par l’industrie chimique ». Cette initiative doit recueillir au moins un million de signatures dans sept pays de l’Union européenne et la commission disposera alors de trois mois pour réagir. Elle peut ou non donner suite et déclencher une procédure législative et elle doit en tout cas motiver sa décision.

C.Schoenholtzer

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