Primaires à droite : Le comité de soutien à Sarkozy se met en marche

La Tribune – Sitôt l’annonce métropolitaine de sa candidature et la sortie de son livre Tout pour la France, la Sarkozie calédonienne s’est mise en marche, avec un comité de soutien présidé par le sénateur Frogier. « Choix du cœur » et pertinent pour la Nouvelle-Calédonie, mais aussi « choix de la raison », plus encore opportun à une France qui récuse à 74 % le burkini, que l’on veut lui faire endosser de force…

« Pour nous, Nicolas Sarkozy, c’est le choix de la raison et le choix du cœur. » Autour du sénateur Pierre Frogier, la plupart des ténors de la droite sont présents : Harold Martin, dont la première rencontre avec Nicolas Sarkozy remonte à la création du RPR en 1977 ; les autres maires de l’agglomération, Eric Gay et Georges Naturel ; le député européen, Maurice Ponga ; le président du Congrès, Thierry Santa ; la présidente du groupe Les Républicains au Congrès, Sonia Backes ; nombre d’élus provinciaux et municipaux et une bonne centaine de militants Les Républicains, toutes tendances confondues.

L’écurie Sarkozy en Nouvelle-Calédonie attendait avec « impatience » le lever de rideau de la campagne de son favori. « Chacun connaît l’état de la France », qui ne va pas « mieux », pour reprendre le mantra cher à François Hollande, « puisqu’à la crise économique et à celle du chômage s’est rajoutée une crise morale et identitaire », explique, soucieux, Pierre Frogier, le président du comité de soutien local à Nicolas Sarkozy. « La France, si elle veut s’en sortir, aura besoin de toute l’autorité et de toute l’expérience de l’ancien chef de l’État », ajoute-t-il. Car s’il n’y a plus depuis longtemps « d’état de grâce » pour les présidents nouvellement élus, il n’y aura pas non plus de « période d’apprentissage », si Nicolas Sarkozy revient aux affaires. C’est, il est vrai, un atout majeur dans l’équation présidentielle de 2017.

Et pour conforter ce « choix de la raison », quelque 24 heures après, l’affaire du burkini enflamme la métropole, après que le Conseil d’État ait suspendu l’arrêté municipal de la commune de Villeneuve-Loubet, qui en interdisait le port sur les plages publiques. Nicolas Sarkozy réagit illico et propose une loi bannissant ce vêtement ainsi que le voile à l’université, « car nous ne l’acceptons pas, nous ne voulons pas de signe extérieur d’appartenance à une religion dans notre pays, c’est notre mode de vie français, c’est la culture française, c’est la tradition française, c’est comme ça que nous vivons et que nous voulons continuer à vivre ». 74 % des Français s’avouent sur cette ligne, selon un sondage de l’hebdomadaire Le Point, d’avantage encore en Nouvelle-Calédonie, selon un sondage express de RRB.

En réagissant ainsi le désormais ex-patron des Républicains, et candidat, s’allie les maires qui ont pris des arrêtés « anti-burkini », qu’il soutient franchement et non pas du bout des lèvres, comme le fait le Premier ministre, Manuel Valls. Alors que toute la gauche « bien pensante » refuse de se prononcer sur le sujet… Tout comme Alain Juppé, d’ailleurs. Pour Sarkozy, qui n’a pas à forcer sur le sujet, c’est un positionnement « de terrain », proche « du peuple » contre les apparatchiks et les bobos de gauche : l’essence même de sa campagne pour les primaires à droite. « Je ne serai pas, ajoute l’ancien président de la République, le candidat des compromis bancals, des dénis de réalité et des demi-solutions sur l’immigration comme sur le reste. » Sans jeu de mots : le messe est dite.

La Nouvelle-Calédonie dans la France, sans ambiguïté

Et de compromis bancal, Nicolas Sarkozy n’en a jamais fait sur la Nouvelle-Calédonie : c’est le « choix du cœur » qu’explicite Pierre Frogier. Seul Président en exercice à avoir ouvertement dit sa préférence pour une « Nouvelle-Calédonie dans la France », d’abord dans son discours de Païta en août 2011, puis dans une interview aux Nouvelles calédoniennes, l’ancien Président ajoutait même que, « face aux prédateurs de la zone Pacifique », l’intérêt « bien compris des Calédoniens, y compris des indépendantistes » était de rester « dans la France et dans la République. Tout pousse chez moi à croire au maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France », ajoutait-il devant les Calédoniens rassemblés à l’Arène du Sud. Des propos d’une limpidité et d’un engagement sans faille, que lui reconnaissent, y compris les soutiens locaux à ses adversaires aux primaires, comme Bernard Deladrière, qui fait de François Fillon son champion.

Plus récemment, le projet pour la France des Républicains fait lui aussi référence sans ambiguïté à la Nouvelle-Calédonie. « S’agissant de la Nouvelle- Calédonie, peut-on lire, les Républicains réitèrent leur attachement à ce que ce territoire demeure dans la France. Il conviendra toutefois de mieux préparer la fin de l’Accord de Nouméa et la consultation des Calédoniens qui est prévue au plus tard à la fin de l’année 2018. » Mais désormais pour les sarkozystes du territoire le cœur à ses raisons, que la raison connaît aussi…

Aussi, pas de place au doute dans l’écurie Sarkozy ! Les choix cruciaux de 2018 impliquent des options affirmées et « trop de temps a déjà été perdu avec l’immobilisme des socialistes et leur équidistance entre indépendance et non-indépendance », s’accordent les militants. Nicolas Sarkozy avait recueilli un peu moins de 62 000 voix en Nouvelle- Calédonie, pour 165 000 inscrits et 100 000 votants, soit 63 % des suffrages au dernier scrutin présidentiel : « L’essentiel n’est-il pas que le gagnant de la primaire à droite fasse un aussi bon score au moins ? »

M.Sp

Imprimer

Back to Top

Web Design BangladeshBangladesh Online Market