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Présidentielle : entre incertitudes et valeurs sûres

Le premier tour de l’élection présidentielle se déroulera ce dimanche. Temps fort de la démocratie, ce rendez-vous quinquennal s’annonce des plus indécis. En Nouvelle-Calédonie, la préférence des électeurs devrait logiquement aller vers François Fillon, mais dans quelle mesure ? Rien n’est écrit…

Dès lors que le scrutin est national, la Nouvelle-Calédonie est traditionnellement une terre de droite. En 2012, au deuxième tour de l’élection présidentielle qui opposait Nicolas Sarkozy à François Hollande, les Calédoniens s’étaient mobilisés pour apporter très majoritairement leur scrutin au Président sortant. Avec une participation de plus de 61 %, ils avaient donné à Nicolas Sarkozy l’un de ses meilleurs scores nationaux avec un peu plus de 63 % des voix. Un score certes insuffisant pour faire pencher la balance au niveau du pays tout entier, mais significatif des équilibres locaux.

À quelques jours du premier tour d’une élection présidentielle dont l’incertitude est une première sous la cinquième République, la question se pose néanmoins de savoir si, comme ils l’ont fait lors des dernières élections présidentielles, les loyalistes vont, sans état d’âme, se ranger sous la bannière des Républicains en votant massivement pour François Fillon, qui n’avait pas été leur premier choix lors de la primaire de la droite et du centre* et dont la campagne a été pour le moins laborieuse.

Terre de droite, mais…

Malgré une campagne discrète, François Fillon devrait fort logiquement sortir devant les dix autres candidats en lice ce dimanche, mais le risque de déperdition n’est pas négligeable. En 2012, Marine Le Pen avait recueilli 11,66 % au premier tour en Nouvelle-Calédonie, mais elle semble être la seule, depuis des mois, à être assurée d’une qualification pour le deuxième tour, même si cette tendance s’amenuise alors qu’approche la date fatidique. Qui plus est, ses ambitions pour la Nouvelle-Calédonie sont constantes et sans surprises, ce qui pourrait lui valoir une prime à la hausse.

Et puis, il y a le cas Macron. Héritier incontestable d’une certaine forme de « Hollandie », il est un visage neuf, capable de séduire les centres, les indécis, les déçus et peut-être même ceux qui voient en lui le profil idéal du vote utile. En Nouvelle-Calédonie, les indépendantistes qui se rendront aux urnes pourraient aussi voir en lui une forme de continuité qui les avait poussés lors des primaires de la gauche à soutenir Manuel Valls plutôt que Benoît Hamon. Ses propos sur la colonisation, son programme politique et ses perspectives de réformes économiques et sociales pourraient aussi trouver un écho favorable du côté de l’électorat de Calédonie ensemble. Philippe Dunoyer déclarait d’ailleurs récemment que son parti laissait libre choix des candidats à ses partisans.

Les autres prétendants ne devraient pas, en revanche, percer les plafonds, à moins qu’ici comme en métropole le fantasque Jean-Luc Mélenchon ne convainque une partie de l’électorat que le temps est venu de changer de paradigme, de renverser la table et de mettre fin une bonne fois pour toute à la cinquième République. Beaucoup en rêvent, mais bien peu en mesurent les véritables conséquences.

C.V. ©C.M.

*En novembre, le premier tour avait tourné au plébiscite en faveur du candidat Sarkozy, mais celui-ci éliminé, les Calédoniens ont porté leur choix sur son ancien Premier ministre plutôt que sur Alain Juppé qui avait portant reçu localement le soutien appuyé de Calédonie ensemble et de ses leaders.

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