Pour un électrochoc économique

La CCI, la Cpme et le Medef ont lancé un appel pour qu’une conférence économique ait lieu en marge du Comité des signataires afin de relancer l’économie calédonienne.

C’est un életrochoc qu’appellent de leurs vœux les représentants de la CCI, de la Cpme et du Medef. Ils se sont regroupés pour l’occasion afin de faire entendre leur voix, en marge du comité des signataires. La Chambre consulaire et les organisations patronales ont présenté un plan de soutien à l’économie autour de cinq axes et quatorze leviers dont ils souhaiteraient discuter avec l’État et les élus calédoniens, rassemblés à Paris.

Les représentants du monde patronal calédonien avancent différentes propositions sur les courts, moyens et longs termes. « Il est important pour nous d’être capable de sortir des mesures qui servent d’électrochocs lors de ce Comité des signataires et avec des signatures en bas de la page », insiste Guillaume La Selve, vice- président de la CCI.

Le plan prévoit par exemple d’attirer les investisseurs et de conserver les fonds en Nouvelle-Calédonie. D’attirer les compétences et de faire revenir les Calédoniens formés. La simplification administrative est également au cœur des réflexions afin de faciliter la vie des entreprises. « L’administration ne doit pas être un frein à la concrétisation de projets, elle doit être au service de l’économie », pointe en cœur les représentants du patronat.

Des propositions fortes

Il est par ailleurs question de lancer de nouveaux grands chantiers dans le but de doper l’économie, au travers notamment d’un emprunt d’État dont le montant est à discuter en fonction des projets à financer (infrastructure ou simple fluidification de l’économie). Mais les patrons accordent plutôt leur préférence à un grand plan de relance qui permette de soutenir le BTP au travers de la mise en chantier de 1 000 logements sociaux par an.

Pêle-mêle, le plan prévoit aussi la relance des discussions autour de la compétitivité sociale, la réduction des délais de paiement, la facilitation de l’accès au financement, la réinsertion des jeunes délinquants, le déblocage de tous les dossiers de défiscalisation en souffrance au ministère de l’économie et des finances, le soutien à l’accès à la propriété notamment pour les logements sociaux ou encore le soutien à la mobilité.

Des mesures fiscales pourraient également être à l’ordre du jour comme l’instauration d’une TGC sociale. L’idée serait de financer la couverture sociale non plus au travers de cotisations pesant sur le coût du travail mais au travers d’une hausse de la TGC. Une mesure qui vise à redonner du pouvoir d’achat aux Calédoniens en allégeant le coût du travail mais qui aurait des conséquences pour les Calédoniens les moins favorisés et en particulier ceux qui n’ont pas d’emploi ou des emplois précaires.

Bien réfléchir avant d’agir

Le collectif suggère par ailleurs que des travaux soient engagés sur la question du financement de l’économie. Le patronat estime que l’Ieom, qui joue le rôle de banque centrale en Nouvelle- Calédonie, devrait s’impliquer davantage dans l’accompagnement des banques afin de les pousser à proposer des produits plus adaptés à l’économie calédonienne tout en faisant en sorte de réduire les coûts du crédit. Il est enfin question de mettre en œuvre un fonds d’investissement calédonien. Comme le résume Divy Bartra, président de la commission économie et fiscalité du Medef, « l’économie de la Nouvelle-Calédonie est à un carrefour. Après les années d’opulence, les indicateurs sont moins favorables. Nous avons aujourd’hui besoin d’un nouveau souffle ».

Si ces pistes sont intéressantes, elles traitent essentiellement la question du point de vue des entreprises sans véritablement prendre en compte la dimension sociale de la problématique. Comme l’a montré la dernière étude Cérom, réalisée par L’Isee, l’Ieom et l’AFD, la croissance est liée à près de 65 % à la consommation des Calédoniens. Selon certains indicateurs comme l’évolution des salaires, les inégalités déjà très fortes en Nouvelle-Calédonie ont encore progressé ces dernières années. Un constat qui pourrait conduire à des mouvements sociaux s’il n’était pas pris au sérieux à l’image de ce qui se passe aujourd’hui en métropole.

Et c’est sans compter sur la réalité de la situation économique que l’on connaît mal. Mettre en place un plan de relance de l’économie dans un contexte de reprise pourrait avoir des impacts négatifs. On connaîtrait alors une situation de surchauffe telle que l’on a connue récemment mais dans une importance moindre. Cette surchauffe se traduirait une nouvelle fois par un atterrissage difficile à vivre pour les entreprises et leurs salariés. Un audit de l’organisation économique, une remise à plat du suivi de son évolution et la mise en œuvre d’une véritable évaluation des politiques publiques pourraient s’avérer bien utile.

M.D.

 

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