Plus de 50 milliards de francs d’investissements à Vale

L’usine du Sud ne fermera pas. La direction a annoncé plusieurs investissements d’un montant global de plus de 50 milliards de francs, comprenant notamment le projet Lucy. Vale NC va réorienter sa production afin de pouvoir alimenter la production de batteries automobiles.

Les mois voire les années d’incertitudes autour de l’avenir de l’usine du Sud appartiennent désormais au passé. L’annonce faite par Fabio Schvartsman, le président du groupe Vale, le 4 novembre a levé toutes les craintes des employés du groupe en Nouvelle-Calédonie et des sous-traitants. Ce sont tout de même près de 3 000 personnes qui travaillent pour Vale au sens large, directement, indirectement et de manière induite. Le P-DG du groupe a confirmé la réalisation du projet Lucy consistant à sécher les boues issues du processus de lyxiviation pour un montant de 500 millions de dollars. L’idée est de disposer de résidus solides plus facilement stockables afin d’allonger la durée de vie du site dont l’horizon était jusqu’à présent fixé à 2021.

Un fait qui questionne quant au rôle des pouvoirs publics qui ont autorisé le plan minier initial en sachant qu’il faudrait trouver une autre solution de stockage des résidus à court terme. Cette autre solution consistait à créer une autre verse à résidu, KO4, beaucoup plus grande puisqu’elle devait occuper toute une vallée et engendrer des dégâts écologiques majeurs. L’annonce de la réalisation du projet Lucy est donc une bonne nouvelle à plus d’un titre. Sur le plan social tout d’abord puisque les emplois seront maintenus, économique également puisque les investissements représentent un peu plus encore que les investissements nécessaires à la réalisation du Médipôle et environnementaux enfin.

De nouveaux investissements très important

Outre le fait de réduire les coûts opérationnels de l’industriel, le fait de sécher les résidus permettra de les stocker sur la verse actuelle de KO2 et d’en augmenter considérablement la durée de vie à un horizon 2038 au moins, sans compter que la revégétalisation sera possible plus rapidement. Cette nouvelle solution permet enfin d’éviter d’avoir à gérer un barrage, coûteux et dangereux. Un barrage de Vale a cédé au Brésil engendrant l’une des pires catastrophes écologiques de tous les temps.

Le secteur du bâtiment peut également se réjouir puisqu’Antonin Beurrier, qui reprend ses fonctions de directeur général de Vale Nouvelle-Calédonie, a annoncé que 30 à 40 % des 50 milliards de francs seront engagés dans le courant de l’année 2019. Le chantier devrait mobiliser 500 personnes sur deux ans avec des pics à 1 100 emplois. Il est prévu de recourir à une main d’œuvre essentiellement locale. Près de trois quart des emplois seront locaux a souligné Antonin Beurrier. Preuve que les choses avancent, des appels d’offres sont déjà en cours. « Nous avons conscience d’être un moteur de l’économie, en particulier dans le Grand Sud, explique le directeur général à l’occasion d’une conférence de presse le jeudi 6 décembre. Nous attendons l’accompagnement des collectivités en matière d’infrastructures pour les routes par exemple, mais aussi sur la question de la formation ou des visas pour les experts internationaux ».

Un nouveau départ pour Vale NC

Outre le projet Lucy, Antonin Beurrier avait d’autres bonnes nouvelles. Plus que d’allonger la durée de vie de l’exploitation du site, le groupe souhaite réorienter la production vers le marché du véhicule électrique. Ce positionnement stratégique lui permettra de sortir de la concurrence des ferronickels et du pig iron dans laquelle est empêtrée la SLN. Face aux pays à bas coût de production, les usines calédoniennes disposent peu de marge de manœuvre. Vale a décidé de s’en extraire et de se positionner sur un marché beaucoup plus porteur, celui des batteries des véhicules électriques. Les choix technologiques et les analyses les plus récentes montrent que le marché du nickel pourrait largement bénéficier de l’essor de ce type d’automobile. Chaque voiture nécessite une quarantaine de kilos de nickel. Ce type de production a besoin de sulfate de nickel qui sera donc produit directement en Nouvelle- Calédonie. Ce marché ne devrait pas être anecdotique puisqu’il est prévu une demande supplémentaire de l’ordre de 500 000 tonnes par an, soit 25 % du marché en plus. Plusieurs millions de dollars seront ainsi également investit sur l’usine afin d’adapter la production et d’en améliorer la qualité, sans oublier la sécurité.

Ces investissements posent tout de même quelques questions et en particulier celle de la participation des collectivités provinciales calédoniennes au capital de Vale NC. L’histoire est complexe et avait déjà conduit à de fortes oppositions politiques. Il faut dire que les 5 % de participation ont généré une dette colossale pour les trois provinces et notamment la province Sud, majoritaire au sein de la SPMSC qui porte les intérêts provinciaux au capital de Vale. En 2016, la dette des collectivités s’élevait à plus de 40 milliards de francs. En 2015, Philippe Michel alors fraîchement élu à la tête de la province Sud avait lancé une commission d’enquête spéciale provinciale sur un accord passé par Cynthia Ligeard sur l’attribution du gisement de Prony-Pernod. Le président dénonçait la conclusion d’un accord occulte sauf que, près de trois ans plus tard, les résultats de cette commission n’ont pas été rendu public. « Nous avons la volonté de trouver très vite une solution, note Antonin Beurrier qui explique tout de même que la participation des collectivités calédoniennes est importante et légitime. Il faut trouver une solution équilibrée, stable et qui satisfasse tout le monde »

Toute ces décisions vont se traduire concrètement par un nouveau plan : VNC 0-50, zéro pour 0 accident et 50 pour 50 000 tonnes, un objectif à un horizon de deux ou trois ans. Pour y arriver, une équipe d’experts internationaux est d’ores et déjà présente pour travailler sur les méthodes et la formation.

M.D.


Antonin Beurrier reprend les rênes de Vale NC

Antonin Beurrier n’est pas un inconnu des Calédoniens. Celui qui devrait officiellement redevenir président du conseil d’administration et directeur général de Vale NC d’ici au mois de janvier est déjà venu à plusieurs reprises sur le territoire. Après être venu une première fois pour son service militaire, Antonin Beurrier était revenu en 2011 sur le projet de l’usine du Nord. Sa troisième venue en Nouvelle-Calédonie était cette fois-ci pour Vale, en 2015. Il partira rapidement, au début 2016, officiellement pour des raisons personnelles. Son départ était toutefois entouré de certains questionnements autour de la société Anamorphose, lui appartenant. Le comité Rheebu Nuu avait diffusé un courrier dénonçant certaines pratiques. Après deux ans passés au sein du groupe Aéroport de Paris, Antonin Beurrier revient pour une nouvelle page de l’histoire de Vale NC.

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