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Pensez à Gohapin pour vos projets de plantations !

En pratiquement quinze ans et avec l’aide du WWF, la tribu de Gohapin a instauré une solide filière de restauration forestière allant de la récolte à la plantation, jusqu’à la production et la valorisation des plants issus de la forêt de l’Aoupinié.

Gohapin a été précurseur de bien des projets en matière de développement durable avec, très tôt, cette conscience de la nécessité de préserver le patrimoine naturel exceptionnel environnant, la tribu étant adossée à la merveilleuse forêt de l’Aoupinié, réserve de nature sauvage depuis 1975.

Et un ancien chef, Jacob Winemou, a été pour beaucoup dans cette idée de « prise en main de l’environnement par la population ». Pour développer le tourisme, il avait ainsi initié, dans les années 2000, le guidage touristique autour de la tribu, et fait fructifier pour les visiteurs les produits issus de la terre (légumes, miel, etc.). Puis avec le WWF, la tribu s’est peu à peu tournée vers l’écotourisme. Mais les feux, qui sévissaient en nombre dans les montagnes, posaient naturellement problème. Dans ce contexte, un plan d’action avait alors été élaboré pour sensibiliser les familles, les enfants dans les écoles. Puis il a été question de restaurer ces endroits brûlés pour les rendre de nouveaux attrayants et, de fil en aiguille, plusieurs actions de préservation, de restauration et de valorisation du patrimoine naturel de la tribu ont été engagées avec une attention toute particulière pour le massif forestier environnant, le plus large massif de forêt tropicale humide de moyenne altitude sur sols non ultrabasiques du territoire.

 25 000 plants 

La tribu de Gohapin porte le nom de Gööpâ en païcî qui signifie « qui dure dans le temps ». « Une belle qualification pour décrire l’histoire d’amitié qui existe entre cette tribu et le WWF », aime à dire Hubert Géraux, le responsable du WWF. Ensemble, l’ONG et la plus grande tribu de la province Nord (800 habitants) située à Poya ont eu comme objectif principal de valoriser les espèces d’arbres natifs pour la restauration de la forêt et de prévoir également des plantations pour la sylviculture, la menuiserie.

Désormais, on fait localement la récolte des graines, les plantations et de la production en pépinières. D’une première pépinière en 2007, un parc de douze structures (dont sept qui prennent des commandes) est maintenant opérationnel avec une capacité de production sur l’ensemble de la tribu de 25 000 plants ! Ces plants sont ensuite valorisés pour des projets de plantations sylvicoles (création d’une ressource de bois d’œuvre), pour la restauration du couvert forestier sur le périmètre de protection de leur captage d’eau (le WWF participe directement à cette opération), ou encore vendus aux professionnels du reboisement et aux particuliers.

Diversité et qualité

Les pépiniéristes de la tribu produisent ainsi du kaori blanc, du pin colonnaire, du faux tamanou, du bois gris, du kohu de montagne, du cerisier bleu, du ficus (figuier papier de verre ou gnâgi), du faux teck, du pittosporum, schefflera, du faux frêne. « Ces espèces sont idéales pour le reboisement. Certaines sont plus adaptées à la région, d’autres adaptées aux sols miniers, d’autres parfaites pour le bois d’œuvre, d’autres encore ont cette particularité de pousser très rapidement, d’attirer les oiseaux, semenciers naturels, et les roussettes. Ce sont en tout cas des espèces natives et magnifiques », précise Emma Do Khac, responsable du programme Forêt du WWF.

On trouve également sur place des espèces ornementales (philodendrons, palmiers, anthuriums, plantes fleuries). Et des produits agricoles : mandariniers, ignames, salades, café en grain, citronniers, pommes lianes, avocatiers. À noter que tous les pépiniéristes ont reçu des formations aux méthodes d’amélioration du substrat pour garantir des plants de qualité. Ils ont aussi été formés par l’Ademe au compostage et à la fabrication de purin. La filière est donc totalement « durable ».

Gohapin a été la première tribu à engager ce projet qui a donné des idées ailleurs sur le territoire, notamment à des tribus du Sud. Du point de vue du WWF, « cette réussite est à mettre sur le compte de la forte dynamique au sein de la tribu », commente Emma Do Khac. Denis Meandu-Poveu, référent bénévole des pépiniéristes de la tribu de Gohapin, ne dira pas le contraire. « Cela demande beaucoup de temps et d’énergie », mais le retour, dit-il, est exceptionnel sur « la conscience des gens », « le fait de valoriser notre propre patrimoine » de façon totalement naturelle et saine à l’instar des ancêtres.

Un livret pour les potentiels acheteurs

Pour promouvoir l’essor de cette filière à l’extérieur et « être certain d’écouler les productions qui se prévoient plus de six mois à l’avance », le WWF a réalisé des livrets de présentation des acteurs de cette filière, ainsi que des plants qu’ils produisent. Le document présente également les caractéristiques et intérêts des principales essences et des conseils pour la mise en terre et l’entretien. Édité à 300 exemplaires, il a été distribué à la mairie de Poya, auprès d’autres pépiniéristes et professionnels. L’objectif est également de toucher des organismes, des associations, des collectivités, des entreprises… Le livret est téléchargeable sur http:/assets.wwwffr.panda. org/downloads/1017_livret_pepinieristes- gohapin.pdf

C.M.

©WWF – E. Do Khac

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