Patrick Louis : « Macron pourrait être une chance pour la Nouvelle-Calédonie »

Peu connu des sphères politiques, Patrick Louis est le référent local d’Emmanuel Macron. Arrivé en Nouvelle-Calédonie il y a 25 ans, ce cadre-dirigeant est issu de la société civile, que privilégie tant son champion à la présidentielle. À 47 ans, il n’affiche « aucune ambition politique ». Coordinateur des comités « En marche » qui rassemblent quelque 160 personnes sur le territoire, son rôle consiste à faire remonter à Paris des idées nouvelles pour toujours affiner le programme du candidat Macron.

Comment devient-on « référent » et porte-parole d’Emmanuel Macron en Nouvelle-Calédonie ?

J’ai toujours voté aux élections, sans jamais m’affilier à un parti politique. Le programme des candidats ne m’attirait pas vraiment. Ce que j’apprécie chez Emmanuel Macron, c’est précisément que son programme s’est dévoilé au fur et à mesure de la campagne. De même qu’il s’enrichissait d’idées et méthodes nouvelles. On dit Macron ni de droite, ni de gauche : je le vois plutôt et de droite (quand il parle de sujets économiques, par exemple) et de gauche (quand il s’intéresse aux questions sociales et sociétales). Macron prône également une stratégie de renouvellement de la classe politique, à laquelle je souscris : s’il est élu à l’Elysée, il souhaiterait que 50 % des députés qui seront élus en juin prochain soient issus de la société civile, qu’une vraie parité s’instaure et que le nombre de mandats soit limité à trois, pour éviter une caste de politiciens professionnels et déconnectés des réalités du terrain…

Emmanuel Macron ne s’est clairement prononcé, ni en faveur du maintien de la Nouvelle-Calédonie dans la France, ni en faveur de l’indépendance. Cela vous gêne-t-il ? Sinon, quelles sont ses options pour le territoire ?

Non, ça ne me gêne en rien ! S’agissant de l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie, c’est vrai, Emmanuel Macron n’a pas fait valoir de choix personnel et préférentiel : ce n’est pas le rôle du chef de l’État, qui doit veiller au strict respect de l’Accord de Nouméa, approuvé par une très large majorité de Calédoniens. Or, vu l’issue du scrutin qui fait peu de doutes et le peu de temps qui nous sépare du référendum de 2018, la question ne pourra être que binaire : oui ou non à l’indépendance. Macron a déjà fait savoir qu’il respecterait le choix des Calédoniens et souhaite aujourd’hui que la consultation se passe dans les meilleures conditions pour chacun. Ce qui n’empêche pas que des discussions puissent d’ores et déjà se tenir pour esquisser l’après-Accord de Nouméa. Au contraire.

L’élection d’Emmanuel Macron peut aussi être une chance pour la Nouvelle-Calédonie. Il veut, par exemple, donner des pistes pour l’après-crise économique : mieux accompagner les micro-projets au plus près des populations qui pourront y trouver un emploi ; préserver des secteurs d’activité où chaque Calédonien puisse se reconnaître comme la mer, l’économie bleue ; étendre la banque publique d’investissement à tout l’outre-mer, donc à la Nouvelle-Calédonie ; mettre de l’huile dans les dispositifs de défiscalisation… Tout un programme qui se nourrit encore des remontées de terrain, que nous lui faisons passer…

Comment votre jeune mouvement « En marche » abordera- t-il les législatives de juin prochain ?

Depuis la venue de Max Dubois (*), plusieurs comités de réflexion ont été créés et j’en coordonne l’action en faisant remonter à notre candidat toutes les propositions. Ensemble, nous avons rencontré nombre de responsables politiques, économiques et syndicaux du territoire pour faire un point très précis de la situation sur place. Une fois élu, Emmanuel Macron proposera à tous les candidats aux législatives qu’ils s’engagent dans « un contrat de gouvernement », pour bénéficier de l’étiquette « majorité présidentielle ». Des candidatures calédoniennes ont été déposées sur le site en-marche.fr et des discussions ont, bien entendu, lieu en Nouvelle-Calédonie, comme ailleurs. Mais elles sont toujours au stade de… discussions.

Patrick Louis : enmarchenc@gmail.com

*Max Dubois : délégué outre-mer d’Emmanuel Macron, venu sur le territoire en février dernier.

M.Sp.

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