Pas facile

Décidément, rien ne se passe comme prévu. Adoubé par plus de 40 % des électeurs aux provinciales, L’Avenir en confiance fait face à des difficultés pour s’installer concrètement dans nos institutions et espérer appliquer la politique pour laquelle il a obtenu une majorité des suffrages. Les négociations ont d’emblée manqué de sérénité face à un Philippe Gomès ayant bien du mal à digérer sa défaite et prêt à tout pour compter… même à perdre deux de ses « prodiges ». Moins prévisible, il a aussi fallu faire avec l’Éveil océanien, dont la stratégie et les ambitions en ont bousculé plus d’un.

Peut-être fallait-il effectivement leur proposer davantage à la province Sud. Et il est clair qu’il n’était pas intelligent de la part de Calédonie ensemble de mettre en avant, pour les loyalistes, une « caution wallisienne » au Congrès en la personne de Magali Manuohalalo. Indélicat. Surtout quand on sait que c’est justement ce genre d’attitudes qui sont mises en cause par le parti communautaire ! On pourrait enfin ajouter qu’il est surprenant de retrouver les mêmes représentants loyalistes à la province et au Congrès… Mais nous n’étions pas au cœur des négociations et il est evident que L’Avenir en confiance n’est finalement pas dans une position très confortable. Aujourd’hui, grâce aux voix de l’Éveil océanien, les indépendantistes détiennent les principaux postes à responsabilité au Congrès. Les discussions sont maintenant en cours pour la composition du nouveau gouvernement qui doit intervenir le 13 juin.

Contrairement à cette distinction que fait le nouveau parti entre voter indépendantiste et vouloir l’indépendance, il ne faut pas, à notre sens, minimiser l’importance des nominations à la tête de l’exécutif, comme au Congrès, en cette période référendaire. Ensuite, si l’Éveil océanien est dans son droit de vouloir peser et apporte effectivement une réflexion et des projets intéressants, il ne faut pas omettre qu’il ne représente qu’une petite partie de l’électorat, un électorat basé essentiellement dans le Grand Nouméa et qu’il serait injuste de le voir décider pour toute la Calédonie. Il faudrait aussi s’interroger sur cette notion d’« océanisation », qui semble ici vouloir exclure les uns par rapport aux autres. Au final, gardons en tête que rien de bon ne sortira de l’exécutif s’il se trouve constamment baladé d’une majorité à une autre, s’il ne trouve pas une ligne politique stable. L’idée d’un contrat de gouvernement est intéressante, mais nos élus parviendront-ils à s’entendre ? Dans le cas contraire, il faudra peut- être s’interroger s’il faut ou non participer à ce gouvernement.

Imprimer

Back to Top

Web Design BangladeshBangladesh Online Market