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Pas de « Prestige » pour le Conservatoire

Dans un contexte budgétaire contraint, le Conservatoire de musique et de danse de Nouvelle-Calédonie est dans l’obligation d’annuler sa saison internationale. Il se concentre entièrement sur sa programmation locale et ses missions initiales.

C’est une première depuis 2002 et la création de la saison Prestige, initiée par Jean-Pierre Cabée et Jacques Lafleur. Avec la baisse des subventions de la Nouvelle- Calédonie et des provinces, plus importante encore qu’en 2017, l’établissement public est obligé de « réduire la voilure ». Un grand regret pour le directeur du Conservatoire qui souligne que cette programmation internationale, unique sur le territoire, permettait d’apporter « un niveau artistique que l’on n’a pas l’habitude de voir », avec de grands noms de la musique et de la danse, les prodiges du moment, de faire également connaître la destination calédonienne à l’étranger.

Mais qu’à cela ne tienne, si le « luxe » n’est plus de mise, le Conservatoire, toujours accompagné de ses précieux soutiens, a décidé de « mettre le paquet » sur sa saison locale, Île de Lumière, avec un travail particulièrement intéressant et important de ses différents départements.

Diversité culturelle et artistique

L’idée de cette programmation est de représenter tous les savoir-faire de l’établissement. « Il a été question, tout au long de ce processus de préparation avec nos enseignants, de présenter une saison variée, attractive où nos publics peuvent se retrouver et nos élèves participer ou découvrir la richesse des enseignements au Conservatoire », confirme Jean-Pierre Cabée.

Musique classique, jazz, musiques actuelles et danse se succéderont sur cinq rendez-vous (contre huit les deux saisons confondues l’année dernière), avec une participation importante des jeunes et un accent sur « l’interculturalité » et le « partage », essentiels en cette année charnière.

La saison débutera avec deux concerts classiques, l’un de musique italienne baroque par l’ensemble vocal Pulcinella, sous la direction artistique de Florence Cabée-Montana et le quatuor à cordes du Conservatoire. Au menu des œuvres profanes du XVIIe siècle (Gastoldi, Monteverdi, Vivaldi…) et le Stabat Mater de Boccherini. Le second sera un hommage à l’un des plus grands compositeurs français de tous les temps, Claude Debussy, à l’occasion du centenaire de sa disparition, par la harpiste Élodie Adler et un ensemble de cordes et flûtes.

Viendra ensuite un opéra jazz pour enfants, Pinocchio, avec les chœurs des classes à horaire aménagée de l’école Cosnier et du collège Baudoux (120 enfants seront sur scène !). Le spectacle sera « complet » avec des musiciens et professeurs du Conservatoire et l’histoire sera contée par des comédiens de la compagnie Caravane Spoutnik.

Pour « s’impliquer artistiquement », l’établissement proposera en septembre, à l’occasion du Mois de la citoyenneté justement axé sur l’interculturalité, un concert « fusion ». Ce dernier vient mélanger les talents du groupe Yénu, de Maré (folk mélanésien et kaneka acoustique), dirigé par Honoré Béaruné, spécialiste de la polyphonie locale, et ceux de l’ensemble classique Les Petits Violons et la chanteuse Natacha Volk. Un mix étonnant qui s’intitulera Airs de partage 2018.

Enfin, pour clôturer la saison, le secteur de la danse et le département des musiques actuelles proposent Rouages, un spectacle d’échange en musique et danse, donné par l’ensemble des élèves des cours de danse contemporaine et sous la houlette de Julie Crétual.

Missions premières

En cette année exceptionnelle, le Conservatoire, qui se recentre sur ses missions pédagogiques et artistiques, a prévu des séances entièrement dédiées au jeune public. Cinq concerts éducatifs seront par ailleurs proposés aux écoles de la province Sud en journée, (dont Pinocchio, du tango et le Big Band de jazz).

À noter qu’il n’y aura pas, cette année, de décentralisation dans le Nord, un autre regret de Jean-Pierre Cabée qui souligne que « la jeunesse a réellement besoin qu’on lui apporte l’envie et des possibilités de pratiquer des disciplines artistiques, notamment dans l’intérieur et les îles ». Là-bas, on le rappelle, dans les antennes du Conservatoire (Koné, Poindimié…), l’enseignement, en partenariat avec l’Association de formation de musiciens intervenants (Afmi), est également en péril par le manque de subventions en particulier des provinces.

Venue à cette présentation, un peu triste, de la saison 2018 du Conservatoire, la présidente du conseil d’administration, Rolande Trolue, a précisé que le gouvernement avait demandé aux quatre structures publiques de la culture de présenter des projets d’établissements en vue des Assises du secteur, prévues en novembre. « À nous de prouver que la culture est prioritaire sur tout le reste », a conclu Jean- Pierre Cabée.

C.M.

Tout le programme sur www.cmd.nc

La billetterie est déjà ouverte pour l’ensemble des programmes sur eticket.nc ou directement au Conservatoire.

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