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Nouméa souffle ses 164 bougies

La ville de Nouméa a célébré, lundi, l’anniversaire de sa création. Un concert, des animations et un lâcher de lanternes étaient prévus à Magenta, mais les festivités ont dû être reportés en raison du mauvais temps. Quoi qu’il en soit, la ville a bien 164 ans. Voici les grands moments qui ont marqué l’histoire de la capitale.

C’est en 1854 que le capitaine de vaisseau Louis Tardy de Montravel cherche à établir, au sud- ouest de la colonie, un nouveau poste militaire forti é. Après avoir songé à la baie de Saint- Vincent, il choisit celle de « Numéa », dotée d’une rade profonde et bien abritée des vents dominants. Il en prend possession et baptise le site « Port-de-France » le 25 juin 1854 : c’est la naissance de celle qui deviendra la plus grande commune du territoire et prendra douze ans plus tard le nom de Nouméa, le 2 juin 1866. Un changement d’appellation pour éviter toute confusion avec Fort-de-France, en Martinique.

Dès la première année d’installation, Louis Tardy de Montravel commence par édi er le fort Constantine sur une butte dominant le rivage en face de l’île Nou. Quelques mois plus tard, le premier plan de la ville est réalisé par l’o cier du Génie, Paul Coffyn. Il comprend 810 lots de 3,2 à 16,4 ares. Dès 1856, on compte 921 habitants dont 113 militaires. Coffyn prévoit immédiatement l’arasement d’une petite colline, la butte Conneau, pour aménager le port et sa jetée. Des travaux d’aménagement sont engagés dès 1857 : ils permettront de remblayer la plus grande partie de ce qui constitue aujourd’hui le centre-ville et dureront 20 ans.

Le 26 juin 1859, Port-de-France devient une commune par décision de l’Administration avec un maire et un corps municipal de onze membres Mais l’institution municipale est dissoute l’année suivante. Un nouveau conseil sera nommé… quatorze ans plus tard. Entre- temps, la petite commune change de nom pour devenir Nouméa et doit faire face à un manque d’eau potable. Il faudra attendre 1877 pour qu’une canalisation d’une douzaine de kilomètres relie la ville à un captage sur la rivière Yahoué.

C’est en 1893 que l’eau sera acheminée par une conduite en provenance de la Dumbéa. En 1879, Nouméa devient le chef-lieu de la Nouvelle-Calédonie. Cette même année le kiosque à musique est construit sur la place des Cocotiers. En 1880, l’hippodrome organise ses premières courses et en 1894, c’est l’inauguration de la fontaine Céleste et la consécration, le 14 juin, de la cathédrale St Joseph. En 1887, la ville inaugure ses lampadaires à gaz grâce à l’usine installée au Vallon-du-Gaz et en 1900, on voit apparaître le premier transport en commun, les omnibus Garrigou.

A partir de 1900

Dès 1900, c’est naissance de la bibliothèque Bernheim, les premières routes goudronnées apparaîtront quelques années plus tard et en 1909, une usine de fusion du minerai de nickel est transférée de la pointe Chaleix à Doniambo, propriété de la Société des Hauts Fourneaux. Elle deviendra la SLN. Les premières automobiles arrivent dès 1912 tout comme le chemin de fer qui reliera, dès 1914, Nouméa à Païta. Il faudra attendre 1932 pour que la ville s’éclaire à l’électricité pour la première fois.

En 1936, la ville réalise la construction de la digue de Ducos, pour relier l’île à la ville à hauteur de Montravel et les 1 394 premiers abonnés bénéficient de l’eau courante dès 1936.

La présence américaine

Les Américains venus pour la Deuxième Guerre mondiale, entre 1942 et 1946, vont transformer Nouméa. Les GI’s créent de nouveaux quartiers comme Motor- Pool et le Receiving, aménagent des zones jusque-là inoccupées et remblaient des marais. À l’Anse- Vata, ils établissent le Pentagone du général Patch (actuel complexe de la Promenade). La guerre terminée, Nouméa va encore s’agrandir pour atteindre 12 000 habitants en 1953. La ville se dotera de son premier plan d’urbanisme en 1964. Le boom du nickel attire beaucoup de monde. Les tours de Saint-Quentin et de Magenta sortent de terre… en 1970.

L’ère moderne

Les travaux d’aménagement des nouveaux quartiers et du port débuteront dès 1972. La nouvelle zone portuaire créée sur la mer se divise entre « grande rade » et « petite rade ». L’actuel hôtel de ville est inauguré en 1976. L’ancien sera transformé en musée. Nouméa compte près de 57 000 habitants. En 1983, le conseil municipal décide de diviser la ville en 36 quartiers (38 aujourd’hui).

En 1991, le marché municipal du centre-ville est remplacé par un nouveau marché, baie de la Moselle. En n, de nouveaux quartiers se sont construits au cours des décennies suivantes (panorama Sainte-Marie, Tina-sur-Mer, Tuband…), Nouméa comptant désormais près de 100 000 habitants.


Montravel, le fondateur

Né à Vincennes en 1811, Louis Tardy de Montravel fait des études à l’École navale. À partir de 1829, il embarque pour les Antilles et l’Amérique du Sud, puis pour les côtes turques. Comme enseigne de vaisseau, il est de l’expédition Dumont- d’Urville qui découvre la terre Adélie en janvier 1840. Nommé lieutenant de vaisseau, il est envoyé sur les côtes du Brésil de 1841 à 1845 pour en faire l’hydrographie. Capitaine de corvette en 1846, il commande l’Astrolabe de 1847 à 1850, toujours en Amérique du Sud. C’est en mer de Chine, en octobre 1853, que le capitaine de vaisseau de La Constantine reçoit l’ordre de se rendre en Nouvelle- Calédonie. Il y restera du 6 janvier au 31 octobre 1854.

Nommé gouverneur de la Guyane de 1859 à 1863, il est promu contre-amiral en janvier 1864 et décède en octobre de la même année à Elbeuf, en Seine- Maritime.

C.S

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